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Test de la Kobo Sage : la liseuse grand format qui en fait beaucoup, presque trop

Avec la Sage, Kobo met à nouveau à l’honneur le format 8 pouces qui devrait faire le bonheur des passionnés de lecture. Améliorée et enrichie de nouvelles fonctions, cette liseuse compte parmi les plus chères du marché. Au risque de refroidir un peu le consommateur.

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8/10

Kobo Sage

La liseuse 8 pouces avec lecture audio

289,99€ > Fnac
On aime
  • La qualité remarquable de l’écran
  • Le grand format de 8 pouces
  • La prise en main agréable
  • L’interface claire et les réglages complets
  • La réactivité pour une navigation enfin rapide
  • L’étanchéité (IPx8)
  • La polyvalence (livres audio et prise de notes)
On n’aime pas
  • Le tarif élevé
  • L’autonomie en berne avec les nouveaux usages
  • Les accessoires hors de prix
  • L’absence de luminosité automatique
  • Le poids plus élevé que celui de la Forma
Verdict :

Avec son grand écran de 8 pouces, sa belle réactivité et son design ergonomique, la Kobo Sage offre d’agréables séances de lecture. La liseuse ajoute aux habituelles fonctions, la prise en charge des livres audio et la prise de notes, sous réserve d’acheter le stylet compatible. Cette polyvalence se paye malheureusement au prix fort, soit 289,99 euros pour cette version 32 Go et hors coût des accessoires, assez salé. Dommage que Kobo ne propose pas une version moins riche de fonctions et de mémoire, à prix plus abordable, pour répondre aux attentes des grands lecteurs. Il est toujours possible de se rabattre sur la Forma, moins rapide, mais plus légère malgré son écran tout aussi grand. On la trouve sur le site de Kobo à 240 euros et on imagine que son prix sera progressivement revu à la baisse.

Après une Forma lancée en 2018, la liseuse la plus haut de gamme de la famille avec son format 8 pouces, il était temps que Kobo annonce son nouveau modèle. C’est chose faite avec la Sage, tout aussi grande et qui mise sur une polyvalence accrue. En plus de la lecture d’ebooks, elle propose une fonction de prise de notes jusqu’alors réservée à l’Elipsa (bien plus qu’une liseuse, un carnet de notes numériques géant de 10,3 pouces) et la possibilité d’écouter des livres audio, une particularité réservée à l’appli Kobo pour smartphone ou tablette. Et une première pour la marque ! Avec ces nouveautés, vous vous en doutez, le prix de la Sage est élevé, soit 289, 99 euros. L’augmentation reste cependant modérée face à la Forma qui avait été lancée au tarif de 279,99 euros.

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Avec son format de 8 pouces, la Sage compte bien séduire les grands amateurs de lecture. Les nouveaux usages qu’elle propose suffiront-ils à convaincre les plus hésitants ou à faire passer la pilule d’un tarif parmi les plus élevés ? Voici ce que nous avons pensé de la Kobo Sage après quelques jours d’utilisation.

Un écran net et fluide qui frôle l’excellence

Malgré une diversification qui peut ne pas plaire, Kobo, en tant que spécialiste du livre numérique, n’a pas oublié de faire évoluer sa nouvelle liseuse sur ce point. L’écran 8 pouces haute définition de la Sage (1440 X 1920 points) adopte ainsi la nouvelle technologie d’écran E Ink Carta 1200, découverte sur l’Elipsa. Parmi les améliorations apportées, citons le taux de contraste plus élevé ainsi qu’un temps de réponse plus rapide qui permet notamment d’accroître la fluidité de l’affichage, ce qui se ressent particulièrement lors de prises de notes, mais pas uniquement.

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Tout semble aller plus vite sur la Sage, qu’il s’agisse d’allumer la liseuse, tourner les pages, faire une recherche ou bien sûr écrire et dessiner. Le nouvel écran n’est pas le seul à féliciter. Pour la première fois, Kobo a fait le choix d’équiper sa liseuse d’un puissant processeur quatre cœurs à 1,8 GHz.

Pas sûr que l’amoureux de la lecture s’en soucie, mais c’est certain, la Sage est de ce fait la liseuse la plus agréable à utiliser et la plus réactive de la famille. Et c’était assez indispensable, d’une part parce qu’on reprochait depuis longtemps à la marque une navigation un peu poussive, mais aussi parce le dessin et la prise de notes exigent un peu plus de muscles.

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Visuellement, le rendu des caractères est impeccable avec des lettres parfaitement nettes et un contraste irréprochable. Même si, face à une Kobo Aura One ou à une Amazon Kindle Oasis, des liseuses haut de gamme lancées il y a plus de 5 ans, la différence n’est pas flagrante. Sur une couverture de livre, en revanche, le gain en détails est perceptible.

