[Test] Canon Powershot G1X MkII : la qualité d’image en toute circonstance (ou presque)

La suprématie de la série G de Canon, qui brille depuis de nombreuses années dans l’univers des APN compacts experts, est régulièrement contestée par une concurrence de plus en plus féroce. La situation actuelle est telle qu’aujourd’hui le constructeur japonais semble en difficulté dans cette catégorie qu’il dominait naguère de la tête et des épaules. Examinons donc de plus près le G1X MKII, boitier conçu pour répondre à cette adversité.

1-Une conception fiable et polyvalente

On retrouve à la prise en main de l’appareil la classique impression de robustesse de la série G. Le G1X MKII est en effet volumineux : 116,3(L)x74(H)x66,25(P) mm, et il est également  massif. Il pèse en effet un peu moins de 560 grammes avec batterie et carte, en raison d’une construction en métal qui assure à l’ensemble une bonne solidité. Cet encombrement rebutera certains, mais force est de constater que la combinaison d’une poignée avant et d’un repose-pouce profilé, tous deux pourvus d’un revêtement caoutchouté antidérapant, assure une tenue en main confortable et efficace.  

Le diamètre de l’objectif est également important. Ce zoom x5 équivalent à 24-120mm en 24x36 est doté d’une ouverture glissante 2-3,9 et d’une stabilisation optique efficace. Il permet donc des usages variés allant du grand-angle au petit téléobjectif, une polyvalence supérieure à ce qui est proposé par la concurrence (cf notre test du Sony RX 100 MkIII) pour une luminosité globalement inférieure, la logique est sauve.

Un élément saute aux yeux de l’utilisateur habitué aux autres boitiers de la série G : l’abandon du viseur optique intégré, qui faisait littéralement partie de l’ADN de la série. Certes, avec son cadrage imprécis et sa taille réduite, il était loin d’être exempt de reproche. Sa présence n’en était pas moins appréciable dans des conditions de forte luminosité. Un viseur électronique optionnel de très bonne qualité est proposé (dalle OLED de 2,36 millions de points), mais son acquisition occasionne un surcoût de plusieurs centaines d’euros et accroît l’encombrement déjà élevé de l’ensemble. 

En son absence, la visée est donc intégralement assurée par un écran arrière de bonne facture inclinable sur 180°. Il est en effet confortable (7,5cm de diagonale au format 3/2) et bien défini (1 040 000 points). Par ailleurs l’expérience montre que, même si les mécanismes d’orientation présentent toujours une fragilité supplémentaire en cas de choc, globalement leur solidité est suffisante pour assurer un usage durable.

La batterie NB-12L permet environ 300 déclenchements et environ 5 minutes de vidéo, les utilisateurs chevronnés devront donc classiquement se doter d’un second accu. Contrairement à certains concurrents, Canon ne se livre pas à la mesquinerie de proposer uniquement un câble secteur et livre un chargeur indépendant avec l’appareil.

Comme c’est désormais la tradition dans cette gamme, le G1X MKII accueille des cartes mémoires au format SD (y compris SDHC et SDXC) et est compatible avec toutes les normes jusqu’à l’UHS-1 inclus, ce qui est largement suffisant au vu de la vélocité de l’obturateur en mode rafale. Petit reproche, la batterie et la carte mémoire partagent la même trappe. Il est donc impossible de changer rapidement de support de stockage sans dévisser la semelle lors d’un usage sur pied. C’est dommage, car le volume élevé de l’ensemble pourrait probablement accepter deux emplacements distincts.

2-Une ergonomie efficace

Le G1X MKII bénéficie du savoir-faire ergonomique Canon et quelques innovations sont de la partie.

Sur le capot supérieur on retrouve, de gauche à droite, le flash pop-up (dont la commande se trouve sur la face droite, à côté du micro), la griffe porte-accessoire, la touche lecture, le déclencheur cerclé d’une bague de zoom électrique, le bouton On/Off ainsi que le traditionnel barillet de sélection des modes de prise de vue.

Sur la face arrière on aperçoit, de haut en bas, le bouton d’activation du Wi-Fi, les touches de déclenchement de l’enregistrement vidéo (qui surplombe un bouton personnalisable), d’activation de la mise au point manuelle/effacement des images, et de sélection de la zone mise au point/recherche d’image. Une roue de réglage entoure le trèfle qui englobe lui même la touche FUNC/SET permettant d’accéder rapidement aux différents réglages sans passez par le menu. Les touches Display et Menu complètent enfin le tableau.

