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Ces deux aigles anti-drones sont au chômage

À Genève, des aigles chassaient les drones néfastes dans le ciel. Mais ils ont été démis de leurs fonctions.

Image 1 : Ces deux aigles anti-drones sont au chômage
Certains aigles sont dressées pour chasser des drones © Guard From Above

Au sein de la police genevoise, on trouve une bridage d’animaux très spéciale. Celle-ci est composée de deux aigles, Altaïr et Draco, formés à la traque de drones malfaisants. Ils ont commencé à sévir en 2017. Leur mission ? Intercepter les aéronefs voyous sans les faire tomber au sol et risquer de blesser des passants.

Multinationales, conférences, sièges d’organisations internationales comme l’ONU… Genève accueille constamment des grands patrons, des dignitaires et des dirigeants politiques du monde entier. Ce qui attire les convoitises de certains manieurs de drones espions, d’où la présence de la brigade d’aigles. Cette dernière ne pourra toutefois plus faire régner l’ordre dans le ciel. Le programme a dû prendre fin en raison d’une efficacité incertaine et de préoccupations pour la sécurité des animaux.

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Chasser les drones : une pratique dangereuse pour les aigles ?

« Les améliorations technologiques et stratégiques en termes d’utilisation des drones rendent ce projet d’utilisation des rapaces trop incertain, voire dangereux pour l’intégrité physique des aigles », a déclaré la police cantonale genevoise citée par Bloomberg.

Les aigles sont bel et bien capables de mener à bien leur mission. Illustration dans cette vidéo de démonstration partagée par Guard From Above qui forme des oiseaux de proie à intercepter des drones hostiles pour les forces de l’ordre et les armées du monde entier.

Mais quid du danger pour les animaux ? En 2018, les Pays-Bas ont également interrompu leur programme sous la pression des associations défendant les droits des animaux. Interrogé en 2016 par NL Time, le fauconnier estime quant à lui que les hélices des drones professionnels risquent de « transformer un aigle en viande hachée ». Et d’expliquer qu’en cas d’échec, les rapaces, frustrés, risqueraient de s’attaquer à des cibles humaines.

« Dans la nature, les oiseaux de proie dominent souvent des proies grandes et dangereuses, souligne de son côté Guard From Above dans sa FAQ. Leurs serres ont des écailles qui les protègent naturellement des morsures de leurs victimes. La police nationale néerlandaise a demandé à l’Organisation néerlandaise pour la recherche scientifique appliquée de rechercher l’impact possible [des drones] sur les griffes des oiseaux. Les résultats ne sont pas encore connus ».

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