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Les plus gros échecs d’Apple

Image 1 : Les plus gros échecs d'Apple

Quelques vers dans la pomme

Lorsqu’on pense Apple, on pense directement iPod, iPhone, iMac… bref, tous les plus gros succès de la firme. Mais nous avons souvent tendance à oublier qu’Apple, c’est également des échecs, parfois cuisants, dans le domaine de l’informatique. La firme a en effet tenté de se lancer dans plusieurs branches avant d’être le constructeur que nous connaissons aujourd’hui.

Les jeux vidéo, la photographie numérique et même la télévision sont des domaines qui n’ont fait aucun cadeau à Apple à l’heure ou ce dernier voulait les conquérir. Voici un petit retour sur les ratés d’Apple, ces produits que la marque préfère oublier…

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Macintosh Portable

S’il y a bien quelque chose que nous ne pouvons pas reprocher à Apple, c’est bien son désir d’innover autant que possible à travers ses produits. Et c’est précisément ce que cherche le Macintosh Portable, sorti en 1989, et qui propose un Mac à emmener partout avec soi, mais qui se montre beaucoup moins «portable» une fois en main.

Pour Apple, le Macintosh Portable est un coup d’essai en 1989, qui consiste tout simplement à faire entrer un Macintosh dans une carcasse transportable et qui pourrait fonctionner en déplacement. En théorie, le pari est réussi, puisque tout est présent : clavier, trackball pour faire office de souris (absent des premiers modèles), une batterie de 10 heures d’autonomie, un écran en 640 x 400 monochrome, un disque dur de 40 Mo et un lecteur de disquette. En pratique, l’utilisateur se trouve devant un beau bébé de plus de 7 kilos, bien difficile à transporter sur de longues distances.

Outre le prix de 6 500 $, trop important pour la plupart des bourses de l’époque, c’est surtout ce petit problème de poids qui va faire du Macintosh Portable un ordinateur peu intéressant. Deux ans plus tard, Apple corrigera ce détail en sortant le PowerBook 100, qui pèsera 2,3 kilos.

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Apple Newton

En 1993, Apple profite du marché en croissance des assistants personnels (ou PDA) pour lancer le sien, baptisé Apple Newton. Si l’appareil innove dans bien des domaines, il ne écope d’un certain nombre de défauts. Tout cela contribuera au fait qu’il sera bien plus populaire sur le marché de l’occasion que lors de son lancement.

Le Newton fait partie des tous premiers PDA sur le marché, et c’est d’ailleurs à lui qu’on attribue la toute première utilisation du terme PDA pour un assistant personnel. Il fait partie des premiers appareils à proposer un stylet à utiliser sur l’écran, ainsi qu’un transfert de fichiers sans fil entre deux appareils.

Bien que très novateur pour son époque, le Newton n’est toutefois pas exempt d’un nombre assez gênant de défauts, à commencer par sa taille importante, qui le rend peu pratique à transporter. L’appareil souffre également d’une batterie de trop courte durée, et d’un écran en noir et blanc à la lisibilité pas toujours évidente. S’il a été un échec, il reste cependant un appareil très apprécié des fans, notamment depuis l’arrêt de sa production en 1998.

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Macintosh TV

Bien avant l’Apple TV, la firme de Cupertino avait déjà tenté une incursion dans le monde des téléviseurs, en lançant en 1993 le Macintosh TV. Il s’agit d’un ordinateur totalement noir (qui coupe donc avec les tons clairs des autres produits de la marque), qui présente la particularité d’avoir un écran assez grand, qui fait également office d’écran de télévision…

Regarder la télévision sur son ordinateur peut paraître banal en 2009, mais en 1993 cela est assez rare pour susciter l’intérêt du public. Mais voilà, l’ordinateur qui fait téléviseur (ou le téléviseur qui fait ordinateur, question de point de vue) souffre d’un problème majeur : il est impossible de mélanger les deux fonctions. En d’autres termes, l’utilisateur est obligé de regarder la TV ou de lancer l’ordinateur, mais celui-ci ne pourra pas effectuer de tâche en fond pendant que le téléviseur fonctionne.

Est-ce ce défaut qui a contribué à l’échec du Macintosh TV dans les foyers ? Toujours est-il que seuls 10 000 d’entre eux s’en sont équipés, faisant de cet ordinateur un modèle largement passé sous silence par la firme.

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QuickTake

Il est rare qu’Apple soit crédité comme étant le constructeur de l’un des tous premiers appareils photo numériques du marché. C’est pourtant le cas, avec le QuickTake, un appareil qui connu un échec tel qu’il est aujourd’hui oublié de la plupart.