L’objectif se voit pourvu de deux bagues personnalisables, l’une fluide, l’autre crantée, dont le caractère paramétrable fait oublier la suppression de la seconde molette de réglage par rapport à la version précédente. On s’étonne néanmoins de l’impossibilité d’attribuer l’ouverture du diaphragme à la bague crantée, alors qu’on peut le faire sur la bague fluide. C’est d’autant plus surprenant qu’en mode totalement débrayé on ne peut ainsi pas disposer d’une mise au point manuelle en même temps qu’une commande de la vitesse indépendante de celle de l’ouverture. On espère que ce problème sera rapidement réglé par un firmware ultérieur, même si en pratique la plupart des utilisateurs feront confiance à l’AF. Pour les autres, un peaking d’assistance est par ailleurs disponible.

Bonne nouvelle, l’écran est tactile. Par rapport aux boutons ce n’est qu’un léger plus pour la navigation dans les menus, par contre on apprécie grandement la possibilité de choisir la zone de mise au point par contact sur l’image, et notamment en prise de vue vidéo.

Parmi les nombreuses fonctions disponibles (filtres, niveau électronique, peaking, …), les experts apprécieront la possibilité d’enregistrer les infos de copyright dès la prise de vue.

La connectique est groupée sur la face droite de l’appareil et se compose de sorties HDMI et audio/vidéo classiques ainsi que d’une prise pour télécommande.
La présence du Wi-Fi et d’une puce NFC permet un pilotage à distance malheureusement un peu sommaire, car si le zoom et le déclenchement sont disponibles, les paramètres d’expositions ne sont pas modifiables pour le moment. Pour la copie des images, seul un transfert JPEG est proposé et il est impossible de zoomer dans l’image pour vérifier la mise au point en mode lecture. Cette frugalité est d’autant plus étonnante que l’application pour l’instant réservée aux boitiers reflex Canon est beaucoup plus complète.

3-Une vélocité dans la norme

À l’allumage, le Canon G1X MkII ne brille pas par sa réactivité, et environ 2 secondes s’écoulent entre le moment où vous appuyez sur le bouton et la possibilité de déclencher. L’obturateur, dont la vitesse limite est le 1/4000e de seconde, il fait en revanche très bonne figure dans le monde des compacts experts.

L’autofocus à détection de contraste effectue correctement son travail tant que la luminosité est élevée. Par contre il a sans surprise tendance à patiner lorsqu’elle chute. De même, le suivi des sujets, a fortiori peu contrastés, est loin d’être infaillible. Comme on peut le voir sur les images ci-dessous (réalisées à la focale maximale, équivalente à 120mm), l’AF peine à accrocher durablement des sujets en mouvement, surtout dans la profondeur. Ici la voiture est lâchée à partir de la 4e image :



En l’absence d’un module à corrélation de phase ou à détection de contraste très évolué (comme sur le haut de gamme Panasonic), ces résultats n’ont rien d’étonnant. Dans ce domaine, le G1X MKII est comparable à ses principaux concurrents et seul Nikon propose des appareils dont l’AF est réellement plus performant.

Les capacités du mode rafale se trouvent également dans la norme de la gamme des compacts experts. Entre 5 et 6 images par seconde sans AF (donc peu utile en pratique) et 3 images par seconde avec AF continu. Afin d’évaluer la taille du buffer (mémoire tampon où sont stockées les images en attente d’enregistrement sur la carte mémoire), nous avons également utilisé une carte lente (classe 4) et là, en Raw+Jpeg, la rafale est régulièrement interrompue prématurément après une ou deux images, malgré la définition relativement modeste de 13 mégapixels.

Bref, du point de vue de la vélocité le G1X MKII se situe globalement au niveau de l’offre concurrente et, à part la vitesse maximale proposée par son obturateur, rien ne le démarque vraiment de ses concurrents, en bien ou en mal, du point de vue de ses qualités mécaniques.

