Depuis quelque temps, Computrace fait la Une de sites en manque de sensationnel. Sans être dangereux, ce programme réputé n’est cependant pas totalement innocent. C’est une sorte de mouchard utilisé par les entreprises pour protéger leur parc d’ordinateurs portables à distance. Qu’est-il, quel danger représente-t-il, comment le détecter et peut-on s’en débarrasser ?
Qu’est-ce que Computrace / LoJack ?

En quoi Computrace LoJack est-il une menace potentielle ?

Le problème soulevé par Kaspersky dans son billet fait écho aux doutes émis par Core Security en 2009. Les chercheurs russes ont mis en évidence une faille dans le protocole réseau de Computrace, qui permettrait d’exécuter du code à distance et à l’insu de l’utilisateur. Dès lors, n’importe quelle agence d’espionnage gouvernementale ou n’importe quel cybercriminel mal intentionné pourrait, s’il trouve comment exploiter cette faiblesse, lancer l’exécution d’un spyware ou prendre le contrôle à distance de la machine et de ses fichiers.
Cependant, cela reste très théorique. À l’heure actuelle, aucune attaque exploitant Computrace n’a jamais été découverte. En outre, le Laboratoire Kaspersky, qui soulève le problème, ne prétend pas avoir réussi à simuler avec succès la moindre attaque. Selon Absolute Software, le mécanisme dépeint par Kaspersky ne permet pas de réussir une attaque. Et l’éditeur affirme qu’il n’existe absolument aucun moyen d’activer à distance Computrace. D’autant qu’il s’agit là d’un service payant et que sans abonnement valide Computrace ne s’active pas.
Autrement dit, pour l’instant (et jusqu’à preuve du contraire), Computrace n’est pas une menace.
Sur quels PC peut-on trouver Computrace ?

Computrace serait ainsi intégré dans le BIOS de certains modèles d’ordinateurs Acer, Alienware, Asus, Dell, Fujitsu, GammoTech, Gateway, General Dynamics, Getac, HP, Lenovo, Motion, Panasonic, Samsung, Sony, Toshiba, Xplore Technologies, Wistron.
En théorie, Computrace n’est jamais activé par défaut au niveau du BIOS. Kaspersky affirme qu’il a été découvert actif sur certaines machines, alors que les utilisateurs ne l’avaient pas volontairement mis en marche, mais un doute subsiste sur le pourquoi (erreur en usine, erreur de manipulation de l’utilisateur, commandes spécifiques des entreprises ayant souhaité que les machines leur soient livrées avec Computrace préactivé, etc.). À l’heure actuelle, aucune preuve ne permet d’affirmer que Computrace peut être activé à distance et à l’insu des utilisateurs.
Il faut aussi se souvenir que Computrace a été décliné sous Mac OS X (il n’est pas incorporé dans les ROM Apple, mais peut-être installé par les entreprises). Il en existe également une version Android, mais aussi Symbian S60 et BlackBerry OS 7, et il peut dès lors potentiellement se retrouver sur certains smartphones et tablettes.
Comment détecter Computrace ?

Le fichier Zip contient deux exécutables, un pour les ordinateurs avec Windows 32 bits et l’autre pour Windows 64 bits. Pour mémoire, afin de savoir si votre ordinateur exécute une version 32 bits ou 64 bits de Windows 7 ou Windows 8, cliquez du bouton droit sur Ordinateur ou Ce PC et affichez les Propriétés.
Lancez finalement l’exécutable correspondant à votre système. Chaque ligne de test doit afficher Clean comme résultat pour s’assurer que Computrace n’existe pas sur son PC.
Comment supprimer Computrace ?

Dès lors que Computrace est installé dans le BIOS, on ne peut le désinstaller. On peut soit le désactiver via les paramètres du BIOS (se référer à la notice de son ordinateur, il n’existe pas de manipulation universelle, mais on entre en général dans les paramètres BIOS en appuyant sur DEL ou sur F2 au démarrage), soit tenter de tuer ses tâches juste après le démarrage.
Pour tuer les tâches au démarrage, ouvrez le bloc-notes Windows. Saisissez les commandes suivantes :
@echo off
TASKKILL /F /IM “upgrd.exe”
TASKKILL /F /IM “rpcnetp.exe”
TASKKILL /F /IM “rpcnet.exe”
Sauvez le fichier sur le bureau en le nommant KILLJACK.BAT. Puis lancez-le en tant qu’administrateur après chaque démarrage.
Il existe également un outil appelé « SpyVision 1.5 » qui prétend désactiver Computrace. Malheureusement, cet outil ne semble en réalité qu’un leurre. Il installe sur votre PC une tonne d’adwares et de logiciels en version démo et il constitue en réalité une menace bien plus grave que ne l’est Computrace lui-même.
Et si vous souhaitez définitivement vous débarrasser de Computrace, il vous faudra de réclamer auprès du constructeur une mise à jour du BIOS dénuée de l’outil d’Absolute Software, voire de changer de machine (cas extrême).