[Test] Huawei P20 Pro : enfin un smartphone pour détrôner Samsung ?

9/10

Huawei P20 Pro

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On aime
  • Design agréable
  • Photos de bonne qualité
  • Excellente autonomie
  • Écran d'excellente facture
On n’aime pas
  • Photo un peu trop contrastées
  • Mauvaise gestion des notifications
  • Mode photo studio un peu moyen
Verdict :

Le Huawei P20 pro est un excellent smartphone. Il est une excellente alternative aux Galaxy S9 et S9+ grâce à son appareil photo de très bonne qualité, mais aussi à une excellente autonomie, un design alléchant et de bonnes performances graphiques.

Lire le test

>>> Comparatif : quels sont les meilleurs smartphones ?

5 raisons de craquer (ou pas) pour le Huawei P20 Pro

Alors que Samsung vient tout juste de lancer son nouveau Galaxy S9, le constructeur chinois Huawei a répondu du tac au tac avec le P20 Pro. Si le Galaxy S9 n’innove que peu par rapport au modèle de l’an dernier, difficile d’en dire de même pour le Huawei P20 Pro. Nouveau design avec encoche en haut de l’écran, nouveau coloris et surtout un triple capteur photo à l’arrière. Mais le nouveau smartphone de Huawei a-t-il de quoi faire de l’ombre au haut de gamme de Samsung ? Pour le savoir, la rédaction de Tom’s Guide a testé pour vous le Huawei P20 Pro.

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Oui, pour son design

C’est peu dire que Huawei a innové pour son design du P20 Pro. Même s’il arbore un look similaire à ceux de P20 et P20 Lite, difficile de faire le lien entre cette nouvelle gamme édition 2018 et le Huawei P10 de l’an dernier.

Exit le dos en aluminium brossé ou les rappels de l’iPhone 7. Cette fois l’inspiration est clairement plus à trouver du côté de l’iPhone X, du côté de l’écran, déjà. Comme le dernier iPhone, le Huawei P20 Pro est doté d’un grand écran sans rebord sur les côtés ou sur le haut du smartphone. Comme de plus en plus de constructeurs, contraints par l’emplacement du haut-parleur, de l’appareil photo frontal ou des différents capteurs de luminosité, Huawei a donc choisi d’intégrer une encoche dans son écran. Si Apple et Essential ont été les premiers à faire ce choix de design, on risque de le trouver chez la plupart des hauts de gamme des constructeurs cette année, avec notamment Asus, Wiko et Huawei, mais aussi potentiellement chez OnePlus, LG ou Honor. Du côté de l’écran, on y reviendra, mais on peut d’ores et déjà souligner qu’il occupe près de 82 % de la surface du smartphone. Un score plutôt impressionnant et qui se rapproche des 83 % de l’iPhone X, alors que Huawei a pourtant intégré un lecteur d’empreintes digitales sur la face avant du smartphone, occupant ainsi un peu de place.

Du côté des touches justement, on notera tout d’abord le lecteur d’empreintes digitales, particulièrement efficace et rapide à l’avant, mais aussi un déverrouillage par reconnaissance faciale très pratique. Lorsque vous prenez votre smartphone dans votre main, il sort tout seul de veille puis vient scanner votre visage pour se déverrouiller. Une facilité d’usage grâce à laquelle vous n’avez pas besoin d’appuyer sur la moindre touche pour accéder à votre smartphone et qui peut être déconcertante au départ. On s’est en effet surpris à appuyer sur le bouton de mise sous tension pour sortir le smartphone de veille sans réaliser qu’il l’avait fait de lui-même et qu’on l’avait donc renvoyé en sommeil.

Pour les autres boutons, le P20 Pro propose les deux touches de volume et celle de mise sous tension à droite, peut-être un tout petit peu trop haut, mais toujours relativement accessibles. Il faut dire qu’avec son écran de 6,1 pouces, le smartphone est véritablement une phablette et que ça se ressent à l’usage. Son gabarit est particulièrement proche de celui du Samsung Galaxy S9+. En bas on va retrouver les haut-parleurs et la prise USB-C tandis que sur le dessus, eh bien rien du tout. Huawei a suivi la tendance en retirant complètement la prise jack. Pour écouter de la musique sur un casque, il faudra ainsi nécessairement passer par le Bluetooth, un casque ou des écouteurs USB-C, comme ceux fournis par Huawei ou, plus simplement, par l’adaptateur Jack/USB-C dans la boîte du P20 Pro.

