Elon Musk reconnaît avoir menti pendant des années aux acheteurs de Tesla sur la conduite autonome

Le patron de Tesla a admis, lors de la dernière conférence de résultats que le matériel vendu depuis 2019 n’a jamais été capable de tenir la promesse de conduite entièrement autonome. Des millions de propriétaires attendent toujours une solution.

Elon Musk. Le patron de Tesla a admis que le Hardware 3, vendu depuis 2019, n'a jamais été en mesure de permettre la conduite entièrement autonome. Crédit : Shutterstock.
Elon Musk. Le patron de Tesla a admis que le Hardware 3, vendu depuis 2019, n’a jamais été en mesure de permettre la conduite entièrement autonome. Crédit : Shutterstock.

Depuis plus d’une décennie, Elon Musk assure que la conduite pleinement autonome est imminente. Lors de la conférence de résultats trimestriels du 23 avril, le dirigeant a fini par concéder, sans détour, que le Hardware 3 (HW3), installé dans les Tesla depuis début 2019, ne dispose tout simplement pas de la capacité nécessaire pour atteindre la conduite sans supervision. La bande passante mémoire du système constitue, selon ses propres termes, le « goulet d’étranglement ».

Des millions de véhicules vendus sur une promesse intenable

Entre 2019 et 2023, Tesla a écoulé des millions de voitures équipées du HW3, présenté comme le socle technique du Full Self-Driving (FSD). Nombre d’acheteurs ont déboursé plusieurs milliers de dollars supplémentaires pour accéder à cette fonctionnalité, convaincus par les déclarations répétées de Musk. Or le FSD, dans sa forme actuelle, reste un système d’assistance avancé : le conducteur doit pouvoir reprendre le volant à tout instant. L’aveu public, formulé une première fois en janvier 2025, a déclenché une vague de recours collectifs aux Etats-Unis de la part de possesseurs qui estiment avoir été trompés.

Des micro-usines pour colmater la brèche, sans calendrier ni budget

Pour remédier au problème, Musk évoque désormais la construction de « micro-usines » urbaines destinées à équiper les véhicules HW3 d’un nouveau module informatique et d’un système de caméras. L’objectif affiché : permettre à ces voitures d’intégrer la flotte Robotaxi et de rouler sans supervision humaine. Mais le plan reste flou. Aucun calendrier précis n’a été communiqué, et le programme de reprise à tarif réduit mentionné par le PDG n’a fait l’objet d’aucun détail concret.

La faisabilité financière pose aussi question. Déployer des lignes de production dans les grandes métropoles américaines représente un investissement considérable, alors que la rentabilité de Tesla s’effrite trimestre après trimestre, plombée par plusieurs années de recul du chiffre d’affaires.

Source : Conférence de résultats trimestriels de Tesla, premier trimestre 2026