4-Une qualité d’image de très bonne tenue

Théoriquement, les compacts experts se différencient grandement de leurs petits frères généralistes par leur qualité d’image. Dans ce secteur la concurrence est particulièrement âpre et le choix de Canon de ne pas réellement différencier le capteur CMOS du G1X MkII de celui qui équipait la version précédente a de quoi surprendre. Néanmoins, avec sa diagonale de 1,5 pouce au format 4/3, il dispose des dimensions les plus importantes de la gamme : 18,7x14 mm (entre le micro 4/3 et l’APS-C). Logiquement on pourrait donc s’attendre à ce qu’il vienne chasser sur les terres des hybrides (ou EVIL).

Les plus fines variations colorimétriques sont finement retranscrites. D’autre part, Canon a visiblement fait le choix d’un rendu optique assez doux et onctueux et la grande taille du capteur associée à une amplitude focale assez importante permet de réaliser de beaux flous d’arrière-plan. Le G1X MKII produit donc des images assez typées qui raviront les utilisateurs en recherche de douceur visuelle. Les aficionados d’images très piquées resteront par contre un peu sur leur faim sur les fichiers natifs et devront recourir à un peu de postproduction.

Le capteur étant très proche de celui qui équipait la version précédente (voire identique), la principale nouveauté vient donc de l’implémentation d’un processeur DIGIC 6 de dernière génération. En prenant également en considération la volonté de Canon de limiter la définition de son capteur à 13 mégapixels (contre des concurrents qui en proposent 20), on pouvait s’attendre à des performances de très bon niveau en basse sensibilité.

Comme on peut le voir sur les images ci-dessous, les agrandissements à 100% de fichiers Raw convertis en Tiff via DPP confirment nos attentes : si un premier pallier est atteint à 800 iso, les images restent parfaitement exploitables jusqu’à 3200 iso. À 6400 iso la qualité se dégrade, mais reste suffisante pour un affichage sur écran ou un tirage de petite taille. La sensibilité limite de 12800 iso est à réserver aux situations désespérées.


100 ISO100 ISO200 ISO200 ISO400 ISO400 ISO800 ISO800 ISO

1600 ISO1600 ISO

Cependant, le G1X MKII n’écrase pas la concurrence. En effet, ses capteurs de définition supérieure produisent un grain plus important, mais également plus fin. Du coup, sur des tirages de grande taille (A3) la différence avec certains concurrents tels que le Sony RX100 MKIII est difficilement perceptible. La dynamique (différence entre les hautes lumières brûlées et les ombres bouchées) par contre penche en faveur du G1X MKII. 

Globalement la qualité d’image est très intéressante, notamment grâce à la taille élevée du capteur qui permet de beaux flous d’arrière-plan, un bon niveau de sensibilité et une dynamique très intéressante.

5-Un mode vidéo de qualité… pour les amateurs

Le mode vidéo assure l’essentiel pour des amateurs souhaitant regarder leurs vidéos sur un téléviseur Full HD. Les fichiers sont en effet compressés via le codec très répandu H.264 et l’on peut enregistrer à 30 images par secondes en mode progressif en Full HD, 720p et VGA. 

Extrait d'une vidéo filmée à l'aide du Powershot G1X MkII

On ne dispose donc pas d’une autre cadence que le 30 i/s, ce qui exclu le PAL ou toute possibilité de ralenti réel. On peut certes toujours en créer artificiellement en postproduction, mais ce genre d’opération donne des résultats généralement assez moyens (saccades).

On regrette également très grandement l’impossibilité d’influer sur les réglages : lorsqu’on filme, tout est paramétré par l’appareil et l’opérateur ne peut rien choisir (y compris lorsqu’il est en mode manuel en prise de vue photo). C’est très étonnant et d’autant plus dommage qu’avec un capteur de cette taille la possibilité de jouer avec la profondeur de champ aurait été très intéressante.

La possibilité de sélectionner la zone de mise au point par contact sur l’écran tactile arrière est appréciable, par contre on regrette que la mise au point manuelle soit également inaccessible pendant l’enregistrement vidéo. Sur pied, la possibilité tactile compense assez largement cette aporie, mais on ne comprend pas que cette fonction qui permet une mise au point fluide et stable à main levée soit absente d’un appareil dit « expert ».

Enfin, l’absence d’entrée micro et de prise casque confirme notre sentiment : le mode vidéo du G1X MKII ne s’adresse qu’aux vidéastes amateurs, qui profiteront néanmoins de la qualité de la stabilisation et du rendu visuel.


Posez une question dans la catégorie Dossiers du forum
Cette page n'accepte plus de commentaires
Soyez le premier à commenter
    Votre commentaire