Que vaut ce nouveau venu sur le marché des robots tondeuses, qui promet notamment des bordures presque impeccables ? Réponse dans notre test du Goalker H3 Pro.
- Plateau de coupe déporté relativement efficace
- Navigation RTK + vSLAM convaincante lorsque l’antenne bénéficie d’un environnement suffisamment dégagé
- Bonne détection des obstacles
- Zones d’exclusion précises une fois correctement cartographiées
- Entretien relativement simple, avec un accès facile au plateau de coupe
- Prix assez compétitif face à certains modèles RTK concurrents
- Antenne RTK implique un environnement dégagé
- Interface de l’application perfectible
- Cartographie automatique attendu prochainement
- Création des zones d’exclusion assez fastidieuse
- Pas de véritable interface de commande sur le robot
Lancée en 2023, Goalker est une nouvelle marque chinoise de robots tondeuses qui cherche à se faire une place sur un marché déjà très concurrentiel, face à des acteurs comme Mammotion, Segway Navimow, Dreame, Ecovacs ou Husqvarna. Son principal atout est de s’appuyer sur un groupe industriel beaucoup plus ancien qu’elle, le groupe TOPSUN, un fabricant chinois d’équipements de jardin créé en 1997.
Nous avons testé le Goalker H3 Pro, un robot tondeuse conçu pour les jardins jusqu’à 1 500 m². Il mise notamment sur un plateau de coupe à lame déportée, pensé pour réduire l’herbe laissée le long des bordures, l’un des défauts récurrents de ce type d’appareil. Cette particularité suffit-elle à le démarquer sur un marché très concurrentiel ? Notre verdict.
💰 Prix et disponibilité
Arrivée récemment sur le marché, Goalker reste encore peu distribuée. Le robot est principalement disponible sur le site officiel de la marque ainsi que sur Amazon. Au moment de notre test, il est proposé en promotion à 749 € sur le site du fabricant, contre un prix public de 1 099 €, tandis qu’Amazon l’affiche à son tarif habituel.
Avec ce positionnement, Goalker se situe dans une gamme de prix intermédiaire. Le H3 Pro est légèrement moins cher que les modèles équivalents de Segway Navimow ou Mammotion, tout en restant un peu plus onéreux que les robots RoboUP que nous avons testés, ces derniers misant sur une approche plus minimaliste afin de maintenir des tarifs autour de 500 €.

⚙️ Design et caractéristiques
Comme la grande majorité des robots tondeuses de nouvelle génération, le Goalker H3 Pro fonctionne sans fil périphérique. Pour se déplacer, il combine un système RTK (Real-Time Kinematic), qui assure un positionnement centimétrique grâce aux satellites, et une technologie vSLAM (Visual Simultaneous Localization and Mapping), qui utilise les caméras pour cartographier l’environnement et se repérer en temps réel. L’ensemble est épaulé par des capteurs ToF et plusieurs caméras intégrant des fonctions d’intelligence artificielle destinées à détecter les obstacles. En revanche, contrairement aux modèles les plus haut de gamme, le H3 Pro fait l’impasse sur le LiDAR.
Sous le châssis, le H3 Pro reprend une architecture éprouvée, avec deux roues motrices crantées à l’avant pour assurer la traction et une roue pivotante à l’arrière pour guider le robot. Cette configuration lui permet d’effectuer des virages serrés tout en limitant les manœuvres susceptibles d’abîmer ou de labourer la pelouse. Un choix classique, mais efficace et adapté à la plupart des jardins.
Sa principale particularité réside dans son plateau de coupe déporté, capable de se déplacer latéralement pour rapprocher les lames des murs et des clôtures et ainsi limiter les finitions à effectuer sur les bordures.

Le plateau accueille trois lames pivotantes, une configuration classique sur ce type de robot. Considérées comme des pièces d’usure, elles devront être remplacées périodiquement selon la fréquence d’utilisation.
Etrangement Goalker ne commercialise pas encore de lames de rechange sur son site officiel. Heureusement, le format est standard et l’on trouve facilement des modèles compatibles sur Amazon.
Le constructeur annonce une surface de tonte maximale de 1 500 m², ce qui positionne le H3 Pro sur le segment des jardins de taille moyenne.
🛠️ Mise en route
La mise en service commence par l’installation de l’antenne RTK. Nous avons réalisé nos premiers essais dans un environnement très urbain, au sein d’un jardin entouré d’immeubles, et le système n’a pas réussi à obtenir un signal suffisamment stable. Pour fonctionner correctement, l’antenne doit en effet être installée dans un espace relativement dégagé, avec au moins 5 mètres de distance par rapport aux bâtiments et aux arbres, tout en restant à proximité d’une prise de courant (le câble fourni permet une installation jusqu’à une dizaine de mètres environ).

Dans notre cas, obtenir un signal stable aurait nécessité de placer l’antenne au centre de la pelouse. Une solution techniquement efficace, mais peu réaliste au quotidien en raison de l’encombrement et de la présence d’un câble d’alimentation.

