Après les intrusions ayant touché la DGFiP, l’Éducation nationale fait face à une revendication d’une ampleur vertigineuse. Le cybercriminel ZeroBytes affirme avoir extrait 43 Go de données, avec des informations concernant élèves, parents et personnels.

La série noire des administrations françaises se poursuit.
Le 14 août 2026, la Direction générale des Finances publiques confirmait le vol de données concernant 678 000 particuliers et professionnels après des accès frauduleux survenus en juin et juillet. Trois jours plus tard, dans la soirée du 17 août, ZeroBytes revendiquait une fuite massive au sein de l’Éducation nationale. Le ministère avait déjà reconnu, le 31 juillet, une intrusion survenue dans la nuit du 25 juillet à partir d’un compte professionnel usurpé.
43 Go de données et plus de 346 millions de lignes revendiqués
Selon les éléments publiés par FrenchBreaches, ZeroBytes affirme avoir récupéré environ 43 Go répartis dans près de 2 500 fichiers, représentant précisément 346 178 591 lignes brutes (ces enregistrements comportent de nombreuses répétitions, une même personne pouvant apparaître dans plusieurs bases au fil de sa scolarité ou de sa carrière).
L’analyse évoque notamment 1,22 million d’élèves uniques dans certains ensembles et environ 4,35 millions d’identifiants de personnels issus d’I-Prof. Les fichiers revendiqués couvriraient plus de vingt ans et pourraient contenir identités, dates de naissance, coordonnées, parcours scolaires, affectations, absences, évaluations ou informations relatives aux responsables légaux.
Des empreintes cryptographiques de mots de passe figureraient également dans certaines extractions.
Le ministère confirme une intrusion, l’ampleur de la nouvelle fuite reste à établir
Le communiqué officiel du 31 juillet décrit un accès frauduleux au système consacré à la formation des personnels. Les données potentiellement exfiltrées concernent des agents ayant exercé en académie depuis 2001, avec identité, fonctions, coordonnées et, pour certains, numéro de sécurité sociale. Le ministère indiquait alors que le système visé excluait données bancaires, mots de passe et informations relatives aux élèves.
La revendication publiée le 17 août élargit considérablement ce périmètre. Son authenticité complète, le nombre réel de personnes touchées et le lien technique entre les différents fichiers doivent encore être établis. Le ministère a saisi l’ANSSI et la CNIL et poursuit ses investigations.
Que faire si vous pensez être concerné par le piratage de l’Éducation nationale
Si vous pensez être concerné, changez par précaution le mot de passe de votre compte académique et de tout autre service où vous auriez réutilisé les mêmes identifiants, activez la double authentification lorsqu’elle est disponible et redoublez de vigilance face aux e-mails, SMS ou appels réclamant des informations personnelles. Surveillez également vos comptes en ligne dans les prochaines semaines et signalez rapidement toute tentative de connexion, demande inhabituelle ou message suspect à votre établissement ou à votre académie.