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Et si l’on envoyait un téléscope géant en pièces dans l’Espace ?

Le successeur du télescope spatial James Webb pourrait être assemblé directement dans l’Espace par des robots.

En 2014, la NASA annonçait se préparer à envoyer le successeur d’Hubble dans l’espace. Son nom : le télescope spatial James Webb. Doté d’un miroir de 6,5 mètres de diamètre, il s’agit du plus grand jamais construit. Ce n’est qu’en mars 2021 qu’une fusée décollera depuis la Guyane pour le mettre en orbite. L’engin s’avérera sans aucun doute un formidable outil pour les astronomes. Ces derniers l’utiliseront par exemple pour découvrir de nouvelles exoplanètes, peut-être encore plus extraordinaires que la planète à trois soleils, ou pour mieux étudier l’une des plus vielles galaxies de l’Univers, une sorte de Yéti de l’espace, découverte récemment. En revanche, le lancement d’un tel mastodonte pourrait bien être le dernier. En effet, la NASA estime qu’à l’avenir, d’aussi gigantesques télescopes seront plutôt assemblés directement dans l’Espace par des bras robotiques.

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Des pièces détachées assemblées dans l’Espace pour diminuer les risques

Cela permettrait de bâtir des télescopes encore plus imposants en s’affranchissant des limites imposées par les fusées, tout en réduisant fortement les risques. Dit comme ça, cette conclusion paraît simple, mais vous vous en doutez, en pratique, les défis techniques sont nombreux. La NASA vient de publier un rapport sur le sujet. Pour l’agence spatiale américaine, construire un télescope directement dans l’Espace est désormais perçue comme la solution la plus viable.

Au niveau de la réduction des risques tout d’abord, cela offre de sérieux avantages. Imaginez si, lors du lancement du télescope James Webb, la fusée qui le propulse se crashe : des années de travail et 10 milliards de dollars réduits à néant en quelques secondes. Dans pareille situation, l’expression populaire « mieux vaut ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier » prendrait tout son sens… Dans le cas d’un télescope dont les composants sont envoyés en pièces détachées, une défaillance lors de l’envoi d’un des modules est forcément moins catastrophique.

Assembler un télescope dans l’Espace, c’est techniquement réalisable

Vient maintenant la question de la faisabilité. Nick Siegler, technologue en chef du programme d’exploration d’exoplanète de la NASA et coauteur de l’étude, nous apporte quelques précisions. Dans ce scénario, Nick Siegler et ses collèges envisagent la construction d’un télescope de 20 mètres. Un engin qui serait donc trois fois plus grand que le James Webb, et deux fois plus que le Gran Telescopio Canarias, le plus grand télescope optique terrestre.

La NASA estime que la première fusée devrait embarquer la plate-forme de construction principale du télescope, la structure de support et une paire de bras robotiques. Ensuite, il faudrait au moins onze navettes supplémentaires pour livrer les composants restants. C’est à partir de là que les robots pourraient entre en action.

Vous pensez qu’on est ici dans le domaine de la science-fiction. Comme Nick Siegler en fait. L’individu explique : « au début, je pensais que c’était de la science-fiction ». Avant d’ajouter : « mais c’est exactement le genre d’opérations qui existent déjà ». En effet, l’ISS, la Station Spatiale Internationale, a été assemblée en orbite par des humains et des robots. Des bras robotiques assurent toujours diverses tâches de maintenance sur cette dernière. Quant au télescope spatial Hubble, il a subi des modifications directement dans l’espace.

En fait, Nick Siegler précise que dès les années 2000, l’assemblage robotique a été envisagée par l’équipe en charge du télescope Jame Webb. Mais à cette époque, la technologie n’était pas encore au point. Désormais, selon Nick Siegler, « les concepteurs de télescopes peuvent être plus créatifs dans leur approche. Tout est sur la table maintenant ». Quant à la question des coûts de telles opérations, l’individu dit qu’on ne les connaîtra qu’une fois une mission concrète lancée.

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