Nous avons donc renouvelé l’essai dans un jardin beaucoup plus dégagé. Cette fois, la configuration s’est déroulée sans difficulté : l’antenne RTK a obtenu un signal stable en quelques instants et le robot a pu être configuré normalement.

La première étape consiste à cartographier le jardin. Smartphone en main, il faut guider le Goalker H3 Pro à l’aide de deux joysticks virtuels en suivant le contour de la pelouse. Le robot enregistre progressivement les limites de sa future zone de tonte.
Cette phase demande un peu de précision, notamment au niveau des bordures et des obstacles, mais elle ne doit être réalisée qu’une seule fois. Une fois la carte enregistrée, le robot est prêt à fonctionner de manière autonome.
La cartographie automatique, particulièrement pratique pour les jardins à la configuration simple, n’est pas encore disponible. Le fabricant indique toutefois travailler sur cette fonctionnalité, qui devrait arriver très prochainement via une mise à jour.

📱 L’application
Signalons que seul un petit écran est présent sur la tondeuse en elle-même. Il permet surtout de visualiser le niveau de la batterie, mais ne permet pas de gérer les paramètres de tonte.
La gestion de la cartographie et les principaux réglages s’effectuent depuis l’application mobile. Ce choix ne pose pas de difficulté au quotidien, même s’il peut être un peu moins pratique lorsqu’un autre membre du foyer souhaite prendre ponctuellement le contrôle du robot. L’application propose toutefois une fonction « Partager la tondeuse », qui permet d’en donner l’accès à un autre utilisateur.

L’application regroupe l’essentiel des fonctionnalités : programmation des tontes, réglage de la hauteur de coupe, activation du capteur de pluie, historique des interventions, sens de tonte, opérations de maintenance, gestion du code PIN ou encore mises à jour du firmware.
Les premiers jours, on passe un peu de temps à explorer les menus et à affiner les paramètres. Une fois la configuration terminée, l’application sert surtout à suivre les cycles de tonte et à lancer ponctuellement une intervention.
L’application demande toutefois un petit temps d’adaptation. La traduction française reste par endroits approximative : le calendrier conserve par exemple les initiales anglaises des jours, tandis que certains intitulés comme « Canal » ou « Surveillance du trafic » ne permettent pas toujours de comprendre immédiatement la fonction concernée.

La navigation entre les cartes, les zones et la programmation pourrait également gagner en clarté. Les différentes zones apparaissent bien sur la carte, mais la logique de certains menus n’est pas toujours intuitive lorsqu’il s’agit de les retrouver, de les sélectionner ou de leur attribuer un programme de tonte. Rien de rédhibitoire, mais quelques passages dans les menus sont nécessaires avant de maîtriser pleinement l’application.
🌿 La tonte
Une fois lancé, le H3 Pro ne part pas au hasard. Il travaille par bandes, avec des trajectoires régulières que l’on voit se dessiner dans l’application. Sur la grande parcelle, on suit la surface déjà tondue, l’avancement et le temps restant.
Nous avons également testé le Goalker H3 Pro sur une zone beaucoup plus réduite. Changement d’échelle, mais pas de méthode : le robot planifie ses déplacements de la même manière et l’application affiche en temps réel les secteurs déjà tondus. Qu’il s’agisse d’une petite pelouse ou d’un terrain plus vaste, le H3 Pro conserve une trajectoire méthodique, avec des passages parallèles bien alignés qui assurent une couverture homogène de la surface.
L’application permet également de modifier la direction de coupe, ce qui permet de varier l’orientation des passages et de limiter l’apparition de marques répétitives sur la pelouse.

La tonte est efficace et relativement douce, une caractéristique propre aux robots tondeuses qui coupent l’herbe très régulièrement en ne retirant que quelques millimètres à chaque passage. Résultat : la pelouse reste uniforme, les résidus de coupe sont très fins et se décomposent naturellement, contribuant à nourrir le gazon.
Le Goalker H3 Pro n’est pas un sprinteur : comptez environ une heure pour tondre 100 m², puis près de deux heures pour une recharge complète. Une durée à prendre en compte sur les grandes surfaces, même si le robot gère parfaitement cette contrainte en toute autonomie. Lorsque sa batterie devient trop faible, il retourne de lui-même à sa station, se recharge, puis reprend la tonte là où il l’avait interrompue si la mission n’est pas terminée.
Au quotidien, la vitesse de coupe s’avère donc assez secondaire. Le H3 Pro travaille en arrière-plan sans nécessiter d’intervention et se montre suffisamment discret pour se faire rapidement oublier. Son faible niveau sonore permet notamment de le laisser travailler pendant plusieurs heures sans occasionner de gêne particulière.
🗺️ La gestion des zones
Notre jardin de test est loin d’être un simple rectangle. Il comporte plusieurs pelouses reliées par des passages étroits et des zones distinctes. L’application permet de les cartographier séparément.
Les différentes zones peuvent être reliées par des couloirs de déplacement, que le robot emprunte pour passer d’une pelouse à l’autre sans activer ses lames. Nous lui avons notamment fait traverser une allée en gravier : malgré l’instabilité du sol, il l’a franchie sans difficulté. Sur une bordure mêlant gazon et cailloux, il est également resté sur la partie engazonnée, sans entraîner de pierres dans son système de coupe.
La création des zones d’exclusion demande davantage d’intervention. Impossible de simplement les dessiner sur la carte : il faut guider manuellement le robot avec le smartphone pour en délimiter précisément le contour. L’opération est un peu fastidieuse, mais elle offre l’avantage de tenir compte très précisément des obstacles réels, comme une racine affleurante, un arbre ou un massif. Une fois enregistrées, ces zones interdites se sont montrées parfaitement respectées lors de nos essais.

