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Test Nothing Phone(1) : le smartphone squelette qui transpire l’équilibre

Nothing attaque le marché des smartphones avec le Phone(1). Cet appareil veut respecter un recette équilibrée entre performances et prix, avec une signature design très forte. Voici son test.

Nothing, c’est la petite marque qui monte. Elle a commencé avec les Ear(1), des écouteurs à moins de 100 € testés ici, proposant un très bon compromis dans leurs fonctions. Attaquer les plus grands du marché avec des produits bien faits et aux performances équilibrées pour le commun des mortels, voilà la philosophie de Nothing. Et c’est sans oublier le design transparent, véritable signature visuelle.

Image 2 : Test Nothing Phone(1) : le smartphone squelette qui transpire l'équilibre
9/10

Nothing Phone(1)

On aime
  • Enfin un smartphone qui ose un design
  • Des performances équilibrées
  • Ecran très bien calibré (120 Hz !)
  • Nothing OS, simple, épuré
  • Glyph qui nous en met plein les yeux
  • Compatible charge induction
  • Bonne autonomie
  • Le petit éléphant en bas à droite de la coque 🙂
On n’aime pas
  • Capteur biométrique un peu bas
  • Pas de zoom optique
  • Pas de chargeur dans la boîte
Verdict :

La puissance nécessaire au prix juste et un design qui fait envie. Cette philosophie offre à Nothing une identité forte. Après les Ear(1), la marque britannique signe un second volet gagnant avec le Phone(1). On a ici un smartphone complet. Il ne fait pas tomber des records, mais comme un outil, il réalise ce qu’on attend de lui. Tous les usages sont couverts, il n’excelle en rien, mais est bon à peu près partout. Bref, pour la somme demandée, on en a pour son argent et avec un design totalement inédit qui intrigue son monde. Un coup de coeur de 2022, à n’en pas douter.

Avec le Phone(1), Nothing ne change pas de braquet. On a de nouveau un produit soigné et aux performances ajustées pour répondre à tous les besoins du moment, le tout pour une prix contenu.

L’approche de Nothing rappelle celle de OnePlus il y a quelques années. Une marque avec une identité forte, capable de fédérer une communauté avec des produits développés avec justesse. Le petit plus de Nothing, c’est le design qui lui ouvre largement les portes des non-technophiles qui y verront des appareils visuellement attractifs, de quoi venir gratter des parts de marché aux grandes marques, Apple et Samsung en tête.

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Nothing Phone(1)
Nothing Phone(1) ©Tom’s Guide

Prix et disponibilité

Le Phone(1) est lancé le 21 juillet 2022. Il sera disponible uniquement en ligne sur Nothing.tech et sur Amazon. Les précommandes sont ouvertes. Côté opérateurs, c’est le néant en France pour le moment, mais des discussions pourraient aboutir pour l’ajouter aux offre Bouygues et Orange dans les mois à venir.

Le Phone(1) est décliné en trois versions avec plus ou moins de mémoire vive et stockage :

  • 8 Go ram 128 Go stockage : 469 €
  • 8 Go ram 256 Go stockage : 499 €
  • 12 Go ram 256 Go stockage : 549 €

Il se situe donc dans la grande famille des milieux de gamme. A la vue de cette liste, le modèle 8/256 Go nous semble le meilleur compromis. Pour 30 € de plus, on double l’espace de stockage. Avec le processeur qui l’équipe (Snapdragon 778G+), les 12 Go de RAM ne sont pas essentiels.

Face à lui, on trouve des Samsung Galaxy A53 5G, Motorola Edge 30, OnePlus Nord 2T 5G et Vivo V23 5G. Parmi eux, Samsung et OnePlus tirent plus leur épingle du jeu.

Enfin un design qui change !

De prime abord, le Phone(1) n’excite pas la rétine. Posé sur une table il pourrait être confondu avec un iPhone 13 Pro Max. Une dalle plate, un cerclage en aluminium, on est en terrain connu.

