Accueil » Test » Essai Biró : on a testé le plus petit véhicule électrique à quatre roues

Essai Biró : on a testé le plus petit véhicule électrique à quatre roues

Spécialisée dans les petits véhicules électriques, Birò s’installe en France avec un modèle ultra compact pour la ville. Nous l’avons essayé.

L’idée de Matteo Maestri était de créer le plus petit véhicule électrique à quatre roues. Derrière son entreprise Estrima, créée en 2008, il accouche du Birò. Ce nouveau moyen de locomotion a des allures de voiturette de golf. Ses dimensions sont très restreintes : 1,74 x 1,03 x 1,56 m. En tout, le véhicule occupe 1,80 m2, soit un poil plus qu’un Piagio MP3, comme nous l’explique Matteo Maestri.

L’objectif du Birò est d’offrir une alternative aux voitures classiques, imposantes et peu pratiques en ville.

Image 1 : Essai Biró : on a testé le plus petit véhicule électrique à quatre roues
Birò ©Tom’s Guide

Deux motorisations et un système de charge ingénieux

Birò se décline en deux motorisations :

  • Birò (L6e) : sans permis (dès 14 ans), 55 km d’autonomie, vitesse max de 45 km/h, batterie amovible.
  • Birò Bolt (L7e) : nécessite un permis, 100 km d’autonomie, vitesse max de 60 km/h, batterie fixe.

Dans le cas du Birò L7e, la batterie est sous les sièges. Elle ne bouge pas. Il faut brancher son véhicule à son domicile. Amusant, le câble de charge est un bête cordon électrique de PC à trois broches. C’est pas cher et on en trouve partout.

Image 2 : Essai Biró : on a testé le plus petit véhicule électrique à quatre roues
Le câble de charge

Néanmoins, puisque le Birò est taillé pour la ville, difficile de ne pas penser à ceux qui n’ont pas de parking. Le L6e dispose quant à lui d’une batterie amovible, comme un scooter ou un vélo électrique. Accessible depuis un compartiment arrière, elle se présente comme une petite valisette. Compter une dizaine de kilos. Mais elle est sur roulette. De quoi la monter en appartement aisément, pour peu que l’on ait un ascenseur. Là, elle se charge sur secteur classique.

Démonstration de la batterie-valise de Birò

Birò ne prend pas le virage de la charge rapide. Puisque son véhicule doit se charger aisément sur une prise de courant lambda, il ne charge qu’à 1,5 kWh, une habitation conventionnelle supportant du 3 kWh. Il faut 6 heures pour une charge pleine du L7 (100 km) et 4 heures pour le L6 (55 km). Dans un usage urbain, cela nous semble correct, mais cela interdit de se déplacer beaucoup plus loin, à moins d’avoir du temps à tuer pendant la charge éventuelle.

Un véhicule compact et agile

Deux carrosseries sont disponibles (en ABS), Birò et Birò Big, afin de satisfaire tant le particulier que le professionnel avec un large espace de stockage à l’arrière, par exemple. Le Birò est conçu sur un châssis tubulaire. Fabriqué dans une usine de cabine de sûreté, la caisse est réputée très solide. Les arches sont fines grâce à la conception tubulaire. Cela permet au Birò d’afficher de larges surfaces vitrées. La vision est donc parfaite à son bord.

Image 3 : Essai Biró : on a testé le plus petit véhicule électrique à quatre roues
Birò ©Tom’s Guide

La maniabilité est très confortable avec un rayon de braquage réduit. Elle est agile et se pilote aisément. Les manoeuvres à son bord ne sont pas compliquées grâce à l’excellente vision périphérique. Côté empatement, on peut garer quatre Birò sur un seule emplacement de voiture.

Avec ça, on est assuré de trouver une place à côté de la boulangerie à Paris, contrairement à une voiture classique. Sur ce point, Matteo Maestri explique que « circuler librement dans une ville ne signifie pas forcément d’être libre d’aller partout, mais surtout de s’arrêter où l’on veut et quand on veut ». Là, on peut dire que c’est réussi.

Un équipement rudimentaire, mais efficace

A l’intérieur, on trouve deux places très rapprochées. Il vaut mieux ne pas avoir un trop grand tour de taille. Les commandes sont relativement épurées. Les comodos classiques s’y trouvent : clignotants, phares, klaxon et un frein à main. La boîte de vitesse se matérialise par un unique bouton pour enclencher la marche avant ou la marche arrière.

