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Un massacre préhistorique de 6 200 ans découvert en Croatie témoigne d’une extrême violence

La scène du massacre préhistorique découvert en Croatie est jonchée de squelettes d’hommes, de femmes et d’enfants. Ce sont au total 41 individus qui ont été tués de manière extrêmement violente il y a 6 200 ans, sans possibilité de se défendre.

Pour la première fois, une étude génétique a été réalisée à grande échelle sur un massacre préhistorique non discriminatoire. Il y a 6 200 ans, 41 hommes, femmes et enfants ont été violemment assassinés à Potočani, en Croatie. Les corps des victimes ont ensuite été jetés sans ménagement dans une fosse. Ce massacre est d’autant plus surprenant qu’il ne cible aucun groupe de la population en particulier. Non seulement les sexes et les âges étaient différents, mais les victimes ne faisaient pas non plus partie de la même famille.

Des squelettes de la tombe commune du massacre préhistorique
Des squelettes de la tombe commune du massacre préhistorique – Crédit : Jacqueline Balen, musée archéologique de Zagreb

L’étude menée par Mario Novak de l’Institut de recherche anthropologique de Croatie a été publiée dans la revue scientifique PLOS One. En plus d’être la première étude génétique d’un massacre non discriminatoire, il s’agit aussi de la plus grande étude génétique à être réalisée sur un massacre préhistorique. À l’instar du pharaon Seqenenrê Tâa dont la momie a récemment révélé une mort très violente, les fermiers préhistoriques vivant dans ce qui est aujourd’hui la Croatie ont connu une fin tragique.

Qui sont les victimes de ce massacre préhistorique croate ?

Sur les 41 squelettes découverts dans la fosse, 21 sont de sexe masculin et 20 sont de sexe féminin. Les chercheurs ont réussi à récupérer de l’ADN sur 38 squelettes. Les victimes étaient de tout âge. Un premier groupe de 21 individus était âgé de 2 à 17 ans tandis que le reste avait 18 ans ou plus. Certains faisaient partie de la même famille, mais plus de 70 % d’entre eux n’avaient aucun lien biologique. Les chercheurs ont d’ailleurs identifié un jeune homme enterré avec ses deux filles et son neveu.

De plus, aucune arme et outil n’ont été découverts dans la tombe commune. Compte tenu de l’étude des blessures mortelles des victimes, les chercheurs ont conclu qu’il s’agissait bel et bien d’un massacre. Les 41 fermiers ont été tués au même moment. Ils ont reçu des coups au corps, mais surtout au crâne. En effet, les crânes étudiés présentaient des traumatismes contondants et pénétrants, des coups de couteau et des coupures.

Pourquoi ces hommes, femmes et enfants ont-t-il été sauvagement tués ?

Cette population massacrée faisait partie de la culture Lasinja du Néolithique moyen. Nous ne savons pas grand-chose sur cette population si ce n’est qu’elle était parmi les premières européennes à utiliser le métal et à élever du bétail. Les chercheurs ont ainsi du mal à comprendre les raisons du massacre.

Mario Novak a expliqué que : « certains [chercheurs] ont proposé des changements climatiques qui ont conduit à des sécheresses accompagnées d’une augmentation substantielle de la population à l’époque qui a provoqué une lutte pour les ressources résultant de ces massacres. Mais, à ce stade, nous ne pouvons pas le dire avec certitude ». Pour le moment, ce massacre très violent reste donc un mystère.

Source : Gizmodo