Mais lorsque l’on retourne l’appareil, un autre monde se dévoile. Comme l’écran, le dos est protégé par un verre Gorilla Glass 5, pas le plus haut de gamme, mais un bon niveau de protection tout de même.

Nothing Phone(1)
Nothing Phone(1) ©Tom’s Guide

Et ce verre est ici transparent. Sous lui apparaissent les entrailles du smartphone, à la manière d’une montre squelette. Les composants ne sont pas bêtement jetés à la vue, non ils sont habillés par des plaques blanches (le Phone(1) existe aussi en noir) éparpillées sur la surface et de différentes formes. Le souci du détail va jusqu’à former des figures comme cet éléphant en bas à droite. Confessons-le, nous avons au début passé plus de temps à regarder ce dos que la face avant du Phone(1).

Et c’est tant mieux puisque Nothing a tout pensé pour qu’il puisse être efficacement posé sur cette face grâce à un ingénieux système de Leds, la Glyph Interface.

Glyph, la vraie bonne idée

Nothing a parsemé le dos du Phone(1) de 900 MicroLEDs. Elles sont parfaitement intégrée et ne se révèlent que lorsqu’elles doivent s’illuminer. Et ce n’est pas juste pour épater la galerie. Non, elles ont un réel intérêt usuel, celui de notifier l’utilisateur.

Nothing Phone(1)
Nothing Phone(1) ©Tom’s Guide

Appels ou notifications et c’est un schéma lumineux différent qui s’exécute. Il est possible d’en choisir parmi des sélection via les paramètres du smartphone. On peut aussi attribuer un Glyph à un contact particulier, comme on le ferait avec une sonnerie (celles du Phone(1) sont particulièrement réussies, délicieusement rétro).

Nothing Phone(1)
La Glyph Interface ©Tom’s Guide

Et si d’autres smartphones passent en mode silencieux lorsqu’ils sont retournés, le Phone(1) conserve ses notifications lumineuses si on le souhaite. Nombreux sont les utilisateurs d’iPhone qui utilisent le flash Led pour les alertes (paramètre d’accessibilité). Diablement pratique, nul doute que la fonction de Nothing ne plaira pas qu’à nous.

Prise en main

Le Phone(1) est un grand smartphone. Avec un écran de 6,55 pouces, il est aussi large qu’un Galaxy A53 5G. Les petites mains ne sont pas à l’aise avec. Tout du moins ne peuvent-elles pas traverser l’écran avec le pouce sans le contorsionner. A deux mains, il s’utilise facilement. Son poids est sous la barre des 200 grammes. Il est bien réparti ce qui apporte au confort d’utilisation, le smartphone ne basculant pas une fois en main.

Capteur d’empreinte, reconnaissance faciale

Nothing a fait le choix d’un capteur d’empreintes sous l’écran. Rapide, il déverrouille le smartphone en un tournemain. En revanche, il n’est pas bien placé. Positionné trop bas sur la dalle, il ne tombe pas naturellement sous le pouce.

Nothing Phone(1)
Capteur biométrique un peu bas ©Tom’s Guide

Le Phone(1) dispose aussi d’une reconnaissance faciale. Elle utilise le capteur selfie disposé en pin à gauche de l’écran. Pas de dispositif sécurisé ici comme sur un iPhone (TrueDepth) qui établie une cartographie 3D du visage. Notons que nous avons eu plusieurs fois la notif « visage non reconnu » alors que les conditions de luminosité extérieur étaient excellentes et qu’aucune lunette ou chapeau ne couvrait notre tête. Enfin, cette reconnaissance faciale peut être utilisée avec un masque (option à activer).

Un écran magnifiquement calibré

Le Phone(1) offre un écran de 6,55 pouces. Amoled, il affiche en Full HD+ (2400 x 1080 pixels). Il est compatible HDR10+. Sa fréquence de rafraîchissement est de 120 Hz. Une option confortable pour lisser les défilements. Elle est adaptative de 60 à 120 Hz. De 10 à 120 Hz aurait été encore mieux pour la batterie, mais il s’agit d’un compromis nécessaire pour tirer les prix vers le bas.