Image 4 : Essai Biró : on a testé le plus petit véhicule électrique à quatre roues
Birò ©Tom’s Guide
Image 5 : Essai Biró : on a testé le plus petit véhicule électrique à quatre roues
Birò ©Tom’s Guide

A cela s’ajoutent quelques éléments de conforts comme une prise USB, un support de smartphone et même un parapluie, de série. Un emplacement pour autoradio est disponible. Sur ce point, Birò aurait pu faire le choix d’une enceinte Bluetooth, bien plus en phase avec l’époque actuelle. Un petit plus que l’on a avec l’Ami de Citroën, concurrente du Birò.

Image 6 : Essai Biró : on a testé le plus petit véhicule électrique à quatre roues
Birò ©Tom’s Guide

Le Biro n’est pas fait pour les grands

L’habitabilité est limitée en largeur comme nous avons pu le dire. Il en est de même en hauteur. Si vous mesurez 1,90 m ou plus, vous toucherez le pavillon.

Des rangements un peu partout

En fonction du modèle choisi, on aura plus ou moins de rangements. Si l’on excepte le Birò Big et son installation de caissons, on a un rangement de 41 litres derrières les sièges et un autre équivalent à l’arrière sur la version Bolt, avec batterie fixe. Sur l’autre, c’est tout simplement l’emplacement de la batterie. Une boîte à gants complète l’ensemble.

Image 7 : Essai Biró : on a testé le plus petit véhicule électrique à quatre roues
Birò offre un espace de rangement caché ©Tom’s Guide
Image 8 : Essai Biró : on a testé le plus petit véhicule électrique à quatre roues
Birò Big a un coffre à la place de la batterie amovible ©Tom’s Guide

Une position de conduite pas du tout optimale

Passons à ce qui nous a le plus embêté durant notre essai parisien : la position de conduite. A cause des dimensions très réduites de son quadricycle, Birò ne place pas le volant face au conducteur. Il est décalé vers la droite. S’ensuit une position de conduite absolument contreintuitive.

Les sièges ne sont pas réglables et ce volant non plus. On est arqué vers l’avant ce qui n’est pas agréable. Et le pédalier n’arrange rien à l’affaire. Trop proche du conducteur et centré sur l’habitacle, il rend impossible son utilisation pied au sol. Si l’on fait ainsi, le pied est en permanence en dorsiflexion.

Image 9 : Essai Biró : on a testé le plus petit véhicule électrique à quatre roues
La mauvaise position de conduite de Birò ©Tom’s Guide

Birò a tenu compte de nos critiques et nous assure qu’une V2 est déjà prévue pour la fin de l’année et devrait corriger ces soucis. Un aveu qui ne peut qu’encourager les intéressés à patienter un peu.

Image 10 : Essai Biró : on a testé le plus petit véhicule électrique à quatre roues
Des pédales au centre… ©Tom’s Guide

La télématique, le petit plus techno

Le Birò est aussi un élément technologique par son équipement. Il dispose d’une télématique intégrée. Celle-ci permet via une application compagnon d’accéder à diverses informations comme la charge restante ou l’emplacement du quadricycle. Il peut être partagé entre plusieurs utilisateurs, mais on demeure sur un système à clé. Un démarrage via smartphone aurait été plus polyvalent pour un transport partagé.

Birò : le prix est-il un problème pour vous ?

Le « fabriqué en Italie » se paye au prix fort. Le Birò démarre à 10800 € pour sa version de base, sans permis et sans portes. C’est beaucoup d’argent pour une voiturette de ville.

Ce n’est pas une voiture électrique principale, mais un second couteau, un peu à la manière de l’Ami de Citroën ou à la Twizy de Renault. Et la comparaison est criante puisque ces deux véhicules sont affichés à moins de 8000 € chacune. La différence est donc de taille.

Birò met en avant son service après-vente à domicile, sa télématique embarquée de base, sa construction européenne. A chacun de voir si ces points valent 3000 €.

Birò a aussi un service d’occasion. Plus intéressant, il permet de toucher un véhicule à 6000 € environ. Celui-ci est totalement reconditionné. Sans doute une alternative à étudier.

Verdict

Nous avons apprécié la compacité du Birò. C’est agréable à conduire dans une grande ville, on ne se faufile pas dans le trafic, mais on trouve des places aisément. Il faisait beau et, sans portes, la conduite est agréable. L’ingénieuse batterie-valise nous a conquis également, tout comme le câble de charge générique. Les performances sont suffisantes en ville.

Mais le gros point noir demeure la position de conduite. En l’état, nous ne saurions parcourir les 55 km d’autonomie sans avoir mal aux articulations. Dos, épaules, pieds, tout y passe pour un gabarit moyen (1,77 m pour 76 kg). Il faut vraiment que le volant soit repositionné et le pédalier éloigné. A voir sur la V2.