Oui, pour son écran

Pour la première fois sur sa gamme P, Huawei a choisi d’intégrer un écran Amoled sur son P20 Pro. En effet, le Huawei P10 de l’an dernier utilisait un affichage IPS LCD, l’Amoled étant jusque-là réservé aux phablettes de la gamme Mate du constructeur, dont le Huawei Mate 10 Pro.

Visuellement, cela se caractérise par des contrastes particulièrement profonds, mais également une excellente lisibilité même avec une forte luminosité en extérieur. En revanche, Si Samsung a su, au fur et à mesure des années, dompter la technologie Amoled et ses couleurs pétantes, ce n’est vraisemblablement pas le cas de Huawei. L’affichage du P20 Pro propose des couleurs très flashy notamment dans les bleus, les rouges ou les verts. Heureusement, comme à l’accoutumée chez Huawei, il est possible de modifier l’affichage de l’écran dans les menus. Pour ce faire, il suffit d’ouvrir l’option « couleur & et confort des yeux » (sic) dans le menu « Affichage », puis d’aller dans « Mode & température de couleur ». Dès lors, vous n’avez plus qu’à sélectionner « couleurs normales » au lieu de « couleurs vives » pour un rendu plus naturel et moins flashy. C’est dans ce même menu que l’on pourra également modifier la balance des blancs, même si celle par défaut est plutôt efficace quoique tirant légèrement vers le jaune.

Enfin, du côté de la définition de l’écran, le Huawei P20 Pro permet d’afficher 2244 pixels par 1080 pour un ratio de 18,7:9. Avec une diagonale d’écran de 6,1 pouces, cela pousse la résolution à 408 pixels par pouce, un chiffre largement suffisant pour ne pas pouvoir distinguer entre deux pixels à une vingtaine de centimètres de distance, soit la distance moyenne entre les yeux et le smartphone. On notera par ailleurs que Huawei propose également de basculer l’affichage en 1493 pixels par 720 dans le menu « Batterie » puis « Résolution de l’écran », afin d’augmenter l’autonomie du smartphone. Un choix plutôt pratique puisque si ne devrait pas affecter l’énergie dépensée par l’affichage, il devrait économiser des ressources du processeur, et donc de la batterie.

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Oui, pour la qualité des photos

Si Huawei a démocratisé les doubles capteurs photo, intégrant désormais ces doubles objectifs sur l’entièreté de ses appareils, des hauts de gamme aux entrées de gamme, le Huawei P20 Pro est le premier smartphone à être doté de trois capteurs à l’arrière.

Le triple capteur photo arrière du Huawei P20 Pro

Pour comprendre ce choix, il faut revenir aux précédents appareils de Huawei. Jusqu’à présent, le constructeur chinois proposait un capteur monochrome noir et blanc de grosse définition et un second, RGB, de plus basse définition. Cette technologie permettait aux smartphones de prendre des clichés noir et blancs particulièrement définis, mais aussi de zoomer grâce à un système hybride jusqu’à 2,4 %. En fait, le système rognait dans le capteur noir et blanc et émulait les couleurs en fonction. Un système qui permettait de zoomer sans avoir une véritable optique longue focale. C’est désormais le cas sur le P20 Pro. En plus des deux capteurs noir et blanc et RGB, le smartphone est équipé d’un téléobjectif permettant de zoomer à X3 en optique et X5 en hybride, soit une distance focale maximale équivalent à 135 mm.

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Pour évaluer les performances photo du P20 Pro, nous avons comparé ses clichés à ceux de l’une des dernières références de la photo sur mobile, le Samsung Galaxy S9+. Dans les deux cas, nous avons pris les clichés en mode automatique, afin d’avoir un référentiel commun et des modes présents sur les deux smartphones.

 

Sur la première photo, en extérieur avec une église et du ciel, le P20 Pro profite pleinement des capacités en IA du processeur Kirin 970. La photo a augmenté la couleur bleue du ciel afin de mieux le faire ressortir. Vous pouvez retrouver les deux clichés en plein format en cliquant ici pour le P20 Pro et ici pour le Galaxy S9+. On remarque également l’une des marques de la photo chez Huawei, une tendance à contraster fortement les détails afin d’apporter davantage de piqué. Si ce traitement marche plutôt bien pour une photo de paysage, il peut être plus dommageable pour des clichés en faible luminosité. En revanche, on notera que le P20 Pro propose des couleurs plus fidèles que le Galaxy S9+, qui a tendance à chauffer un peu les couleurs, avec une balance des blancs plus chaleureuse, mais moins fidèle.

