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La plus vieille grenade à main de l’Histoire aurait été découverte

Des archéologues ont analysé les résidus d’une poterie vieille de 1 000 ans découverte à Jérusalem dans les années 1960. D’après les résultats de l’analyse, cette poterie était probablement une grenade à main qui contenait des résidus explosifs.

Dans les années 1960, plusieurs fragments médiévaux de céramique ont été extraits d’un site de fouille archéologique à Jérusalem. Ils ont été nettoyés et conservés, mais ils n’avaient encore jamais été analysés jusqu’à présent. Une équipe d’archéologues a analysé l’intérieur des poteries pour essayer de comprendre à quoi elles servaient. L’une d’entre elles était très probablement une grenade à main.

Ce fragment de 1 000 ans était probablement une grenade à main
Ce fragment de 1 000 ans était probablement une grenade à main – Crédit : C.D. Matheson et al., 2022

Cette grenade à main aurait été fabriquée au 11ème ou 12ème siècle, mais ce n’était pas l’une des premières. En effet, les soldats byzantins ont utilisé les premières versions de grenades au 8ème siècle en plaçant du matériau incendiaire dans des petits bocaux en pierre ou en céramique, puis en verre. Au 10ème siècle, l’utilisation de grenades à main s’est aussi répandue en Chine. Les soldats mettaient de la poudre en canon dans des récipients en céramique ou en métal. Au 12ème siècle, des éléphants en terre cuite remplis d’explosifs étaient aussi utilisés en Inde.

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Cette grenade du 11ème ou 12ème siècle contenait des composants du feu grégeois

Ainsi, il est tout à fait plausible que les grenades à main faisaient partie de l’armement des soldats à Jérusalem aux 11ème et 12ème siècles. L’équipe d’archéologues menée par Carney Matheson ne peut pas confirmer avec certitude que cette poterie était bien une grenade, mais tous les éléments découverts pointent dans cette direction.

Les résidus contenus à l’intérieur de la poterie semblent bien indiquer qu’il s’agissait d’une arme explosive. Les archéologues ont identifié du soufre, du mercure, du magnésium, des nitrates, du plomb, du phosphore et du fer. Il y avait aussi du calcium probablement dérivé de l’oxyde de calcium. Celui-ci était un composant important du feu grégeois, un mélange inflammable souvent utilisé dans l’Antiquité et au Moyen Âge. Selon Carney Matheson, cela indiquait probablement des huiles végétales, du glycérol et des graisses animales.

Les récipients avec de tels composants pouvaient servir à contenir des huiles, des parfums, des médicaments ou même des sources de carburant pour une lampe ou une arme. Cette poterie pouvait donc être autre chose qu’une grenade. Cependant, les archéologues pensent que la possibilité que ce soit une grenade doit être sérieusement envisagée.

En plus des résidus, les parois du récipient en céramique étaient suffisamment épaisses pour résister à la montée en pression avant la détonation. La taille, la forme et le poids correspondaient à une grenade à main. De plus, la poterie n’avait aucune décoration, ce qui indique aussi qu’il s’agissait d’un objet à usage unique.

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Source : Ars Technica