Comme aujourd’hui la grande majorité des liseuses, la Sage bénéficie d’un éclairage intégré. Aisément ajustable d’un glissement de doigt vertical sur le côté gauche de l’écran, il est secondé par un mode Lumière naturelle qui vient contrer, à la tombée du jour, les effets néfastes de la lumière bleue. Au moment du coucher notamment, cet écran ComfortLight Pro (pour reprendre l’appellation de Kobo) se pare d’une nuance orangée, plus favorable à l’endormissement.

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En complément, on retrouve le mode sombre découvert sur l’Elipsa, capable lui aussi de reposer les yeux. Seul regret, pour une liseuse aussi haut de gamme, on aurait souhaité que la présence du mode automatique (utile aussi pour préserver la batterie) ne soit pas limitée à cette seule Lumière naturelle. 

Un design et une ergonomie réussis

On ne change pas une formule qui marche, le design de la Kobo Sage trouve son inspiration dans celui de la Forma. On retrouve avec plaisir le boîtier asymétrique, un peu plus épais du côté des boutons tourne-pages, ce qui rend la préhension très agréable et autorise l’utilisation à une seule main, malgré ses 240 grammes. Pratique pour boire son petit café ou son jus de fruit au bord de la piscine tout en lisant, et sans crainte pour l’appareil puisque la Sage est étanche.

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Grâce à un gyroscope intégré, la nouvelle liseuse de Kobo peut être indifféremment tenue par un droitier ou un gaucher. Précisons également que l’écran peut basculer en mode paysage qu’on lise un EPUB, un PDF ou un article sauvegardé grâce au service Pocket, toujours aussi pratique pour consulter hors ligne des papiers téléchargés sur le Web. 

On apprécie la grande surface d’affichage qui se fond parfaitement dans la façade. Seul le cerclage du boîtier crée une très légère surépaisseur. La majeure partie du dos noir en gomme bénéficie d’un effet tissé très réussi, antidérapant et agréable sous les doigts. Une bande non tissée située sur le côté le plus fin de la liseuse laisse apparaître le bouton de mise en route et le logo Rakuten Kobo.

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De façon étonnante, la Sage un peu plus fine que la Forma, mais quelques petits millimètres plus haute et plus large, pèse 43 grammes de plus. La prise en main s’en ressent forcément un peu, sans que ce soit rédhibitoire, le poids étant bien réparti du fait de l’asymétrie. En cause l’utilisation du verre, plus lourd, pour son écran, alors que la Forma dispose d’un écran Mobius composé de deux couches de plastique.

Une interface renouvelée, encore plus claire

Déjà aperçue sur l’Elipsa, l’interface des liseuses Kobo a évolué, avec quatre principaux menus accessibles dès la page d’accueil qui regroupent vos livres en cours de lecture, ceux que Kobo vous recommande en fonction de vos lectures ainsi qu’un accès direct à la boutique EPUB et un autre au fonds audio. Désormais, au bas de cette page d’accueil, on découvre quatre icônes qui donnent accès à toutes les fonctions.

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En plus de l’icône Accueil, dans Mes Livres, toute votre bibliothèque personnelle (ePub, PDF, etc) est regroupée, avec un accès possible par auteurs, séries ou collections. Dans Découvrir, vous trouvez la boutique classique Kobo ainsi que la boutique Livres audio. Un troisième service Kobo Plus, récent, offre un accès à des milliers de livres de façon illimitée contre 10 euros par mois. Pratique et rentable pour les dévoreurs. En revanche, les livres ne sont pas achetés. Si vous résiliez l’abonnement, vous ne pouvez plus y accéder. Enfin, sous l’onglet Plus, vous accédez à votre wishlist, vos carnets de notes, votre Dropbox, vos articles Pocket, vos stats de lecture et tous vos paramètres. 

Comme dans les livres, la navigation s’avère fluide et rapide. En haut à droite de la liseuse, on découvre quelques raccourcis importants comme le réglage de la luminosité, l’accès au Wi-Fi, le niveau de batterie, la synchronisation et la recherche. Tout est à portée de doigt !

Kobo Sage pour lire, mais aussi écouter

Kobo profite du lancement de la Sage pour étendre la lecture des livres audio, habituellement réservée à son application pour smartphone ou tablette, à ses liseuses équipées de la connectivité Bluetooth. C’est le cas de la Sage qui embarque une rubrique Livres audio avec un Top 50, après achat, à télécharger directement depuis la liseuse. Pour le reste du fonds, il vous faudra faire vos emplettes depuis le site de Kobo qui en propose quelques centaines de plus, puis jouer de la synchro pour les récupérer. Pour cela, Kobo a eu la bonne idée de booster la connectivité sans-fil avec du Wi-Fi AC Dual Band plus rapide (pour peu que votre box soit au moins aussi bien équipée).

