Test Lenovo Legion Go : le PC-console séduisant déguisé en Switch bodybuildée

Gigantesque, plutôt performant, parfois au détriment du calme et surtout de l’autonomie, le Legion Go est la réponse de Lenovo au Steam Deck. Une réponse intéressante, séduisante, mais perfectible.

Sommaire
Lenovo Legion Go
Le Legion Go, de Lenovo, est un PC déguisé en console portable.
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Image 1 : Test Lenovo Legion Go : le PC-console séduisant déguisé en Switch bodybuildée
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Merci Nintendo ! Merci Valve ! Le premier a prouvé qu’il y avait un marché de masse pour une console portable plus séduisante et originale que la DS. Le second a mis un PC derrière un écran portable pour que les joueurs quittent leur tour et découvrent les joies du canapé ou du fond du lit. Là où les Steam Machines ont échoué – dommage -, le Steam Deck est en train de faire des petits. Lenovo, géant chinois du PC, a depuis quelques années mis le cap sur le marché juteux du gaming avec sa gamme Legion.

Désormais, c’est dans la roue des Steam Deck, Asus ROG Ally et autres descendants musclés des GPD-Win que Lenovo s’engage, avec sa ou son Legion Go, selon qu’on considère que c’est une console qui fait tourner des jeux PC ou un PC de jeux aux airs de console portable sous Windows 11. Et comme les PC portables Legion sont parmi les machines de gaming les plus séduisantes, on est forcément intrigué. Son interprétation du Steam Deck killer profite-t-elle de tout son savoir-faire ? Réussie-t-elle à éviter écueils de ces PC-consoles ? Le Legion Go vaut-il de casser ta tirelire ? Bref, faut-il s’engager dans la Legion ?

Lenovo Legion Go
Le clavier virtuel de Windows reste le meilleur ami de vos recherches de jeux…

💸 Disponibilité et prix du Lenovo Legion Go

Pour son arrivée sur le marché, Lenovo a mis les petits plats dans les grands, et face à une concurrence qui s’organise, le géant chinois a poussé les curseurs vers le haut. Mais cela a évidemment une conséquence directe immédiate : le prix.

Ainsi, là où le Steam Deck affiche un premier prix de 419 euros pour la version équipée d’un écran LCD et pousse jusqu’à 679 euros pour le modèle OLED, équipé de 1 To de stockage, ou là où la ROG Ally, d’Asus, affiche un premier prix à moins de 500 euros et une version à 650 euros (lancée à 799 euros, il est vrai), le Lenovo Legion Go fait un peu flamber les prix.

Notre modèle de Lenovo Legion Go coûte ainsi 799,99 euros.

C’est le prix d’un PC portable de gaming, ce qui pourrait en refroidir plus d’un, mais évidemment la promesse n’est pas la même, et tout commence avec la plate-forme embarquée.

Lenovo Legion Go
La béquille à l’arrière du Legion Go lui permet de rester bien stable sur une table ou un coin de canapé.

🎛️ Caractéristiques techniques de la Lenovo Legion Go

A l’heure actuelle, il n’y a pas des milliers de solutions techniques pour construire une plate-forme de jeu portable « à la Steam Deck » et capable de faire tourner Windows. C’est forcément du côté d’AMD et de ses APU qu’il faut se tourner.

C’est donc logiquement que Lenovo, tout comme Asus pour sa ROG Ally, a jeté son dévolu sur le processeur le plus performant et adapté à ce petit jeu d’équilibre : le Ryzen Z1 Extreme. On parle le concernant d’APU, pour Accelerated Processing Unit, et non de CPU. En effet, à la manière des SoC de nos smartphones, le die principal comporte à la fois le CPU et le GPU. C’est donc un processeur avec une partie graphique dopée, mieux, dédiée.

En l’occurrence, en plus des huit cœurs Zen4 (multithreadés), AMD a ajouté 12 unités de calcul RDNA3. Sur le papier cela signifie que le Legion Go est prêt au combat. D’autant que la puce peut compter sur 16 Go de mémoire vive.

Le stockage, lui, est limité à un SSD de 512 Go, qu’il est néanmoins possible d’augmenter en ajoutant une carte microSD d’une capacité pouvant aller jusqu’à 2 To.

Lenovo Legion Go
  • Processeur : AMD Ryzen Z1 Extreme 8 cœurs / 16 threads
  • Mémoire vive : 16 Go
  • Stockage : 512 Go
  • Taille de l’écran tactile : 8,8 pouces 16:10
  • Définition de l’écran : QHD+ / 2560 x x1600
  • Rafraîchissement de l’écran : 60 / 144 Hz
  • Connectique : deux ports USB-C 4.0 DisplayPort 1.4, Bluetooth 5.1, Wi-Fi 6E, lecteur de carte microSD (jusqu’à 2 To), un port mini-jack
  • Haut-parleur : 2 x 2W
  • Alimentation : chargeur 65 W
  • Dimensions sans manette : 21 x 13,1 x 2,01 cm
  • Dimensions avec manettes : 29,883 x 13,1 x 4,07 cm
  • Poids sans manette : 651 g
  • Poids avec manettes : 865 g