🏡 Le traitement des bordures
C’est l’un des principaux arguments avancés par Goalker pour différencier son H3 Pro. Inspiré de mécanismes que l’on retrouve sur certains robots aspirateurs, son plateau de coupe peut se déporter latéralement afin de rapprocher les lames des bordures. Le fabricant annonce ainsi pouvoir couper l’herbe à moins de 1 cm d’un obstacle.
Dans la pratique, l’intérêt dépend beaucoup de la configuration du jardin. Face à un mur, le robot conserve nécessairement une petite marge de sécurité : il ne vient pas frotter son châssis contre l’obstacle. Une fine bande d’herbe reste donc à reprendre manuellement, mais elle est sensiblement réduite. Le gain est moins évident le long d’une allée plane que le robot peut déjà chevaucher pour positionner ses lames au-dessus de la bordure.

C’est finalement le long des massifs, des plates-bandes ou de certaines bordures difficiles à chevaucher que le mécanisme prend davantage son sens. Il ne révolutionne pas la tonte et ne dispense pas totalement des finitions manuelles, mais il réduit leur fréquence et leur importance dans certaines configurations. Un petit plus appréciable plutôt qu’un véritable « game changer ».
✋ Détection d’obstacles
Sans surprise, le H3 Pro a détecté la grande majorité des obstacles que nous avons placés sur son parcours et les a contournés sans difficulté.

Nous avons toutefois rencontré un incident qui ne faisait pas partie de notre protocole de test. Un fin fil de fer servant à attacher des plantes, resté dissimulé dans l’herbe, a été happé par le système de coupe. En s’enroulant progressivement autour du plateau, il a fini par bloquer complètement les lames.
Après avoir arrêté le robot, il nous a suffi de le retourner puis de démonter le plateau de coupe à l’aide d’un simple tournevis. Une fois le fil retiré et les quatre vis remontées, le H3 Pro était de nouveau opérationnel quelques minutes plus tard. Cette mésaventure rappelle qu’il est toujours préférable de débarrasser la pelouse des petits objets avant une tonte. Elle montre aussi que l‘accès au système de coupe est simple et que les opérations de maintenance courantes ne présentent pas de difficulté particulière.

💧 Détection de la pluie
Le H3 Pro est équipé d’un capteur de pluie capable d’interrompre automatiquement la tonte lorsque les conditions se dégradent. Encore fallait-il pouvoir le vérifier… Avec la sécheresse qui a marqué notre période de test, la pluie s’est fait attendre. Nous avons donc improvisé une averse à l’aide d’un simple jet d’eau. Le résultat a été conforme à nos attentes : le robot a rapidement détecté l’humidité et est immédiatement retourné à sa station de charge.

Cette fonction est loin d’être anecdotique. Tondre une pelouse détrempée réduit la qualité de la coupe, favorise l’accumulation d’herbe sous le carter et peut laisser des traces de roues, voire des ornières sur les terrains les plus meubles. En suspendant automatiquement son activité, le H3 Pro préserve aussi bien le gazon que le robot lui-même.
Goalker H3 Pro
- Plateau de coupe déporté relativement efficace
- Navigation RTK + vSLAM convaincante lorsque l’antenne bénéficie d’un environnement suffisamment dégagé
- Bonne détection des obstacles
- Zones d’exclusion précises une fois correctement cartographiées
- Entretien relativement simple, avec un accès facile au plateau de coupe
- Prix assez compétitif face à certains modèles RTK concurrents
- Antenne RTK implique un environnement dégagé
- Interface de l’application perfectible
- Cartographie automatique attendu prochainement
- Création des zones d’exclusion assez fastidieuse
- Pas de véritable interface de commande sur le robot
Le Goalker H3 Pro réussit une entrée convaincante sur un marché des robots tondeuses déjà très concurrentiel. Sa navigation combinant RTK, vSLAM et caméras se montre efficace, à condition de disposer d’un environnement suffisamment dégagé pour l’antenne. Une fois installé, il assure une tonte régulière, méthodique et silencieuse, gère plusieurs zones et retourne seul se recharger avant de reprendre sa mission. Son plateau de coupe déporté constitue un plus pour réduire les finitions le long de certaines bordures, sans toutefois les supprimer totalement. On regrette surtout une application encore perfectible, avec une ergonomie parfois déroutante et quelques traductions approximatives. À 749 € en promotion lors de notre test, le H3 Pro offre finalement un rapport équipement/prix intéressant.