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Le métaverse de Facebook est déjà l’un des endroits les plus toxiques d’Internet

Une étude révèle que Facebook (Meta) était extrêmement mal préparée à réaliser son rêve de créer un espace en ligne partagé pour des millions d’utilisateurs. Après des jours à s’essayer au Metaverse et à son salon de chat virtuel Horizon Worlds, les chercheurs indiquent qu’il s’agit d’ores et déjà de l’un des pires endroits du Web, totalement dépourvu de modération.

VR
© SumOfUs

Qui l’eût cru ? Le groupe de surveillance des entreprises SumOfUs a publié la semaine dernière un intéressant rapport sur la transition de l’empire Facebook à Meta. Alors que les plates-formes VR de Meta profitent déjà de plus de 300 000 utilisateurs, le groupe documente également comment Horizon Worlds, un salon de chat virtuel du métaverse, héberge déjà les pires comportements du Web, entre racisme, harcèlement sexuel, homophobie et théories du complot.

Moins d’une heure pour être « virtuellement violé », l’absence totale de modération

Meta a deux applications VR principales. L’une est Horizon Worlds, une application de réseautage social qui permet aux utilisateurs de créer et d’interagir dans des salles numériques uniques, appelées « mondes ». En février 2022, environ 10 000 mondes séparés étaient déjà conçus, avec une base d’utilisateurs estimée à plus de 300 000 personnes. La seconde est Horizon Venues, une application distincte dédiée à l’hébergement d’événements en direct dans le métaverse.

La promesse explicite du métaverse est d’occuper un domaine numérique comme si vous y étiez vraiment afin d’interagir avec d’autres personnes (comme le fait déjà VR Chat, par exemple). Bien que le harcèlement en ligne ne soit pas nouveau, tout devient forcément plus viscéral une fois un casque de VR posé sur la tête.

Horizon Worlds
Horizon Worlds © Meta

Dans leur étude, les chercheurs partagent de nombreux exemples de comportements toxiques, en plus de l’absence quasi-totale de modération dans l’espace de jeu qu’offre l’application Horizon Worlds. Les exemples cités ne manquent pas à l’appel : ils expliquent avoir été « traqués » à travers différents mondes dans le produit appartenant à Meta ; de la fausse vente de faux médicaments disposés sur des tables, ou encore, des utilisateurs se traitant bien évidemment constamment d’insultes racistes ou homophobes.

L’un des chercheurs explique qu’il lui aura fallu moins d’une heure pour être « virtuellement violé » par un utilisateur, alors qu’il s’essayait au métaverse pour la toute première fois. SumOfUs a d’ailleurs inclus un lien vers une vidéo de ce qu’ils considèrent comme une « agression sexuelle virtuelle ». Une autre vidéo montre des comportements racistes, de la violence avec des armes, etc.

Le groupe de surveillance souligne des dizaines d’agressions sexuelles virtuelles de ce type, surtout envers les avatars féminins. Rien d’étonnant : une testeuse du métaverse avait déjà été sexuellement harcelée l’année dernière, alors qu’Horizon Worlds n’était qu’en phase de bêta.

Rien de prévu pour régler le problème

« Meta va de l’avant avec le Metaverse, mais sans plan clair sur la manière dont il réduira les contenus et comportements nuisibles, la désinformation et les discours de haine » indique le rapport. Les chercheurs citent même une note interne datant de mars dernier et partagée par le Financial Times du vice-président de Meta Andrew Bosworth : « la modération des utilisateurs à n’importe quelle échelle est pratiquement impossible » disait-il.

Pourtant, en février, Meta introduisait une fonctionnalité qui empêche les autres avatars de s’aventurer trop près du corps d’un autre joueur — à l’instar de ce que fait déjà d’autres salons de discussion virtuels comme VR Chat. Le problème, c’est que les chercheurs indiquent qu’ils ont été constamment « harcelés » et invités à supprimer les paramètres de limites personnelles, que ce soit par le jeu en lui-même ou par les autres utilisateurs.

À lire : Facebook (Meta) : Zuckerberg a perdu 30 milliards de dollars en un instant

Horizon Worlds © Meta
Horizon Worlds © Meta

Pire encore, lorsqu’un autre utilisateur tente de vous toucher ou d’interagir avec vous, les contrôleurs VR vibrent, « créant une expérience physique très désorientante et même dérangeante, surtout lors d’une agression virtuelle », comme indique l’étude. Une bonne idée, alors que Zuckerberg teste des gants pour mieux ressentir les objets virtuels

Horizon Worlds comprend pourtant un contrôle parental avec la possibilité de désactiver les autres utilisateurs. Mais la plate-forme représente toujours un problème majeur pour les plus jeunes, qui sont déjà nombreux à l’utiliser. Contrairement aux réseaux sociaux, qui peuvent utiliser des systèmes pour surveiller le contenu écrit ou même les vidéos, les salles de chat en réalité virtuelle comptent juste sur les utilisateurs individuels pour signaler les mauvais comportements.

« Meta a démontré à plusieurs reprises qu’il est incapable de surveiller et de répondre de manière adéquate aux contenus nuisibles sur Facebook, Instagram et WhatsApp – il n’est donc pas surprenant qu’il échoue déjà sur le Metaverse », ont déclaré les chercheurs de SumOfUs.

Source : SumOfUs