Nothing Phone(1)
Nothing Phone(1) et son écran Amoled ©Tom’s Guide

Nous avons soumis l’écran du Phone(1) à notre sonde X-Rite i1Display Pro Plus. Le résultat est édifiant. Il est parfaitement calibré, et ce, sur les deux modes colorimétriques disponibles dans les menus du téléphone : Standard et Alive.

On relève un DelaE moyen à 1 et 1,9 selon les modes; deux valeurs bien en dessous de 3, la limite à laquelle l’oeil humain est trompé.

Même constat pour la température des couleurs. Elle est à 6450 Kelvins environ sur les deux modes, soit une valeur proche des 6500 Kelvins de référence (lumière du jour).

La luminosité, quant à elle, est à un peu plus de 500 cd/m². Là, on pourra éprouver quelques difficultés à lire confortablement l’écran en plein soleil.

Nothing Phone(1)
Nothing Phone(1) ©Tom’s Guide

Enfin, puisqu’on a une dalle Amoled, le contraste est infini. Les noirs sont bien noirs. Seul petit bémol, le thème sombre du Phone(1) affiche un gris foncé et non du noir. Les diodes ne sont donc pas totalement éteintes. Nothing aurait encore pu optimiser l’autonomie de son smartphone si ça avait été le cas.

Nothing OS : simple, épuré

Le Phone(1) fonctionne sous Android 12. Il profite de trois ans de mises à jour majeur du système de Google et de 4 ans de mise à jour de sécurité.

Nothing n’a pas souhaité noyer l’utilisateurs avec une surcouche imposante. Plutôt que cela, il préfère une approche proche d’un Android Stock. On a alors une expérience similaire à celle d’un Google Pixel. Seul des éléments de design personnalise l’interface de l’OS afin de coller avec l’identité de Nothing. On trouve ainsi la police en points, caractéristique de la marque.

Nothing Phone(1)
NothingOS ©Tom’s Guide

Le menu déroulant des notifications possède une partie supérieure dédié à un accès rapide à certains paramètres. De base s’y trouvent les réglages réseaux (SIM, Wi-Fi, Bluetooth, partage de connexion). A l’avenir, Nothing veut pouvoir y mettre des applications tierces, comme celle de Tesla, installée à titre expérimental sur le Phone(1).

Et c’est à peu prêt tout. Nothing OS est sobre, simple à manipuler et surtout dépourvu de tout « bloatware ». Au démarrage, vous n’avez donc aucune application préinstallée. Nothing a voulu une interface propre, même s’il a laissé filer quelques billets au passage en ne laissant pas entrer Netflix, Facebook et consort dans son téléphone en sortie d’usine.

A-t-on besoin de plus de puissance ?

Au coeur du Phone(1) bat un Snapdragon 778G+. Il s’agit d’une puce 5G de milieu de gamme que l’on a pu croiser sur le Edge 30 de Motorola. Il est loin de vouloir défrayer la chronique. Version boostée du 778G, il est à l’aise dans toutes les situations pour peu qu’on ne lui assène pas les plus gros jeux 3D du marché. Un Genshin Impact poussé à fond ne lui conviendra pas.

Nothing Phone(1)
Diablo Immortal tourne sur le Nothing Phone(1) ©Tom’s Guide

Sur Diablo Immortal, on réussit à jouer avec les graphismes en élevé sans ralentissement, mais l’indicateur de performances est dans le rouge. En revanche, impossible d’activer le 60 fps, le jeu retourne que l’appareil n’est pas compatible avec cette option.

Pour les tâches courantes, il est fluide. Nous n’avons subi aucune saccade durant notre test, même en multitâche. Bien évidemment, à voir sur le long terme avec installation/désinstallation d’apps et usage quotidien s’il tient le choc.

Une partie photo correcte et perfectible

Nothing n’y va pas par quatre chemins. Deux capteurs arrières, un capteur avant, voilà pour la partie photo du Phone(1).