Le QuickTake est donc sorti, dans sa première version, en 1994. À cette époque, il propose un capteur de 0,3 megapixel, une mémoire intégrée de 1 Mo (qui permet de stocker jusqu’à 8 photos), mais pas de lecteur de carte et la prise en charge d’un seul format d’image : celui d’Apple. Ce n’est que plus tard que les nouvelles versions gèreront également le TIFF, le BMP ou encore le JPEG.

Mais le principal problème de cet appareil photo, c’est qu’il n’était compatible avec aucun autre ordinateur que ceux d’Apple. Autrement dit, les utilisateurs de PC sous Windows en étaient privés, laissant ainsi Apple se tirer une balle dans le pied.

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Pippin

Le jeu vidéo est un monde assez fermé, dans lequel les marques d’informatique veulent régulièrement entrer. Si Sony, et plus tard Microsoft, ont tout deux réussi leur introduction sur le marché des consoles, Apple est loin de pouvoir en dire autant.

La Pippin est une console de jeux sortie en 1996, alors que la PlayStation de Sony devenait une référence dans ce domaine, suivie de près par la Sega Saturn et la toute récente Nintendo 64. À l’intérieur, nous retrouvons toutes les caractéristiques d’un Mac de l’époque : processeur PowerPC cadencé à 66MHz, un lecteur CD-Rom 4x, un modem 14,4 Kbps et une version allégée de Mac OS Système 7. Un véritable Mac dédié au jeu, mais qui va peiner à convaincre le public.

Le principal constructeur de cette console fut le japonais Bandai, qui n’en aura vendu qu’un peu plus de 40 000 exemplaires dans le monde. En tout et pour tout, c’est à peine une petite centaine de jeux qui sont sortis sur cette console (80 pour le Japon, et 18 pour les États-Unis), contribuant à l’échec de la console.

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Twentieth Anniversary Macintosh (TAM)

Entre deux productions plus ou moins originales, Apple a parfois une lubie et ne se prive pas de la réaliser. En mai 1997, cela a donné naissance au Twentieth Anniversary Macintosh, un ordinateur au design futuriste, mais encore une fois totalement inabordable.

Surnommé TAM, ou encore Spartacus, cet ordinateur a pour but de fêter les 20 ans d’Apple. La firme à la Pomme a donc conçu un design totalement inédit pour cet ordinateur, qui fait partie des tous premiers au monde à proposer un écran LCD couleur de 12,1 pouces intégré. Pour pousser l’extravagance un peu plus loin, l’ordinateur faisait également office de téléviseur et de radio, était livré avec un système audio complet signé Bose, proposait un repose-poignet en cuir, et, comble du snobisme, permettait à l’acheteur pour un surcoût de se faire livrer et installer l’ordinateur par une personne habillée en smoking et arrivant chez lui en limousine.

Bien entendu, un tel produit a un prix, et le TAM n’est pas accessible en dessous des 7 500 dollars. Le résultat est évident : l’ordinateur s’est vendu à 12 000 exemplaires dans le monde, dont 600 en France. Quelques mois plus tard, Apple tente de relancer les ventes de son appareil en le soldant à 2000 dollars, ce qui ne ravivera pas l’intérêt du public.

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Apple USB Mouse

Si Apple a toujours fait preuve d’une originalité parfois trop débordante dans un domaine, c’est bien en ce qui concerne les souris. Le constructeur en fabrique et en vend en masse depuis l’existence du Macintosh, mais rares sont les modèles qui se sont imposés comme des références. Mais la pire d’entre elle est très certainement celle fournie avec l’iMac G3, qui a la particularité d’être la première sourie USB chez Apple, mais également la plus inutilisable.

Une souris plate et ronde comme un palet, voilà qui peut paraître original sur le papier. Mais lorsque ce concept prend vie chez Apple, le résultat est quelque peu déroutant. LA forme ronde de cette souris pose en effet un problème majeur par rapport aux autres modèles du marché : il est impossible de savoir, au premier coup d’oeil, dans quel sens la tenir, et l’utilisateur s’y reprend souvent à plusieurs fois avant de s’y retrouver.

Sortie en 1998, cette souris a notamment été livrée avec l’iMac G3, et s’est rapidement attiré les foudres des utilisateurs. Les quelques améliorations qu’Apple a tenté d’y apporter n’y changeront rien : en 2000, le constructeur retire l’Apple USB Mouse et la remplace par l’Apple Pro Mouse, au design beaucoup plus simple et intuitif.

