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Confinés, les Français ont divisé par trois leur empreinte carbone liée à la consommation

La France entière est entrée en confinement le mardi 17 mars 2020 pour faire face à la propagation de Covid-19. Maintenant que la majorité des Français sont confinés à domicile, leur empreinte carbone liée à la consommation a été divisée par trois.

Image 1 : Confinés, les Français ont divisé par trois leur empreinte carbone liée à la consommation
Crédit : Elia Clerici/Pexels

La pandémie de Covid-19 a poussé le gouvernement français, et beaucoup d’autres dans le monde, à prendre des mesures générales de sécurité. Outre la distanciation sociale à respecter, le confinement est en place depuis le 17 mars et pourrait être étendu jusqu’à fin avril. Qui dit confiné dit pas de shopping en magasin, pas de cinéma, pas de restaurant, pas de réunions familiales, etc. Seuls les déplacements strictement nécessaires sont autorisés, à condition de se munir de l’attestation de sortie. Mais alors, si la population est privée de déplacements et a l’obligation de rester à domicile, on ne peut qu’affirmer que son mode de vie a radicalement changé. Et c’est ce que l’entreprise française Greenly a analysé avec sa nouvelle étude sur l’empreinte carbone de la consommation des Français depuis le début du confinement.

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L’empreinte carbone des Français chute de 62%

Tout d’abord, qu’est-ce que Greenly ? Si vous ne connaissez pas, c’est une application exclusivement disponible sur l’App Store (iOS) qui mesure automatiquement l’empreinte carbone en analysant les relevés bancaires de ses utilisateurs, afin de les inciter à réduire leur empreinte au quotidien. En effet, l’application utilise des algorithmes qui font « correspondre les kilogrammes de CO2 spécifiques aux montants en euros, en fonction des catégories de dépenses ».

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L’interface de l’application / Greenly

Greenly vient donc de réaliser une étude sur 500 de ses utilisateurs français âgés de 18 à 75 ans afin de mesurer les conséquences du confinement sur les émissions de dioxyde de carbone. Il se trouve donc que, pendant la première semaine du confinement du 17 au 24 mars, l’empreinte carbone des Français a drastiquement chuté de 62% par rapport à l’empreinte moyenne d’une semaine typique de 2020. Même les dépenses s’écroulent avec une baisse enregistrée de 50%. Les transports et l’alimentation sont les 2 secteurs où l’empreinte carbone a le plus diminué.

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L’impact carbone de l’essence, de l’aviation et de la restauration en chute libre

Bien évidemment, étant donné que les transports sont strictement limités depuis le début du confinement, ce n’est pas surprenant que l’impact carbone de l’essence ait chuté de plus de 83% alors qu’il représente en temps normal 10% des émissions des Français. L’impact carbone de l’aviation s’est écroulé avec une chute de 94% tandis que celui du train a baissé de 80%, mais ce n’est pas aussi signifiant puisque sa source d’énergie électrique est principalement décarbonée. Ne parlons même pas de l’impact carbone des moyens de transport routier longue distance tels que le bus ou le co-voiturage qui s’est complètement écroulé à cause des interdictions de déplacements. Tous ces transports représentent tout de même habituellement 25% de la quantité de CO2 émise par les citoyens chaque année.

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Ensuite, le secteur de l’alimentation et des biens de première nécessité, qui représente 25% des émissions des Français, n’est pas autant touché que celui du transport en cette période de confinement. L’empreinte restauration est la plus impactée avec une baisse de 94% pendant la semaine du 17 au 24 mars tandis que l’empreinte de l’alimentation en supermarché a seulement baissé de 10%, ce qui n’est pas réellement démonstratif.

L’e-commerce prend de l’importance en cette période de confinement

De plus, Greenly a noté que le secteur qui connaît une augmentation des émissions de CO2 depuis le 17 mars est celui de l’e-commerce. En effet, « les émissions liées aux achats en ligne augmentent de 2.5% » et « la hausse chez les plus de 40 ans est de 15% la semaine du 16 mars ». Il ne fait pas l’ombre d’un doute que cette hausse est due au nouveau mode de vie des Français qui font leurs achats en ligne pour plus de sécurité et pour respecter les consignes de confinement.

Depuis le décret du 24 mars qui a renforcé les mesures sanitaires et rendu le confinement encore plus strict, on peut raisonnablement assumer que l’empreinte carbone des Français va continuer de baisser. Alexis Normand, le DG et co-fondateur de Greenly qui a aussi travaillé sur cette étude, a déclaré que : « Nous ne pouvons en aucun cas nous réjouir d’une baisse des émissions des gaz à effet de serre dans des circonstances aussi dramatiques. Mais cette crise sanitaire est l’occasion de réfléchir à l’après, et aux moyens de construire un monde plus éco-responsable qui ne nous prive pas de notre liberté ». C’est une réflexion à suivre après avoir réussi à endiguer Covid-19. Nous verrons alors si la pandémie a changé la façon de voir les choses, notamment au niveau du travail qui pourrait être plus flexible et effectué à distance quand c’est possible.

Source : Greenly