La montée en puissance de BYD transforme le paysage mondial de l’automobile.

Le constructeur chinois, longtemps perçu comme un acteur émergent de la voiture électrique, s’est imposé en 2025 au 6e rang mondial des ventes, dépassant pour la première fois Ford. Cette avancée symbolise bien plus qu’un simple changement de classement. Elle illustre le basculement du pouvoir dans l’industrie automobile vers les acteurs chinois à l’ère de l’électrique.
L’ascension du groupe est spectaculaire
En 2020, BYD vendait environ 190 000 véhicules par an. En 2022, ce chiffre frôlait déjà les 2 millions, et en 2025, le groupe a écoulé 4,6 millions d’unités, soit une hausse de 7,7 % sur un an. À l’inverse, Ford a connu un recul de ses ventes mondiales, tombant à environ 4,4 millions de véhicules, pénalisé par une transition électrique coûteuse et complexe, avec 19,5 milliards de dollars investis dans la réorganisation de sa gamme électrique.
Si des modèles comme le Mustang Mach-E ou le F-150 Lightning séduisent une partie du marché, ils ne suffisent pas à contrer la pression des constructeurs chinois sur des segments clés, ni à compenser l’érosion des ventes de thermiques sur certains marchés.
La stratégie de BYD est simple mais efficace : ne proposer que des véhicules 100 % électriques ou hybrides rechargeables, avec une gamme couvrant citadines, compactes, berlines et SUV. Des modèles comme le Dolphin, l’Atto 3 et le Seal séduisent à la fois en Chine et à l’export. La maîtrise de sa chaîne de production, notamment des batteries, lui permet de réduire ses coûts et de pratiquer des prix compétitifs, renforçant sa position dans la “guerre des prix” chinoise.
En parallèle, BYD accélère ses exportations. En 2025, près d’un quart de ses ventes, soit environ 1,1 million de véhicules, ont été écoulés hors de Chine, avec des implantations industrielles en Hongrie et bientôt en Turquie pour se rapprocher des marchés européens.
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Pour 2026, BYD devra cependant composer avec des défis internes. Le ralentissement des ventes et la réduction progressive des subventions aux véhicules électriques en Chine, ainsi que la pression des autorités contre une guerre des prix jugée trop agressive, pourraient peser sur la rentabilité. D’où l’importance stratégique de l’export et du développement international pour assurer une croissance durable.
Stellantis dans le viseur du constructeur chinois
Derrière Ford, le constructeur chinois vise maintenant Stellantis, cinquième mondial avec 5,48 millions de véhicules. Au sommet, Toyota conserve sa position de leader avec 11,3 millions de véhicules, devant Volkswagen et Hyundai-Kia.
Mais au-delà des chiffres, le dépassement de Ford par BYD symbolise un changement majeur. La Chine n’est plus seulement un marché, elle devient le centre mondial de l’innovation et de la croissance dans l’électrique. Pour les acteurs historiques, cette révolution impose une adaptation rapide des gammes, des prix et du rythme de transition vers l’électrique, sous peine de céder durablement le terrain aux constructeurs chinois.
Source : Automobile Magazine