« Nous avons vu trois flashs » : le récit hallucinant des astronautes d’Artemis II près de la Lune

Pendant leur survol lunaire historique, les astronautes de la NASA ont repéré au moins six impacts de météorites à la surface de la Lune, à l’œil nu. Une observation inattendue qui relance des questions concrètes sur la sécurité des futures bases lunaires.

Lune et Terre en croissant, capturées par Orion lors d’Artémis II.
Lune et Terre en croissant, capturées par Orion lors d’Artémis II. © NASA

Le vaisseau Orion, transportant quatre astronautes, effectuait le premier survol habité de la Lune depuis la mission Apollo 17 en 1972. Pendant une fenêtre d’observation de près de sept heures, le commandant Reid Wiseman a signalé des flashs lumineux à la surface lunaire. Ces éclairs, décrits comme brefs et d’une teinte allant du blanc au blanc bleuté, ont été confirmés presque simultanément par l’astronaute canadien Jeremy Hansen.

Au total, l’équipage a recensé six impacts distincts, un phénomène aussi inattendu que fascinant. Ces observations, réalisées dans des conditions optimales lors d’une éclipse solaire, offrent une nouvelle perspective sur l’activité météoritique autour de notre satellite naturel.

Des flashs d’une milliseconde qui intriguent les scientifiques

Les descriptions transmises par l’équipage sont précieuses. Wiseman a qualifié ces éclairs de brefs points lumineux d’une durée comparable au déclenchement le plus rapide d’un obturateur, avec une teinte allant du blanc au blanc bleuté. La majorité de ces observations ont eu lieu pendant une éclipse solaire, quand la Lune occultait le Soleil, offrant un fond sombre idéal pour repérer ces lueurs fugaces.

Au sol, à Houston, la réaction a été immédiate. Kelsey Young, responsable scientifique lunaire de la mission, a reconnu ne pas s’attendre à ce que l’équipage détecte autant d’impacts. Dans la Science Evaluation Room du Johnson Space Center, les chercheurs ont accueilli les annonces par des cris d’enthousiasme audibles.

Pourquoi ces observations comptent pour Artemis III et au-delà

Bruce Betts, scientifique en chef de la Planetary Society, a souligné que les projectiles responsables de ces flashs ne sont ni des grains de poussière ni des blocs d’un mètre, mais des objets de taille intermédiaire.

Sur Terre, la friction atmosphérique désintègre ces corps bien avant qu’ils n’atteignent le sol. La Lune, dépourvue d’atmosphère, n’offre aucune protection de ce type. Peter Schultz, professeur émérite en sciences géologiques à Brown University, en tire une conclusion directe : le flux quotidien de météores devra être surveillé de bien plus près avant l’installation d’une base lunaire permanente.

Les équipes de la NASA travaillent désormais à croiser ces observations visuelles avec les données d’un satellite en orbite lunaire pour affiner l’estimation de la fréquence et de la taille de ces impacts.

Source : NASA, Artemis II Flight Day 6: Lunar Flyby Updates