[Test] Nebula Capsule : que vaut le picoprojecteur autonome d'Anker ?

Sous la marque Nebula, le Capsule est ainsi né. Un appareil de la taille d’une cannette de soda, avec un son à 360°, une batterie intégrée et embarquant une configuration capable de supporter Android. Un objet complet sur le papier qui promettait de tenir dans sa poche un cinéma à lui tout seul.

Fort de son succès sur Indiegogo, la marque chinoise a ensuite lancé son picoprojecteur sur le marché classique. La France est aujourd’hui servie et il est temps de voir si le résultat est aussi bon qu’annoncé.

Oui, pour son design

C’est vrai qu’il est petit ce projecteur. Il tient dans la main et pèse moins de 500 grammes. Il pourrait n’être qu’une enceinte Bluetooth qu’on ne lui en voudrait pas. Il est livré avec une pochette de transport qui évite d’abîmer sa coque et surtout d’exposer la vitre de sa lentille, laquelle n’est pas protégée sinon.

Un bouton circulaire le surplombe. Il contrôle à lui seul toutes les commandes de l’appareil. Une télécommande vient en faciliter l’utilisation à distance. En dessous, on trouve un taraudage qui permet de le fixer sur un pied photo ou son accessoire propre vendu séparément. Dès lors aucun besoin de le poser sur un meuble pour l’utiliser en projection.

Dans le cas inverse, il lui faut un support et surtout un support à la bonne hauteur afin que l’image s’affiche au bon endroit. Il ne dispose pas de correction de trapèze horizontal et doit donc être placé face à la surface de projection. En revanche, il peut être incliné vers le bas ou le haut puisqu’il est capable de recalculer en temps réel la déformation verticale de l’image et de la corriger automatiquement. En revanche, dans cette situation, il faut souvent ruser avec de petites cales pour orienter correctement l’image, ce qui met en péril la stabilité du projecteur.

Oui, parce qu’il est autonome

C’est la vraie bonne idée de ce picoprojecteur. Il intègre une batterie, laquelle lui permet d’être totalement autonome et donc utilisable dans n’importe quelle condition. En vacances, sous la tente, sur un mur extérieur, il suffit de l’allumer pour disposer en quelques secondes d’une image allant jusqu’à 100 pouces en plein milieu d’un champ si l’on veut.

Et si l’on tient compte de sa compacité, on s’aperçoit qu’on peut  aussi le balader facilement entre les pièces de la maison. Dans la cuisine pour suivre une recette, dans la chambre pour regarder une série, c’est à chacun d’en trouver un nouvel usage. Pour ma part, je l’ai mis plusieurs fois à contribution pour diffuser des dessins animés sur le mur de la chambre des enfants. Il nous a sauvés quelques soirées entre amis !

De 5200 mAh, la batterie du Capsule est suffisamment imposante pour lui octroyer 2 heures de lecture vidéo (en streaming). Certes, on oublie tout de suite la trilogie du Seigneur des Anneaux, mais pour la plupart des films c’est suffisant pour arriver jusqu’au générique sans voir une prise. En écoute musicale, on peut en revanche monter jusqu’à 30 heures en Bluetooth.

La charge s’effectue par microUSB. En théorie, elle ne demande qu’une heure pour regagner 70 % d’autonomie et 2h30 pour être complétée à 100 %. Lors de notre test, branché à une prise secteur, le Capsule n’avait regagné que 12 % en 1h30 de charge et 23 % au bout de 2h30. On semble être loin de la promesse initiale quant à la durée de charge.

Non, parce que son magasin d'applications est vide

Si le Nebula Capsule fonctionne bien sous Android, il ne dispose pas de tous les ingrédients du système de Google. Ainsi, il faut par exemple faire sans le Play Store. Le magasin d’applications de Google est aux abonnées absents, même son catalogue Android TV, qui aurait pris tout son sens ici, n’est pas disponible. A la place, il faut faire avec Aptoide TV, un « AppStore optimisée pour votre Box et Smart TV », dixit ses concepteurs. Malheureusement, son offre est loin d’être équivalente à celle du Play Store. On n’y trouve pas Molotov TV, par exemple. Pas de TNT en streaming du coup. Côté Netflix, on n’a droit qu’à un raccourci qui redirige vers la version Web du service. Pas très pratique.

