L’opérateur intègre une clause d’indexation annuelle à l’ensemble de ses contrats internet fixe. Adossé à un indice INSEE en hausse quasi permanente, ce mécanisme entrera en vigueur dès 2027, sans possibilité de refus pour les abonnés.

C’était écrit en petits caractères depuis quatre ans. C’est désormais revendiqué en page d’accueil. Bouygues Telecom vient de publier un encart dédié sur son site d’assistance pour expliquer, pas à pas, comment le tarif de ses offres Bbox pourra être relevé automatiquement, une fois par an, à compter de 2027. Le tout sans que l’abonné puisse s’y opposer autrement qu’en résiliant.
L’indice ICHTrev-TS, un cliquet qui ne descend jamais
Le dispositif repose sur l’ICHTrev-TS, un indicateur trimestriel de l’INSEE qui mesure l’évolution du coût horaire du travail dans les secteurs des technologies de l’information et des télécommunications. Chaque année, Bouygues Telecom comparera la valeur de cet indice entre juin N-1 et juin N. Si elle progresse, la facture suivra dans les mêmes proportions, calculée sur le montant réellement acquitté par le client, remises déduites.
Le problème, c’est la trajectoire de cet indice. Parti d’une base 100 en décembre 2008, l’ICHTrev-TS dépassait 142 en 2025. En dix-sept ans, il n’a jamais reculé. En appliquant rétroactivement ce mécanisme sur dix-huit ans, un abonnement à 30 euros aurait subi une hausse cumulée de 12,50 euros, et un forfait à 50 euros aurait gonflé de 21 euros.
Tous les contrats dans le filet, aucune échappatoire
La clause figure dans les conditions générales depuis 2022, mais n’avait jamais été activée. Ce qui change : Bouygues Telecom l’étend désormais à la totalité de son parc, y compris les contrats signés avant cette date. Les abonnés concernés pourront être soumis à l’indexation dès 2027. Pour les clients qui changent d’offre, le tarif souscrit restera valable un an, avant d’être lui aussi réévalué.
Sur sa page d’assistance, l’opérateur ne laisse aucune ambiguïté : en souscrivant à une offre Bbox, le client accepte de facto la clause d’indexation intégrée aux conditions générales de service. Refuser le mécanisme tout en conservant son abonnement n’est pas une option.
Seule soupape prévue par la loi : l’article L.224-33 du Code de la consommation impose à l’opérateur de prévenir ses clients avant toute modification tarifaire, et accorde un délai de quatre mois pour résilier sans frais. Autrement dit, l’abonné qui refuse de payer plus devra partir. Chez Free, Orange et SFR, aucun mécanisme comparable n’est en place à ce jour, ce qui pourrait placer Bouygues dans une position commerciale inconfortable si les hausses venaient à se cumuler.