On vous promet chaque année des smartphones toujours plus performants. En 2026, ils seront surtout plus chers, et la raison n’a rien à voir avec l’innovation. Deux composants que vous ne verrez jamais sont en train de faire exploser les coûts de fabrication.

Le marché du smartphone traverse une zone de turbulences inédite, provoquée non pas par un recul de la demande, mais par l’explosion du coût de deux composants essentiels : la mémoire vive (DRAM) et le stockage flash (NAND).
D’après le Memory Price Tracker de Counterpoint Research, les prix de la DRAM ont bondi de plus de 50 % entre le T4 2025 et le T1 2026, tandis que ceux de la NAND ont grimpé de plus de 90 % sur la même période. Un choc d’une ampleur suffisante pour redessiner la structure de coûts de l’ensemble de l’industrie.
L’entrée de gamme au bord de la rupture
C’est le segment sous les 200 dollars (prix de gros) qui encaisse le plus durement. Sur un terminal équipé de 6 Go de LPDDR4X et 128 Go eMMC, le BOM (Bill of Materials, soit le coût total des composants) a progressé de 25 % en un trimestre, et la mémoire représente désormais 43 % de cette enveloppe. Une proportion étouffante, qui transforme chaque unité vendue en risque de perte nette. L’analyste Shenghao Bai, chez Counterpoint, le formule sans détour : les constructeurs très dépendants des volumes d’entrée de gamme s’exposent à des « pertes à court terme ».

Les segments supérieurs ne sont pas épargnés. Sur le milieu de gamme (400 à 600 dollars), une configuration 8 Go LPDDR5X / 256 Go UFS 4.0 verrait la part combinée de la DRAM et de la NAND passer de 25 % à 36 % du BOM d’ici le T2 2026. Quant aux flagships (800 dollars et plus), l’addition grimpe de 100 à 150 dollars supplémentaires sur le BOM, sous le double effet des mémoires et des SoC gravés en 2 nm.
Des hausses de prix au détail déjà amorcées
Face à cette pression, les OEM (Original Equipment Manufacturers, les fabricants de smartphones) activent deux leviers : réduire les volumes de modèles abordables et rogner sur les spécifications jugées non essentielles. Mais Counterpoint prévient que ces ajustements ne suffiront pas. L’analyste projette une hausse d’environ 30 dollars sur les modèles d’entrée de gamme, et de 150 à 200 dollars sur certains flagships. Samsung a déjà relevé les tarifs de sa gamme Galaxy A ; Lenovo a fait de même sur ses tablettes.
La tendance semble installée pour l’ensemble de l’année 2026.
Source : Counterpoint Research Korea