Heureusement, il est possible de contourner cette limitation, mais la voie empruntée n’est pas destinée aux néophytes. Équipé d’Android 7.1, le Capsule autorise l’installation d’APK, le pack utilisé par les applications Android. Pour le cas de Molotov TV, par exemple, il faut télécharger son APK depuis un site comme APKpure ou APKmirror. Ensuite, il doit être chargé sur une clé USB que l’on branche après sur le Capsule via le dongle USB/microUSB fourni dans la boîte. Le gestionnaire de fichiers permet enfin d’installer l’APK afin de profiter de son application sur le Capsule.

Une démarche assez alambiquée qui ne fonctionne pas non plus pour toutes les applications. Lors de notre test, nous sommes ainsi parvenus à lancer Molotov TV et Google Chrome. M6 Replay a retourné une erreur à son lancement et l’APK du Play Store de Google plantait immédiatement. Quant à Netflix, l’installation de son APK n’a rien fait. Le Capsule continuait de lancer la version Web du service, malgré la désinstallation préalable de l’application d’origine.

Non, parce qu'il n'est pas compatible Chromecast

Faute d’applications, on a voulu "chromecaster » depuis un smartphone. Après quelques recherches, on s’aperçoit que le Capsule n’est pas équipé du système de diffusion sans fil de Google. A la place on doit faire avec Miracast ou Airplay, deux systèmes qui ne fonctionnent qu’en recopie d’écran et surtout qui ne permettent pas de diffuser des contenus protégés par des droits d’auteur.

En somme, on regrette amèrement que Chromecast soit aux abonnés absents. Il est toujours possible d’en brancher un en HDMI, mais il faudra alors l’alimenter en externe, le Capsule ne possédant pas de sortie USB alimentée. Un comble pour Anker qui est spécialisé dans les batteries externes.

Oui, pour son application compagnon

Comme dit précédemment, Netflix n’est pas ici une application propre, mais un raccourci. En lançant le service, on nous demande d’installer une application compagnon nommée Capsule Control. Disponible sur iOS et Android, cette dernière fournit une télécommande plus aboutie que celle livrée d’origine. Elle permet d’accéder à une souris virtuelle ainsi qu’à un clavier, deux éléments essentiels pour faire ses recherches sur Netflix, YouTube et consorts.

Si le smartphone et le Capsule sont sur le même réseau Wi-Fi, l’application reconnaît automatiquement l’appareil, et ce à chaque démarrage ce qui est très pratique. Son interface est simple et son utilisation très réactive. C’est un bonheur de piloter le vidéoprojecteur avec elle.

Non, pour sa définition d'image

854 x 480 pixels. Tout est dit. La définition de ce DLP est à mille lieues des standards actuels surtout pour le tarif auquel il est distribué : 550 €.

En 2018, un picoprojecteur de ce niveau de gamme se doit de proposer au minimum du 720p. De quoi lire confortablement des contenus en Haute Définition, que ce soit un Blu-ray, un film sur Netflix ou un jeu sur une Xbox 360, une PS3 ou encore une PS4. En 480p, le Capsule n’atteint même pas la définition native du DVD qui est en 576p. A ce titre, pour la qualité de l’image, on le cantonnera au statut de projecteur d’appoint bien que son tarif ne corresponde pas à cette fonction.

Pour beaucoup moins cher, on trouve aujourd’hui le LG Minibeam PH150G à 265 € qui affiche  en 1280 x 720 pixels (soit du HD 720p) avec une luminosité de 130 lumens (contre 100 pour le Capsule). Philips propose un picoprojecteur autonome du même calibre  avec le PPX4835. Vendu 370 €, il offre une même définition pour une luminosité améliorée de 350 lumens, de quoi en profiter hors du noir complet.

Alors certes, ces deux picoprojecteurs ne disposent pas d’une enceinte intégrée ni d’un système embarqué, mais côté image, ils proposent beaucoup mieux pour un prix moindre.

Un point sur le prix

En France, Anker distribue son DLP à 550 €. Outre-Atlantique on le trouve à 350 $, un prix beaucoup plus acceptable aux vues de ses prestations.

Et cette différence de tarif ne se réduit que peu lorsqu’on ajoute au prix américain les 20% de taxes françaises. Selon Anker, ce sont les canaux de distribution qui font grimper la note dans l’Hexagone.

Quoi qu’il en soit, le meilleur plan pour l’acheter aujourd’hui c’est en Grande-Bretagne, via amazon.co.uk. Là, elle est affichée à 480 €, livraison comprise, et tombe à 425 € grâce à une réduction de 12% actuellement pratiquée sur ce produit, ce qui reste cher pour ce produit.

Posez une question dans la catégorie Dossiers du forum
Cette page n'accepte plus de commentaires
Soyez le premier à commenter
Commenter depuis le forum
    Votre commentaire