[Test] Nokia 8.1 : à quelques centimètres du podium

8,5/10
On aime
  • L'affichage
  • La puissance du CPU pour un usage classique
  • Le design sympathique
  • Android One
On n’aime pas
  • L'autonomie un peu juste
  • Pas de vidéo en Full HD sur Netflix
  • Le prix un tout petit peu élevé (mais pas beaucoup)
Verdict :

Le 8.1 est un smartphone sur lequel on peut compter, tant pour la photo que pour les performances au quotidien. Son design « à la Nokia », mais finalement très inspiré, a également de quoi séduire. Dommage qu’il soit quelques dizaines de trop et qu’il ne supporte pas les vidéos en Full HD protégées par DRM, parce qu’il serait directement rentré dans notre top 5 des meilleurs appareils du moment. Allez Nokia, encore un effort : vous touchez au but.

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Depuis sa séparation d’avec Microsoft et son rattachement à HMD Global Oy, Nokia n’a jamais sorti autant d’appareils : Nokia 1, Nokia 2.1, Nokia 3.1, Nokia 5.1, Nokia 6.1 et Nokia 7.1 sont autant de modèles que l’on trouve aujourd’hui un peu partout. Et encore, nous n’avons pas mentionné les versions Plus ni le 8 Sirocco (ah si, c’est fait). Bref, on profite désormais d’une douzaine de références qui n’existaient pas il y a encore deux ans, tant et si bien qu’il est parfois difficile de s’y retrouver, car la plupart des modèles sont finalement assez proches les uns des autres. Dans cette pléthore d’appareils, on découvre cependant un modèle qui se détache un peu plus du lot. Le Nokia 8.1 profite d’un bon petit processeur (un Snapdragon 710) et il s’avère surtout taillé pour la photo si l’on en croit son fabricant. Alors que vaut vraiment ce nouveau smartphone qui dispose de nombreux atouts sur le papier et qui s’affiche à moins de 400 euros ? Nous avons testé l’appareil et vous livrons ici même nos conclusions.

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1 – Oui parce que son design est sobre et efficace

Le Nokia 8.1 est un smartphone qui profite d’un écran de 6,18″ et d’un format d’affichage en 1080 x 2280 pixels (18,7:9 / 408 ppi). Sur le côté droit de l’appareil, on trouve les boutons de volume, ainsi que celui dédié à la mise sous tension. Si, au bas du smartphone est situé le port USB-C, on dispose néanmoins d’un port Jack 3,5″ tout en haut. De quoi satisfaire celles et ceux qui continuent à utiliser un casque filaire et qui ne souhaitent pas faire appel à un adaptateur (ou qui veulent tout simplement charger leur smartphone tout en écoutant leur musique).

En façade, il est pourvu d’une encoche destinée à accueillir le capteur photo à selfie : son occupation d’écran par rapport à sa surface totale est de 81,2%. Pas de quoi s’extasier si on compare l’appareil à un modèle comme le Mi Mix 3 de Xiaomi, dont le ratio atteint les 85% grâce à son capteur photo dissimulé dans un tiroir coulissant. Ou même le OnePlus 6T, qui dispose d’un taux d’occupation de 85,6% obtenu grâce à son capteur en forme de goutte d’eau.

Et pourtant, l’appareil est loin d’être déplaisant, tant sur le point esthétique que de la prise en main. Pourvu d’un dos argenté (du moins pour le modèle que nous avons eu entre les mains), ce smartphone est également nanti d’un pourtour métallique rosâtre. Les deux coloris s’assortissent plutôt bien, d’autant que Nokia a arrondi les arrêtes : malgré la grande taille de l’appareil, l’utilisateur n’aura donc pas l’impression d’avoir une « brique » en main. Le poids de l’appareil est également dans la moyenne, puisqu’il fait 180 grammes. À titre de comparaison, un OnePlus 6T pèse 185 grammes, un Oppo RX17 Neo 156 grammes, tandis qu’un Mi Mix 3 atteint les 218 grammes.

2 – Oui, parce que le 710 est toujours un bon processeur

Fonctionnant sous Android One, l’appareil bénéficie d’un Snadragon 710. On trouve ce même processeur sur le Redmi 7 de Xiaomi, le Z5 Pro de Lenovo ou encore le RX17 Pro d’Oppo, celui-là même que nous avons testé très récemment. S’il ne s’agit pas du CPU le plus rapide du marché, celui-ci tient pourtant largement la cadence dans toutes les tâches quotidiennes qu’on lui impose. C’est même un très bon processeur tant que l’on n’exige pas de lui d’effectuer des calculs démesurés. En clair, si vous n’êtes pas un acharné de Fortnite, que vous ne passez pas votre temps à traquer le moindre saut de framerate, vous devriez largement y trouver votre compte.

Côté mémoire, on dispose de 4 Go de RAM et de 64 Go d’espace de stockage. Pas de quoi sauter au plafond, mais il est possible d’adjoindre à l’appareil une microSD, laquelle permet d’ajouter au plus 400 Go d’espace.

