Free vient de lancer Free Max, son forfait mobile à 29,99 euros par mois incluant de l’Internet illimité en France et dans 135 destinations. Une offre incompatible avec les exigences de sobriété numérique et les enjeux environnementaux actuels, selon l’UFC-Que Choisir. Contacté par Tom’s Guide, l’opérateur se défend point par point.

Il y a quelques jours, Free a dégainé son nouveau forfait Free Max qui n’a pas d’équivalent sur le marché français. Proposée à 29,99 € par mois (19,99 € pour les abonnés Freebox), cette offre inclut notamment une enveloppe data illimitée en France, étendue à plus de 135 destinations à l’international. Un forfait de “la démesure”, dénonce l’UFC-Que choisir.
Si l’association de consommateurs ne remet pas en question la qualité du service du forfait Free Max, elle estime qu’il va à rebours des impératifs de sobriété numérique visant à réduire les émissions de CO2. Joint par Tom’s Guide, Free a tenu à répondre aux critiques. L’opérateur estime que son nouveau forfait répond à une demande concrète : “Chez Free, nous avons des abonnés au Forfait Free 5G+ qui tapent le plafond des 350 Go et ce chiffre est en croissance”.
Forfait Free Max : “On répond à une nécessité technologique et sociale”
Le FAI nous explique que sa mission est “d’accompagner la révolution numérique et les nouveaux usages de connectivité. Certainement pas de les brider”. Et de faire un parallèle avec le lancement en 2002 de la Freebox dont la promesse de connexion illimitée en haut débit à 29,99 euros par mois tranchait avec les standards : “Qui, à cette époque, aurait imaginé que l’illimité sur le fixe deviendrait la norme ?”
Un raisonnement transposé à aujourd’hui : “La 5G et l’IA ne vont pas disparaître. Refuser l’illimité sur le mobile, c’est refuser la réalité numérique de 2026. On ne pousse pas la consommation : on répond à une nécessité technologique et sociale”, martèle Free qui s’estime du bon côté de l’histoire.
L’UFC-Que choisir concède que la data en elle-même représente seulement 5 % des émissions carbone du numérique. L’association redoute toutefois un effet d’entraînement. Selon elle, le forfait illimité Free Max risque d’inciter les utilisateurs à délaisser le WiFi au profit de la 5G et à multiplier les usages gourmands en données mobiles (vidéo, appels visio, IA générative). Des pratiques qui font peser une pression croissante sur les centres de données déjà très voraces en ressources.
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Free défend l’efficacité énergétique de la 5G
Free assure à Tom’s Guide prendre le sujet “très au sérieux”. Le FAI met en avant ses engagements climat, dont la validation de sa trajectoire carbone par le SBTi en 2024, avec un objectif de neutralité carbone à l’horizon 2050. L’opérateur, qui revendique le plus grand réseau en nombre de sites 5G en France, souligne aussi que cette “technologie radio est la plus efficace énergétiquement car elle permet de transporter plus de données avec moins d’énergie par gigaoctet”.
Et de citer des mesures concrètes comme l’extinction de certaines fréquences la nuit ou le pilotage du réseau par IA “en les optimisant au maximum d’un point de vue énergétique”. L’entreprise se vante également d’avoir signé quatre contrats d’achat d’énergie renouvelable “qui permettront de couvrir 16% de sa consommation énergétique globale dès 2027”.
Des smartphones renouvelés plus souvent ?
L’UFC-Que choisir redoute enfin qu’à force de solliciter davantage leur téléphone, les abonnés Free Max finissent par le remplacer plus vite : “Ils auront aussi tendance à changer plus souvent de smartphone. Or, la fabrication d’un téléphone représente, à elle seule, près de 80 % des émissions du numérique”, expose l’association.
Pour se défendre, Free met en avant son offre Free Flex dont le modèle serait “bien plus responsable” que celui du subventionnement : “Le prix du forfait ne dépend pas du téléphone, il y a donc moins d’incitation à changer de téléphone pour bénéficier d’une meilleure offre. Tous les smartphones restitués par les abonnés sont par ailleurs recyclés ou reconditionnés”.
Entre ambition technologique, demande croissante en data et impératifs de sobriété numérique, le débat est loin d’être tranché.