Pour la photo de nuit, le Huawei P20 Pro gère particulièrement bien les halos lumineux. Si la lumière autour des lampadaires a tendance à être particulièrement forte sur le cliché du S9+, elle est bien amoindrie sur celui du smartphone de Huawei. Par ailleurs, on remarquera que les détails, notamment sur le bitume, sont bien plus présents sur la photo du P20 Pro. Cependant, on notera que la photo est dans l’ensemble plus sombre, notamment à droite de la route, avec des contrastes très importants. Vous pouvez retrouver la photo du P20 Pro ici et celle du Galaxy S9+ là.

La dernière photo, également de nuit, permet de mettre en évidence le problème du P20 Pro dans sa gestion du contraste dans les détails. L’appareil a tendance à tellement accentuer la moindre ligne que sur un plan eu peu touffu comme celui-ci, regorgeant de différentes plantes et de lignes différentes, qu’il est difficile de distinguer les feuilles à travers les ombres. De son côté, si le Galaxy S9+ propose là encore une colorimétrie moins naturelle et plus chaude, le smartphone s’en sort mieux dans se gestion des détails. La photo du Huawei P20 Pro peut être retrouvée en grand format ici, tandis que celle du Galaxy S9+ est ici.

C’est finalement avant tout une question de goût entre les clichés du Galaxy S9+ et ceux du Huawei P20 Pro. Les deux smartphones s’en sortent particulièrement bien en faible luminosité. Si notre préférence va vers le Galaxy S9+ pour la meilleure lisibilité de ses clichés et des contrastes moins prononcée, le smartphone de Huawei propose cependant une meilleure gestion des couleurs. Il a également pour lui de proposer un zoom hybride 5X bien plus performant que celui du Galaxy S9+, comme on peut le découvrir ci-dessous.

Du côté du mode portrait, le P20 Pro ne rajoute rien de nouveau par rapport aux derniers smartphones hauts de gamme de Huawei comme le Mate 10 Pro, très bons avec les capteurs arrière comme le capteur avant pour les selfies. On notera cependant que le smartphone de Huawei intègre désormais un mode studio, comme celui des derniers l’iPhone, qui va générer un fond noir en arrière-plan ou des lumières différentes sur le visage. Si certains portraits peuvent donner un peu de cachet, ce n’est cependant pas le cas de tous et la gestion des contours peut être aléatoire quand ils ne sont pas tout simplement floutés.

Le mode studio (ou éclairage 3D) du P20 Pro peut avoir du mal dans la gestion de la lumière et des contours

Oui, pour ses performances

A l’instar du Huawei Mate 10 Pro ou du Honor View 10, le nouveau P20 Pro est équipé du processeur Kirin 970 de HiSilicon, filiale de Huawei. Au niveau de la mémoire, ce sont 6 Go de RAM et 1285 Go de stockage qui propulsent l’appareil de Huawei.

Concrètement, le Kirin 970 est le premier processeur de Huawei à être équipé d’une partie dédiée au traitement de l’intelligence artificielle. C’est ce NPU (Neural Processing Unit) qui doit permettre peu à peu d’améliorer l’expérience de l’utilisateur sur le long court en analysant son utilisation du smartphone pour optimiser les applications ou les réglages photos. A l’usage cependant, difficile de voir sur le court terme une réelle différence avec un smartphone classique.

Dans la navigation comme dans les jeux, le Huawei P20 Pro est un smartphone particulièrement fluide qui ne ralentit pas et ne souffre d’aucun lag. Seuls les jeux les plus exigeants en ressources 3D mettront légèrement à mal ses performances, sans que cela ne soit rédhibitoire. Il va donc sans dire que les performances du P20 Pro, pour le commun des mortels, sont plus qu’à la hauteur.

Cependant, afin de pouvoir le comparer à ses principaux concurrents, nous avons soumis le Huawei P20 Pro à deux tests distincts. Le premier, Geekbench 4, vient mesurer la puissance de calcul du smartphone tandis que le second, 3D Mark s’occupe plus précisément de la puissance 3D, notamment pour les jeux vidéo.

Pour comparer le Huawei P20 Pro, nous avons soumis cinq autres smartphones à ces mêmes benchmarks : le Mate 10 Pro, équipé du même processeur, le P10, auquel succède le P20 Pro, le Galaxy S9 Plus, référence des smartphones sous Android, le OnePlus 5T, l’un des meilleurs rapports qualité-prix du marché, et l’iPhone X, duquel s’inspire grandement l’appareil de Huawei.