Est une fois de plus privilégiée ici la simplicité et la performance. Au dos, on trouve donc un double capteur avec un grand-angle Sony IMX766 et un ultra grand-angle Samsung JN1. Tous deux sont de 50 mégapixels. Un mode macro est disponible sur l’ultra grand-angle.

Nothing Phone(1)
Nothing Phone(1) ©Tom’s Guide

Pas de capteur de profondeur, ni de zoom optique. Nothing fait l’impasse sur ceux-ci. Encore une histoire de compromis et aussi de place concernant le zoom optique.

Les clichés pris avec le Phone(1) revêtent une belle couleur. Elles sont un poil saturées, ce qui est agréable à l’oeil, mais s’écarte du naturel.

Nothing Phone(1)
Une colorimétrie chatoyante ©Tom’s Guide

L’exposition est aussi assez poussée. Par moment on peut perdre en détail, notamment sur la photo en mode portrait ci-dessous. D’ailleurs, ce mode portrait n’est pas infaillible. Flouté par erreur, le col du polo en est la preuve.

Nothing Phone(1)
Mode portrait ©Tom’s Guide

Le Phone(1) pêche en contre-jour. Là, il perd beaucoup en contraste.

Nothing Phone(1)
Contre-jour ©Tom’s Guide

L’ultra grand-angle est plaisant et offre une belle qualité. Sa colorimétrie est plus juste que celle du grand-angle. On revient à des teintes naturelles, mais moins chatoyantes. Notons que son contraste est peut-être un peu trop haut, le bouquet d’arbre ci-dessous est assez marqué par cela.

Nothing Phone(1)
Ultra grand-angle ©Tom’s Guide
Nothing Phone(1)
Grand-angle ©Tom’s Guide

Pour le mode macro, c’est ce même ultra grand-angle qui est utilisé. Là, rien à redire. Le rendu est très bon avec un focus très centré. D’ailleurs, le temps de réaction des capteurs est très rapide, ce qui permet de prendre des photos à la volée avec un bon résultat.

Nothing Phone(1)
Mode macro ©Tom’s Guide

En l’absence de zoom optique, il faut faire avec le zoom numérique. Celui-ci permet de monter jusqu’à x20. Néanmoins, au-delà de x2, on perd clairement en précision. Les photos sont alors de plus en plus floues, inexploitables à partir de x5.

Nothing Phone(1)
Zoom x2 ©Tom’s Guide
Nothing Phone(1)
Zoom x5 ©Tom’s Guide
Nothing Phone(1)
Zoom x20 ©Tom’s Guide

En mode nuit, il n’est pas aussi à l’aise qu’un Pixel 6 Pro, notamment. La différence de prix est là. Néanmoins, il parvient à tirer des clichés intéressants. Dans la nuit complète, les résultats sont très bruités, mais si on a une source lumineuse, même petite, on parvient à arriver à des photos mieux calibrées. Attention, le mode nuit dure 5 secondes. Il n’est pas activé par défaut.

nothing phone(1)
Photo de nuit ©Tom’s Guide
nothing phone(1)
Noir complet ©Tom’s Guide
nothing phone(1)
Petite source lumineuse ©Tom’s Guide

Bonne autonomie, mais chargeur en option

4500 mAh, c’est la taille de la batterie du Phone(1). Au bout d’une journée, il nous restait 40% d’autonomie environ (écran en full ). Durant cette journée, nous avions eu un usage diversifié du téléphone, comprenant navigation Internet, jeux, vidéo en streaming et musique.

Nothing Phone(1)
Chargeur en option ©Tom’s Guide

On n’atteint donc pas les deux jours, mais ça reste une bonne autonomie. Ajoutons que le Phone(1) est compatible charge rapide. Malheureusement, Nothing a choisi de ne rien mettre d’autre que le téléphone dans sa boîte. Le chargeur est donc à acheter séparément. Et il n’est que de 33 Watts. Il faut une heure avec lui pour recharger le Phone(1).