Et l’autonomie dans tout ça ? Avec sa batterie de 3500 mAh, celle-ci est très correcte, même si on était en droit d’en attendre un peu plus. L’appareil est capable de tenir un peu moins d’une journée et demie en usage classique (du web, de la vidéo streamée, de la musique, du GPS, de la téléphonie… le tout pendant une heure chacun par jour). En termes d’autonomie donc, on pourra lui préférer le Pocophone F1, le OnePlus 6T ou même le P Smart 2019, qui lui, dispose d’une batterie pourtant moins performante. Mais ce n’est pas si mal, loin de là.

Geekbench 4 Multicore3DMark Slingshot Extreme
Nokia 8.1 (Snapdragon 710)59091835
Oppo RX17 (Snapdragon 710)59521857
Honor 8X (Kirin 710)5645956
Xiaomi Mi A2 (Snapdragon 660)46091275
Honor View 20 (Kirin 980)97183578

3 – Oui, parce que ses capteurs photo font correctement leur travail

C’est aujourd’hui le nerf de la guerre et Nokia, comme la quasi totalité des fabricants de smartphones, l’a bien compris : les capteurs photos à l’arrière et en façade se doivent d’être irréprochables. À l’arrière, on trouve un double capteur photo : l’un en 12 MP (ouverture 1/2.55’’, 1.4um) et un autre de 13 MP dédié à la profondeur de champ.

Et les clichés qui en résultent s’avèrent de très bonne facture, que ce soit en plein jour, comme en faible luminosité. On notera cependant des images parfois un peu sombres (mais pas toujours), comme le montrent la photo ci-dessus. Mais même en désactivant le flash et de nuit, les photos sont détaillées, sans pour autant souffrir d’un « bruit » trop prononcé. En clair, une fois le cliché de nuit réalisé, vous pouvez le recadrer et zoomer sur une partie de l’image : vous obtiendrez un résultat exploitable. Notez cependant que la prise de vue nocturne ne doit pas être trop émaillée de sources lumineuses (phares de voitures, enseignes lumineuses, lampadaires…). Faute de quoi le Nokia 8.1 peine à faire la distinction entre les zones sombres et les zones trop lumineuses et finit par « flouter » l’ensemble. 

Le capteur photo frontal en 20 MP (ouverture FF/0.9um) fait lui aussi son travail à peu près correctement, mais on pourra lui reprocher quelques problèmes d’étalonnage colorimétrique et de luminosité, même si le niveau de détails est satisfaisant.

4 – Oui, parce que c’est Android One, un point c’est tout

Si le smartphone palpite à l’aide de la version 9 d’Android (Android Pie), on bénéficie en réalité, comme sur tous les modèles de la marque Nokia, d’Android One. Pour mémoire, il s’agit d’une version très proche d’Android Stock, laquelle reste la plus « pure » qui soit. Si Android One offre quelques ajouts, dédiés principalement à la sécurité, il fait fi de toute surcouche encombrante. Inutile de vous dire qu’il s’agit de l’un des points forts de l’appareil. Certes, on pourra toujours trouver qu’il y manque certaines fonctionnalités (la gestion de l’encoche, par exemple), mais c’est finalement d’un système épuré dont on profite ici, et c’est nettement plus appréciable que de devoir subir une surcouche et ses applications impossibles à désinstaller.

5 – Non, parce que tout n’est pas parfait au royaume de Nokia

Il semble que l’obtention des droits d’accès aux DRM vidéo soit aujourd’hui une véritable prise de tête pour les constructeurs de smartphone. C’est le cas notamment chez Xiaomi, qui n’offre toujours pas de Full HD streamé depuis Netflix sur ses Pocophone F1 et autres Mi Mix 3. Et c’est aussi le cas sur le Nokia 8.1 testé ici, qui ne prend pas en charge le Widevine L3. Nous n’avons donc pas été en mesure de dépasser le 960 x 540 sur Netflix, ce qui est un peu embêtant pour un téléphone capable d’afficher 2280 x 1080 pixels à l’écran.

Autre point sensible : le prix. Si l’appareil s’affiche à 399 €. En théorie, c’est très correct… Sauf que depuis quelque temps déjà, on trouve des smartphones encore plus puissants (équipés d’un Snapdragon 845, donc) à des prix similaires, voire inférieures au Nokia 8.1. Le Pocophone F1 mentionné précédemment en est un parfait exemple, mais il y en a d’autres. Le OnePlus 6 a vu son prix drastiquement chuté depuis la sortie du 6T, et il n’est pas rare de le trouver aux alentours des 350 euros. Au final, si Nokia avait vendu son smartphone 50 ou 80 euros de moins, l’appareil aurait constitué le modèle totalement incontournable de ce début d’année. Mais à 399 euros, on y réfléchit à deux fois. A moins d’attendre une petite baisse de prix de la part du constructeur, qui sait ?