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L’explosion de Beyrouth a secoué les plus hautes couches de l’atmosphère

La terrible explosion qui a eu lieu le 4 août dernier et qui a fait 210 morts était si violente que même l’ionosphère a subi l’onde de choc.

Le 4 août 2020, une forte explosion a eu lieu dans un hangar de stockage de produits chimiques du port de Beyrouth. Cette explosion, de la puissance d’une petite bombe nucléaire, est l’une des plus puissantes déflagrations non nucléaires jamais constatées.

Image 1 : L’explosion de Beyrouth a secoué les plus hautes couches de l’atmosphère
Explosion de Beyrouth. Crédit : Mikhail Alaeddin/Sputnik pour l’AFP

L’onde de choc était si importante qu’elle s’est propagée au sol, mais aussi dans les airs jusqu’à impacter l’ionosphère de manière significative. Selon des scientifiques de l’université d’Hokaïdo, les dégâts seraient plus importants que ceux provoqués par le Mont Asama, volcan qui était entré en éruption en 2004.

L’ionosphère secouée

L’ionosphère est la couche supérieure de notre atmosphère. Elle démarre aux environs de 60 km d’altitude pour s’étendre au-delà des 1 000 km. Son nom vient du fait que les gaz qui la constituent se retrouvent ionisés par les rayons UV du soleil.

Peu connue du grand public, elle donne néanmoins naissance à l’un des plus beaux et mystérieux phénomènes : les aurores polaires. Elles ont pour origine le transfert d’énergie entre la magnétosphère et la plus haute couche de l’ionosphère. La décharge électrique qui en résulte suit les lignes du champ électromagnétique de la Terre et donne naissance à un phénomène lumineux dont les mécanismes restent encore méconnus.

En réalisant des mesures de déphasage dans les transmissions des satellites, les scientifiques japonais avec l’aide de leurs homologues de l’Institut national indien de technologie ont pu se rendre compte de l’impact de l’explosion sur cette couche de haute altitude.

Le but de l’étude publiée dans la revue Scientific Reports était de s’assurer qu’il n’y avait pas de conséquences cachées après l’explosion. À noter que selon l’un des chercheurs, Heki Kosuke, une onde de choc aurait traversé l’ionosphère à la vitesse de 800 à 900 m/s soit l’équivalent de la vitesse d’une balle de fusil d’assaut de type M4 à la sortie du canon.

Du nitrate d’ammonium en grande quantité

Selon l’enquête, l’explosion serait due au nitrate d’ammonium. D’après les scientifiques, la puissance de l’explosion permettrait d’estimer qu’il y avait entre 2700 et 2800 tonnes de ce composé chimique tristement célèbre dans l’entrepôt. En effet, la catastrophe n’est pas sans rappeler celle de l’usine AZF de Toulouse le 21 septembre 2001, à peine 10 jours après les attentats du World Trade Center.

Le nitrate d’ammonium s’obtient par le mélange d’ammoniaque avec de l’acide nitrique. Il sert principalement comme base de fabrication pour les engrais chimiques. Au contact de l’eau, se produit une réaction endothermique (qui absorbe de la chaleur) et peut donc servir à la création de poche de froid instantané.

Ce composé est un puissant comburant (qui favorise la combustion) qui doit être stocké avec beaucoup de précautions, car il est également extrêmement réactif. De plus, lorsqu’on le mélange avec un hydrocarbure comme le gasoil, il se transforme en un puissant explosif utilisé par exemple dans l’exploitation minière.

Une explosion de cette ampleur laisse des traces dans les esprits, mais aussi sur l’environnement, c’est pourquoi les scientifiques continuent donc d’en étudier les répercussions.

Une fusée Falcon 9 a brièvement créé un trou dans l’ionosphère

Source : fredzone