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Power Mac G4 Cube

Avoir un ordinateur qui tient dans un petit cube, c’est original. C’est en tout cas une idée assez séduisante pour qu’Apple décide de lancer, le 19 juillet 2000, un ordinateur de forme cubique et aux dimensions pour le moins originales, mais qui n’ira malheureusement pas beaucoup plus loin que les étalages des vendeurs.

D’un point de vue technique, le Power Mac G4 Cube est un véritable tour de force pour l’époque : dans un cube de seulement 20 cm de côté, Apple est parvenu à faire entrer un PowerPC cadencé à 500 MHz, un lecteur DVD, un disque dur de 20 à 60 Go ou encore 64 à 256 Mo de mémoire vive.

Mais l’échec de cet ordinateur auprès du grand public vient d’un prix exorbitant, comme c’est souvent le cas chez Apple. Indisponible à moins de 15 550 Francs (près de 2 400 euros), le Power Mac G4 Cube n’est pas à la portée de toutes bourses, et rares sont ceux qui oseront dépenser autant pour l’extravagance de déposer un ordinateur en forme de cube sur leur bureau. La production du Power Mac G4 Cube sera donc de courte durée, puisqu’elle sera stoppée un an après sa sortie, le 3 juillet 2001.

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Mac OS X 10.0

Si Mac OS X est souvent cité aujourd’hui comme un modèle de sécurité, de fiabilité et de simplicité, cela était loin d’être le cas pour la toute première version du système d’exploitation. Sortie en 2001, elle fait aujourd’hui figure de version de test pour le système que nous connaissons maintenant, en accumulait les bugs et autres problèmes.

Mac OS X est le système sur lequel Apple a pu introduire sa désormais célèbre interface Aqua. Très belle en apparence, cette toute première version était cependant beaucoup trop lente pour être acceptable, et il arrivait que l’ordinateur cesse de répondre pour laisser le temps à l’interface de travailler. En outre, Mac OS X était devenu plus lent que son prédécesseur.

La stabilité du système a également été source de beaucoup de problèmes, puisque celui-ci était sujet à de nombreux crash inexpliqués. Enfin, Max OS X 10.0 a montré dans ses premiers jours d’énormes problèmes de compatibilité avec certains matériels et logiciels, rendant notamment impossible la lecture de DVD ou la gravure de CD.

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Apple TV

Après avoir tenté de sortir une console de jeu, Apple décide dans la seconde moitié des années 2000 de repartir à l’assaut des téléviseurs de salon. Ainsi sort l’Apple TV, véritable boîtier multimédia capable de diffuser du contenu audio et vidéo sur un téléviseur, mais dont le succès ne suivra pas vraiment.

Équipé d’un disque dur, d’une connectique HDMI et YUV et capable de diffuser des vidéos en HD 1080p. Sorti en 2007, il a d’abord connu un certain succès auprès du public, succès qui n’a pas duré bien longtemps. Ne serait-ce qu’en France pour commencer, où le produit se heurte purement et simplement aux différentes Box Internet, qui proposent pour la plupart les mêmes fonctions que le boîtier d’Apple.

Ainsi, l’appareil que certains analystes ont vu comme un «DVD killer» lors de son lancement s’est révélé être un relatif échec et les ventes, bien que stables, sont loin d’atteindre les premières espérances d’Apple. Toujours commercialisé aujourd’hui, l’Apple TV est à l’heure actuelle considéré comme un «hobby» pour Apple.

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Une société qui apprend

Il est intéressant de constater qu’Apple s’est lancé dans une multitude de domaines bien différents pour finalement se concentrer sur les ordinateurs, les baladeurs et la téléphonie. Toutefois, ces échecs n’ont pas été sans conséquence pour la marque, qui a su en tirer des leçons.

En effet, difficile de ne pas voir dans le Newton une préfiguration de l’iPhone et de l’iPod touch, qui hérite de son écran tactile et de certaines fonctions lancées par celui-ci. Difficile également de ne pas voir dans le Macintosh Portable un ancêtre du Macbook, qui a ironiquement une des batteries au plus petit volume pour un ordinateur portable.

Et comment ne pas voir dans le Power Mac G4 Cube, vendu trop cher en son temps, un avant goût du Mac Mini, l’ordinateur à petit prix d’Apple ? C’est une évidence : Apple sait formidablement tirer une leçon de ses échecs, et appliquer ces enseignements à ses nouveaux produits. C’est d’ailleurs peut-être cela, le secret d’Apple : tester le marché avec un produit volontairement avant-gardiste, et corriger ainsi tous les défauts trouvés par les utilisateurs en conservant les bons points.