[Test] Que vaut Shadow Ghost, le PC gaming à 119,95 € ?

7,5/10
On aime
  • Un accès clé en main
  • Boîtier optionnel
  • Design sobre et élégant
  • Compact et transportable
  • Silencieux
On n’aime pas
  • Connectique incomplète
  • Connexion en Wi-Fi à améliorer
  • Jeu impossible en ADSL
Verdict :

Avec son nouveau boîtier, Shadow propose une solution clé en main discrète, tout à fait présentable dans un salon, afin d’accéder à son PC dans le cloud. Suffisamment compact, la Ghost peut être déplacée pour, par exemple, ne pas perdre l’accès à son PC distant en vacances. Reste le sempiternel problème de la connexion Internet. En fibre, l’expérience est optimale, bien que l’on éprouve encore quelques ralentissements en Wi-Fi. En revanche, le streaming de Shadow n’aime pas l’ADSL, pourtant encore largement majoritaire sur le territoire. Malgré une compression en H265, les freezes se multiplient jusqu’à rendre la Ghost inutilisable lorsqu’elle est reliée à une box ADSL en Wi-Fi.

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Près d’un an après avoir abandonné la Shadow Box, Blade lance ce 27 février un nouveau boîtier pour se connecter en toute liberté à son PC dans le Cloud : la Shadow Ghost. Avec lui, nul besoin de disposer d’un ordinateur pour accéder à son ordinateur distant, c’est lui qui fait l’interface. Un combo clavier-souris, un casque, un écran ou une TV et c’est partie !

Lancé fin 2017, Shadow est une solution de cloud computing française. Avec un abonnement de 29,95 € par mois, Blade assure ses clients de toujours disposer d’une configuration performante avec une bande passante de 1 Gbits. Seul prérequis : disposer d’une bonne connexion Internet.

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Jusqu’à aujourd’hui, et si l’on excepte feu la Shadow Box, il fallait un ordinateur pour se connecter à son Shadow (marche aussi avec une tablette ou un smartphone, mais c’est moins pratique). La Shadow Ghost rebat les cartes puisqu’elle permet de se passer de cet équipement, et ce, pour un prix relativement bas : 119,95 €. À noter à ce titre que Blade n’a pas touché à sa tarification, la même somme était facturée pour la Shadow Box.

Curieux que nous sommes, nous avons voulu savoir ce que cachait cette jolie boîte, si elle pouvait pleinement remplacer une machine classique pour se connecter à Shadow et si son acquisition était à envisager.

Oui – Discrète et transportable

Exit la grosse caisse de la Shadow Box. La Ghost se paye des lignes épurées et une carcasse compacte et légère. 186 grammes sur la balance, c’est moins que pas mal de phablettes ! Pour les dimensions, on est sur du 18,2 x 12,3 x 5 cm. Autant dire qu’elle tient dans la main.

Ces données ne sont pas secondaires puisqu’elles permettent de se projeter dans une dimension nomade du produit, ce qui était plus compliqué avec la Box (19 x 18,5 x 11 cm pour 660 grammes). La Ghost pourra ne pas rester accrochée au téléviseur du salon. En un tournemain, on peut la déplacer dans sa chambre sur un moniteur ou un téléviseur ou même l’emporter avec soi pour aller jouer chez un ami, se connecter à l’hôtel ou dans sa maison de vacances.

shadow ghost cloud gaming blade

Pour ne rien gâcher, on peut considérer la Ghost comme un accessoire WAF (pour Wife Acceptance Factor). Il peut trôner dans le salon et ferait même rougir une discrète PS4 Slim. D’ailleurs on est ici plus proche du design d’une Freebox Delta que de celui d’une console conventionnelle (et encore moins d’une tour de bureau). Les lignes sont arrondies, le capot ondule et la base blanche se détaille en un simili origami. Un seul bouton Power et une seule lumière rouge pour indiquer la bonne marche de la machine, le tout en silence, comme un « Ghost ».