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Il reste à savoir si cette fonction constituera vraiment un critère d’achat. La fonction existe déjà sur smartphone d’une part (un appareil bien plus répandu que la liseuse) et en disposer sur la Sage n’ajoute pas de confort particulier supplémentaire. Et ce d’autant plus que Kobo a limité l’expérience à son seul catalogue. Pas question d’aller télécharger un audiobook depuis une autre plate-forme, même s’il existe des fonds gratuits de livres au format MP3 comme Litteratureaudio.com. Les liseuses ne prennent tout simplement pas en charge les habituels formats audio.

Le catalogue est assez riche et de qualité (que ce soit d’un point de vue technique ou humain pour ceux qui prêtent leur voix) et il est possible de tester gratuitement le service 14 jours. Malheureusement les tarifs sont élevés (de 9,99 à… 59,99 euros pour Voyage au bout de la nuit de Céline, un record !), plus encore que ceux des ebooks, ce qui n’est pas franchement incitatif. Certes, comme sur le service Audible d’Amazon, on peut souscrire à un abonnement de 9,99 euros /mois, mais il ne permet de recevoir qu’un livre par mois. Précisons que pour ceux qui ont acheté leur appareil à la Fnac, on retrouve les mêmes tarifs et services via Kobo by Fnac.

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L’avantage qui semble jouer en faveur de la Sage, c’est qu’elle est étanche, alors que votre smartphone peut-être pas… Alors pourquoi pas, un livre audio au bord de la piscine en vacances…

La reine de la polyvalence, mais à quel prix !

Comme sa grande sœur l’Elipsa, la Sage permet d’annoter ou surligner ses ebooks, PDF et autres fichiers texte (hors article Web récupérés avec Pocket, dommage) et même de créer des carnets de notes ou de dessin. Seule condition, acheter le stylet compatible vendu une quarantaine d’euros. Si on ajoute à cela une poignée d’embouts interchangeables, dans les dix euros, et le prix de la liseuse à près de 290 euros, on parvient à la modique somme de 340 euros ! Difficile de trouver plus cher sur le marché, même pour du haut de gamme. De quoi réfréner les ardeurs des amateurs de lecture, sauf à vraiment avoir besoin d’une telle fonction.

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La Sage peut-elle remplacer un appareil dédié à la prise de notes comme le Remarkable 2 ? Comme nous le disions à propos de l’Elipsa, sans doute pas. Malgré la puissance de la nouvelle liseuse de Kobo, on remarque toujours une très légère latence qui pourrait agacer les utilisateurs les plus assidus et une absence de toucher papier assez désagréable (surtout dans les annotations de livres). Pour un usage occasionnel, en revanche, la fonction est assez bluffante avec notamment une reconnaissance d’écriture manuscrite très correcte.

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Il est possible de transférer ses notes vers d’autres appareils via Dropbox (sauf celles prises sur des fichiers EPUB ou PDF protégés par DRM), ce qui est assez pratique. Avec le stylet, on surligne ou on efface grâce aux deux boutons intégrés… toujours aussi mal placés. On a tendance à les presser par erreur. Enfin, le stylet requiert une pile AAAA. Pour en savoir plus sur la prise de notes, n’hésitez pas à vous reporter à notre test de la Kobo Elipsa.   

Une autonomie variable

Comme la Forma, la Kobo Sage intègre une batterie de 1200 mAh qui suffit à lui conférer une solide autonomie à condition de l’utiliser… comme une liseuse !  Tenir quelques semaines sans devoir la recharger sera envisageable, à raison de quelques minutes de lecture numérique par jour, sans abuser de la lumière intégrée et surtout Bluetooth et Wi-Fi coupés. Laisser le Wi-Fi activé vous fera perdre inéluctablement un peu de batterie au quotidien, même lorsque l’appareil est en veille.

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Concernant les nouvelles fonctions de la Kobo Sage, à savoir la lecture de livres audio et la prise de notes, elles se montrent extrêmement énergivores. Wi-Fi désactivé, comptez pour une trentaine de minutes de lecture audio, une perte de batterie proche de 12%. Et cela, même en réglant l’écran pour qu’il se mette en veille au bout de 5 minutes. Pour le dessin, c’est même pire. La liseuse accuse une perte de batterie supérieure à 10%, avec une luminosité réglée à seulement 12%, pour seulement 10 minutes de gribouillages.

Solliciter la Sage en audio et prise de notes plusieurs deux ou trois heures dans la journée pourrait vous obliger à passer par la case recharge en un jour ou deux… L’un des principaux intérêts de la liseuse (son autonomie) est sérieusement mis à mal !  Même si la charge se montre relativement rapide, de 1 à 99% en une heure environ, depuis une connectique enfin de dernière génération comme sur l’Elipsa (USB-C). Kobo propose, il est vrai, un étui intelligent avec batterie intégrée, le PowerCover, vendu près de 80 euros. Utile si vous comptez user et abuser des nouveautés de la Sage, mais à condition de mettre le prix et en acceptant de passer à un poids total de 400 grammes.