Rovers, atterrisseurs, drones : l’agence spatiale américaine vient d’attribuer près d’un milliard de dollars de contrats pour construire la première base permanente sur la Lune. Les premières missions sont prévues dès l’automne 2026. Mais entre l’ambition affichée et la réalité technique, l’écart reste vertigineux.

Moins de deux mois après le survol lunaire historique d’Artemis II, la NASA a dévoilé mardi 26 mai la première phase de son programme de base lunaire. Quatre entreprises américaines se partagent les contrats : Blue Origin fournira deux atterrisseurs Blue Moon Mark 1 pour livrer du matériel au pôle Sud lunaire, Astrolab et Lunar Outpost construiront les rovers que les astronautes conduiront sur place (220 millions de dollars chacun), et Firefly Aerospace (75 millions de dollars) développera les drones MoonFall, des engins de deux mètres d’envergure capables de se déplacer par bonds pour cartographier le terrain avant toute présence humaine.
L’échelle du projet donne le vertige. Carlos García-Galán, directeur du programme, a décrit lors de la conférence de presse une base couvrant « plusieurs centaines de kilomètres carrés », soit l’équivalent de cinq à huit fois la superficie de Paris intra-muros.
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Douze missions d’ici fin 2026… Sur le papier
La NASA prévoit trois premières missions « Moon Base » avant la fin de l’année, suivies de plus d’une douzaine d’autres annoncées au fil des mois. Toutes doivent préparer le terrain pour Artemis 4, le premier alunissage habité depuis Apollo 17, visé pour 2028.
« Nous retournons sur la Lune, nous construisons la base, et nous faisons le reste », a écrit l’administrateur Jared Isaacman, paraphrasant le discours de John F. Kennedy en 1962. « Ce n’est plus quelque chose que l’on lit dans les livres d’histoire. Vous êtes en train de faire l’histoire. »
Mais le calendrier suppose que tout fonctionne du premier coup. Or le Blue Moon de Blue Origin n’a toujours pas réussi à livrer une charge utile en orbite terrestre, après un échec le mois dernier. SpaceX, dont le Starship doit servir d’atterrisseur pour les missions habitées, poursuit ses essais. Et Artemis 3, initialement prévu comme un alunissage, a été réduit à un test en orbite basse prévu pour l’année prochaine.
« Cela ne me surprendrait pas du tout que la Chine y arrive en premier », a prévenu Simeon Barber, spécialiste lunaire à l’Open University, auprès de la BBC.
L’histoire du programme spatial américain est pavée de calendriers ambitieux et de glissements silencieux. Reste à savoir si cette fois, les milliards suffiront à tenir la promesse.
Source : NASA, communiqué officiel | Spaceflight Now | Space.com