Oui et non – Silencieuse, mais mal pourvue

S’il est silencieux, c’est parce que le boîtier de Shadow est passif. Aucun ventilateur puisque son équipement est réduit au strict minimum. Une évolution par rapport à la Shadow Box qui émettait un ronronnement continu.

shadow ghost cloud gaming blade

Si Blade a évidé sa machine, il a eu la bonne idée de conserver sa connectique et de l’améliorer un peu d’ailleurs. Exit le DisplayPort et bienvenue au HDMI. En revanche, il est à regretter qu’il n’y ait qu’un port d’affichage sur cette Ghost. Certes, Shadow ne prend pas encore ne charge le multiécran, mais Blade aurait pu envisager le futur avec une seconde sortie HDMI. A moins que le constructeur français n’ait une autre idée en tête pour mettre en oeuvre cette option.

shadow ghost cloud gaming blade

Côté USB, Blade assure le service avec quatre ports, dont deux USB 3.0. Mais… pas d’USB-C. Même l’alimentation se fait via un pin rond. Dommage, cette nouvelle connectique a le vent en poupe et se démocratise de plus en plus.

Outre le minijack pour le son, on a toujours la sempiternelle prise Ethernet et c’est tant mieux, vraiment !

Oui et non – Top en Ethernet, cahin-caha en Wi-Fi

En liaison sans fil, on trouve du Bluetooth et du Wi-Fi dans la Ghost. Si le premier fonctionne à merveille, on a éprouvé plus de difficultés avec le second. Sans câble Ethernet sous la main, nous avons débuté nos tests en Wi-Fi sur une connexion fibre à 100 Mbits. La liaison était catastrophique au début, bloquant même l’utilisation de Shadow pour du jeu. Une mise à jour de présortie semble avoir corrigé le tir, notre test ayant eu lieu avant la mise en circulation de la Ghost. Depuis, la connexion est presque parfaite.

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À destination des joueurs en premier lieu, nous avons testé le boîtier de Shadow en jeu. On connaît la configuration distante qui s’articule autour d’un Xeon cadencé à 3,20 GHz, 12 GO de RAM et une GTX 1080. Des composants à même de faire tourner toutes les dernières productions vidéoludiques. Mais afin de ne s’attarder que sur la latence, nous avons préféré opter pour un jeu de test peu gourmand et très nerveux : Serious Sam 3.

En Wi-Fi, sur notre connexion fibre, la partie est fluide, on ne perçoit pas de latence pour du jeu en solo, mais quelques freezes se sont tout de même invités, assez rares, ils n’ont pas gâché la partie, mais mériteraient d’être éradiqués.

En Ethernet, en revanche, la Shadow Ghost roule sur du velours. Aucune perte de paquets, une latence minimale et une expérience véritablement satisfaisante.

Non – L’ADSL, la bête noire de Shadow

Puisque la grande majorité des foyers français demeurent équipés d’une ligne cuivre, nous avons passé la Ghost sur le grill de l’ADSL. Une bonne vieille connexion à base de Freebox Crystal qui peine à cracher ses 13 Mbits. Et force est de constater que Shadow se lance bien, notamment avec l’appui du codec H265 que l’on a pris soin de cocher au démarrage. Que ce soit en Ethernet ou en Wi-Fi, sous Windows, tout fonctionne relativement bien. En jeu, ce n’est pas la même histoire.

shadow ghost cloud gaming blade

En connexion par câble, Serious Sam 3 accuse quelques freezes, plus nombreux et plus longs que lors de notre test en Wi-Fi sur une connexion fibre. La jouabilité en prend un coup avec des appuis de touche qui ne sont pas pris en compte. Et le tableau s’assombrit complètement en Wi-Fi. Là, c’est clairement injouable. Même le son bloque dans les enceintes. Les écrans bloqués sont monnaie courante, une dizaine en moins d’une minute de jeu, pour être précis.

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Sans détour, Shadow Ghost est à proscrire pour les abonnés ADSL qui souhaitent jouer en Wi-Fi. En Ethernet, c’est moins pire, mais on se cantonnera à des titres plus calmes qu’un FPS. Idéalement du point&click ou du tour par tour. Et bien évidemment, ce constat est identique lorsqu’on utilise Shadow directement depuis un ordinateur, via son application dédiée.