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Comment les momies sont-elles déballées sans être endommagées par les chercheurs ?

Le « déballage » d’une momie permet aux chercheurs d’identifier ce qui est dissimulé sous les bandelettes. Néanmoins, une telle procédure endommage la momie et risque de la détruire. Seule la technologie est capable de déballer numériquement les momies.

La diffraction des rayons X sur la momie HPM4
La diffraction des rayons X sur la momie HPM4 – Crédit : S. R. Stock, M. K. Stock & J. D. Almer

De nouvelles momies sont régulièrement découvertes par les archéologues en Égypte. Récemment, ce sont 59 sarcophages vieux de 2 500 ans qui ont refait surface dans la nécropole de Saqqara. L’un de ces sarcophages se trouvait en excellent état et il avait d’ailleurs été ouvert, révélant une momie parfaitement conservée. Les chercheurs peuvent relativement facilement ouvrir les sarcophages pour découvrir ce qui a été enfermé à l’intérieur, mais ce n’est pas aussi simple pour les momies. Les scientifiques risquent effectivement de les endommager, voire de les détruire, s’ils essaient d’ôter les bandelettes. C’est pour cette raison que les momies sont maintenant déballées numériquement à l’aide d’une combinaison de plusieurs technologies.

La diffraction des rayons X permet de déballer les momies sans les toucher

Les chercheurs ont recours à la tomodensitométrie (TFM), aussi appelée scanographie associée à la technologie de diffraction des rayons X. Avec cette dernière technologie, ils peuvent envoyer des rayons plus étroits qu’un cheveu humain à travers les interstices des bandelettes des momies. L’étude des chercheurs a été publiée dans le Journal of the Royal Society Interface qui est une revue scientifique.

Grâce au déballage numérique, les chercheurs ont découvert que la momie « Hawara Portrait Mummy 4 » vieille de 1 900 ans est un jeune enfant de 5 ans. Les restes humains de cette momie correspondent au sexe féminin. Comme l’a expliqué Stuart Stock qui a dirigé l’étude, « le couplage de la tomodensitométrie et de la diffraction des rayons X à résolution de position est donc très prometteur pour les études non invasives des momies ».

D’autres études de cette momie avaient déjà révélé que l’enfant portait des amulettes. Les Égyptiens pensaient que ces amulettes étaient magiques et qu’elle pouvaient protéger l’âme du défunt dans l’au-delà. Un scarabée de calcite avait aussi été placé dans l’incision abdominale de la momie. Ce symbole de renaissance indique que la petite fille de 5 ans faisait partie d’une famille riche, mais pas royale. Stuart Stock a également précisé que la momie ne présentait aucun traumatisme physique. Enfin, les chercheurs ont confirmé que le déballage numérique de cette momie ne l’a pas du tout abîmée. Par contre, nous ne savons pas encore si la technologie peut causer des dégâts sur l’ADN de la momie. En tout cas, cela va permettre aux chercheurs qui ont déjà réussi à redonner la parole à une momie d’un prêtre de l’Égypte antique ancienne de 3000 ans de faire de nouvelles découvertes.

Source : SYFY