Geekbench 43DMark
Huawei P20 Pro (Kirin 970)
6793
3009
Huawei Mate 10 Pro (Kirin 970)6776
2929
Huawei P10 (Kirin 960)6137
2032
Samsung Galaxy S9 Plus (Exynos 9810)
8864
3284
OnePlus 5T (Snapdragon 835)
6739
3576
iPhone X (A11)
10357
2682

On le constate, le P20 Pro n’a rien à envier au Mate 10 Pro de l’an dernier. Le smartphone parvient même à un score plus élevé que celui du OnePlus 5T pour Geekbench. Il est cependant distancé par les processeurs les plus récents, qu’il s’agisse du A11 d’Apple ou de l’Exynos 9810 de Samsung. Du côté de 3DMark, l’évolution par rapport au P10 de l’an dernier est particulièrement notable, le P20 Pro ayant gagné près de 1000 points par rapport à son prédécesseur, et ce en comptant uniquement le score d’OpenGL. Avec Vulkan, moteur privilégié par Huawei, le résultat monte à 3328, quand celui du Galaxy S9+ plafonne à 2963.

Du côté de l’autonomie, le P20 Pro se révèle aussi bon que le Galaxy S9+ de Samsung était décevant. Équipé d’une batterie de 4000 mAh, contre 3500 pour le S9 Plus, il propose une autonomie de 42 heures, soit près de deux jours, avec un usage quotidien modéré, alternant phases de consultation des réseaux sociaux, de jeu et de veille, avec la jauge de luminosité fixée à mi-hauteur et l’adaptation de luminosité activée. Autant dire qu’on est très loin des 28 heures mesurées sur le dernier smartphone de Samsung, qui nous avait particulièrement déçus de ce point de vue. C’est le cas de le dire.

Oui, pour la personnalisation de l’interface

Comme toujours chez Huawei, le P20 pro est doté de la surcouche Emotion UI (EMUI), ici dans sa version 8.1, ainsi que de la version 8.1 Oreo d’Android. Particularité du constructeur, on se retrouve avec une interface particulièrement riche, qui peut donner une impression de fouillis lorsqu’on la découvre pour la première fois, mais qui permet surtout de personnaliser les différentes options et d’obtenir, après configuration, une interface qui vous conviendra particulièrement.

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Une fois le smartphone configuré pour la première fois, l’interface par défaut ressemble à s’y méprendre à celle de l’iPhone. Il n’y a pas de tiroir d’application, toutes sont affichées par défaut sur l’écran d’accueil. Ce paramètre peut cependant être modifié directement dans les options du P20 Pro, en passant par le menu « Affichage ». Il en va de même pour le plein écran, qui peut être forcé manuellement pour les applications qui ne sont pas conçues pour être étirées, comme les jeux, développés par défaut en 16:9. Comme souvent chez Huawei, on appréciera également la possibilité de personnaliser à foison la barre de paramètres rapides, en haut des notifications, la présence d’un écran Google Now à gauche de l’écran d’accueil, et non pas d’une solution maison comme Bixby ou BlinkFeed, et l’utilisation par défaut de l’excellent clavier SwiftKey.

Surtout, le P20 Pro intègre quelques particularités, notamment pour gérer l’encoche en haut de l’écran, le fameux « notch » en anglais. Dans les options d’affichage, Huawei a ainsi intégré un menu « encoche ». Celui-ci permet de laisser l’affichage coupé par défaut dans la barre de notifications, ou de masquer l’encoche en affichant constamment le barre de notifications avec un fond noir. Ainsi, l’encoche, que certains peuvent considérer comme disgracieuse, disparaît grâce au très fort contraste de l’écran Amoled, tandis que les icônes de notifications restent bien présentes en gris. Une bonne solution pour les utilisateurs allergiques au « notch », d’autant que la barre noire reste affichée même dans les jeux ou dans la galerie photo. En somme, pour ceux qui le souhaitent, Huawei permet de donner un air de Galaxy S9 à son P20 Pro, avec une légère bordure en haut de l’écran, tout en permettant d’y afficher ses notifications.

Cependant, et c’est probablement ce qui nous gêne le plus avec l’encoche du P20 Pro, on regrette la mauvaise gestion des icônes de notification et des icônes système. Traditionnellement sur Android, les icônes système sont affichées à droite de la barre, tandis que les notifications le sont à gauche. Une disposition reprise par Essential pour son PH-1 malgré le notch. Pour le P20 Pro, on se retrouve parfois avec l’icône du Wi-Fi tout à gauche de la barre, suivie par l’icône NFC, puis des icônes de notification avec de retourner à des icônes système à droite comme le Bluetooth ou le réveil. On s’y perd un petit peu et on a l’impression d’avoir une dizaine de notifications en permanence quand bien même il s’agit surtout d’icônes de statut.