Tesla veut se passer de Google Maps et confier ses cartes à l’IA de sa flotte

Sur l’écran d’une Tesla, la carte a beau porter le design maison, ses données viennent de Mountain View. Le constructeur prépare un divorce discret, et ce sont ses propres voitures qui dessineront le nouveau plan. Les premières briques arrivent avec la prochaine grande version de son pilote.

La navigation d’une Tesla Model 3 à Milan : la carte affichée à droite de l’écran repose encore sur les données de Google, dont le logo apparaît en bas.
La navigation d’une Tesla Model 3 à Milan : la carte affichée à droite de l’écran repose encore sur les données de Google, dont le logo apparaît en bas. © Andrea Delbo

Lors de la présentation de ses résultats trimestriels, le 21 octobre, Tesla a confirmé développer son propre système de cartographie et de navigation. Interrogé par un actionnaire sur les ratés du FSD, sa conduite autonome supervisée, face aux limitations de vitesse, au stationnement et au choix des itinéraires, Ashok Elluswamy, vice-président chargé de l’IA, a reconnu le problème : « Vous avez entièrement raison, nous ne devrions pas dépendre des cartes des autres. »

Google fournit le décor, Tesla trace la route

Aujourd’hui, Google alimente la navigation des Tesla via ses API : fonds de carte, imagerie satellite, points d’intérêt et trafic. Le constructeur développe l’application et calcule lui-même les itinéraires, ce qui lui permet d’y intégrer les Superchargeurs ou les trajets favoris ajoutés avec la mise à jour estivale 2026.

Des cartes nourries par la flotte

Elluswamy décrit une architecture entièrement nouvelle, bâtie sur l’IA. Les données remontées par l’ensemble des véhicules enrichiront les cartes, qui apprendront les habitudes du conducteur et répondront à la voix. On peut imaginer des limitations relevées en continu, des parkings cartographiés place par place ou des itinéraires modifiés à l’oral via Grok, l’assistant de xAI déjà installé dans les Tesla.

Le virage mérite d’être souligné : la marque a longtemps vanté une conduite autonome capable de se passer de cartes détaillées, à rebours de Waymo.

Les Américains d’abord

Le FSD v15 utilisera ces cartes pour le départ et l’arrivée des trajets, avant qu’elles n’absorbent la navigation, le stationnement et la gestion des destinations au fil des mois suivants.

En France, le FSD reste interdit. Le comité technique européen des véhicules à moteur a réexaminé le dossier le 6 octobre sans passer au vote, repoussant la prochaine échéance à décembre au plus tôt. Les conducteurs français devront donc patienter avant de rouler sur des cartes signées Tesla.

Source : Not a Tesla App