[Test] Nikon Df : compromis idéal entre tradition et modernité ?


La mode actuelle en photographie numérique est incontestablement au vintage. Prenant acte de la tendance, Nikon a choisi de s’appuyer sur son histoire en sortant un boitier aux lignes rappelant celles de ses célèbres argentiques. Côté électronique, le Df n’en affiche pas moins des caractéristiques très sérieuses. Il reprend, entre autres, le capteur du très professionnel D4, dont les qualités font rêver de nombreux utilisateurs. Voyons donc si le dernier boitier expert de Nikon est à la hauteur des annonces prometteuses qui ont accompagné sa sortie.

Un aspect vintage pour une conception sérieuse

Surfant sur la mode vintage, Nikon a choisi pour ce boîtier Df - dont le nom fait référence aux appareils argentiques de la marque - un look rappelant immanquablement les modèles F et FM des années 70-80. Ceux-ci jouissent toujours aujourd’hui d’un grand prestige chez les experts, notamment chez les baroudeurs. Un boîtier de la série FM2 en bon état se négocie par exemple toujours aujourd’hui à plusieurs centaines d’euros d’occasion, un exploit pour un reflex argentique.

Le premier contact physique est assez surprenant, car les boîtiers F ou FM étaient à la fois plus lourds et plus compacts que ce Df au gabarit classique pour un reflex numérique. Cependant, ce n’est pas la preuve d’un manque de solidité, les progrès des alliages permettant simplement de réaliser des boîtiers robustes et plus légers que par le passé. De même, l’intégration progressive de nombreux éléments électroniques a conduit à une augmentation du volume général des appareils. Construit autour d’un châssis en alliage d’aluminium pour un volume assez standard en photo numérique, le Df pèse donc 765 grammes et propose une protection "tout temps" d’un niveau globalement équivalente à celle du D800. Au vu des prétentions de robustesse du Df, une véritable tropicalisation aurait été préférable (Pentax propose par exemple ce genre de protection à des tarifs nettement moins élevés).

Une fois pris en main, le Df semble massif, même pour un boîtier moderne. La poignée est en effet large et épaisse, tout en permettant un bon niveau de préhension grâce à un revêtement efficace et agréable. De même, le module surplombant l’ensemble est volumineux, et pour cause : il renferme le même viseur que le D4. Large confortable et lumineux, ce dernier serait presque idéal si en plus de sa couverture 100% et son grossissement de 0,7% il proposait un dégagement oculaire supérieur à 15mm. Les porteurs de lunettes n’apprécieront pas, dommage, car pour les autres c’est un bonheur de cadrer avec un viseur d’une telle qualité. C’est d’autant plus appréciable qu’équiper un boîtier d’un tel module est coûteux. Si le verre de visée n’est pas interchangeable, un quadrillage peut être affiché, c’est l’avantage de la modernité.

Cela peut paraître anecdotique, mais il faut saluer le travail de développement réalisé par Nikon autour de sa batterie. En effet, la nouvelle EN-EL 14a est annoncée pour plus de 1400 déclenchements et, de fait, l’utilisation sur le terrain confirme sa très bonne autonomie.

Finalement, le seul défaut de conception sérieux tient au regroupement de la batterie et de la carte mémoire dans un même compartiment mal positionné sous l’appareil (et protégé par une trappe en plastique peu rassurante quant à sa solidité). Sur pied, avec une semelle un peu large, le changement de carte mémoire est donc compliqué. Même pour un boîtier orienté a priori pour le reportage c’est dommage que ce choix ait été privilégié à celui de compartiments indépendants.

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