Lenovo n’a pas pu distinguer son Legion Go de la ROG Ally par le choix de son APU, alors il l’a fait en optant pour un écran LCD gigantesque, de 8,8 pouces de diagonale. Et ça se voit…

📺 Ecran : au cœur de tout

Haut, large, impressionnant avant même d’être allumé et, bien entendu, tactile, l’écran LCD du Lenovo Legion Go est au centre de toute l’attention. Il affiche une diagonale de 8,8 pouces, pour une dalle rafraîchie à 144 Hz, avec des bordures plutôt fines, qui paraissent davantage encore souligner sa taille.

Lenovo a décidé de voir doublement grand pour son écran. Par la taille physique, donc, mais aussi par la définition proposée. Le Legion Go affiche par défaut un impressionnant : 2560×1600 pixels. Deux autres définitions sont accessibles facilement : 1920×1200 et, enfin, 1280×800 pixels. On reviendra sur ce choix un peu plus tard.

Mais, intéressons-nous à ce que propose cet écran portable gigantesque. Il annonce une dalle dont la luminosité monte à 500 cd/m2. Nous l’avons mesurée à 474 cd/m2. Ce n’est donc pas loin de la valeur annoncée, mais il faudra faire attention en plein soleil ou même dans des environnements avec des sources de lumière forte, car la dalle à tendance à bien prendre les reflets.

Lenovo Legion Go
La couverture du gamut DCI-P3 est plutôt bonne, et correspond à ce que Lenovo annonce.

Outre la luminosité, la dalle affiche un contraste de 946:1, ce n’est pas énorme, mais à l’œil le rendu est correct, les noirs suffisamment marqués. Evidemment, on aurait préféré une dalle OLED, qui aurait moins consommé, mais certainement coûté plus cher.
Quoi qu’il en soit, les couleurs sont agréables elles aussi, mais assez peu fidèles. Ainsi, le Delta E 2000 mesuré par notre sonde n’est que de 4,32, sachant que plus on se rapproche de zéro et plus les couleurs sont fidèles à la réalité, et que l’œil humain moyen ne voit plus la différence à partir de 3. La dalle du Lenovo Legion Go est donc honnête, et en tout cas agréable à utiliser, sans être exceptionnelle ou même excellente.

Le fait qu’elle soit tactile fluidifie les usages, car elle est réactive et multipoint, même s’il faut bien reconnaître que l’interface de Windows 11 n’est toujours pas adaptée à un usage tactile avancé. Et même s’il faut reconnaître que bien souvent Legion Space, l’interface développée par Lenovo et qui joue le rôle de surcouche, n’est pas optimale non plus.

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💖 Un design de Switch taillé pour impressionner

Passons maintenant à la pièce de résistance. Tout ce qu’il y a autour de cet écran. Et il y a de quoi faire. Dès la sortie de boîte, le Legion Go assomme, impressionne. 30 cm de long, 13 cm de haut, et pas moins de 865 g sur la balance. Il est plus de deux fois plus lourd qu’une Switch classique. Mais pour ce poids, on a l’impression d’avoir en main un objet indestructible, à la solidité sans faille. On n’a rien sans rien.

D’autant que cette masse ne se fait pas tant sentir que cela, et seulement si on joue longtemps. Or, le joueur est rusé, et arrive toujours à reposer ce poids sur ses jambes, son ventre ou une table. Ce n’est donc pas trop gênant.

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Une fois connecté, vous pourrez accéder aux principales plates-formes de jeux pour PC depuis Legion Space.

Les PC Legion ne sont pas les plus criards des machines de gamers, et on retrouve cette tendance ici. L’ensemble est noir, l’esthétique un peu anguleuse pour marquer les esprits, mais finalement assez discrète. La seule touche « gaming » est à trouver à la base des sticks, et sur l’interrupteur, où un cercle de LED est chargé de porter haut les couleurs du sacrosaint RGB, selon les envies de l’utilisateur. Au dos, pas de fantaisie, d’éclairage pulsant. On trouve juste une grille de ventilation et une béquille pour tenir la console debout – on y reviendra.

Avant de nous intéresser aux contrôleurs, glissons que Lenovo livre son PC-console avec une housse de transport renforcée, qui inspire confiance. Elle est bien entendu massive et pèse à elle seule 435 g. Le chargeur, compact, et son câble d’environ 1,8 m, est plutôt léger et pèse seulement 180 g. Tant mieux, car, partir avec votre Legion Go pour un week-end, c’est donc avoir près de 1,5 kg de matériel volumineux dans le dos. Un détail qui n’en peut-être pas un…

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La manette droite amovible et quelques-uns de ses nombreux boutons.

💪 Une Switch dopée au PC

On parlait plus haut de la Switch, de Nintendo, et il est clair que ses bonnes idées ne sont pas tombées dans l’oreille d’un sourd. Si on voulait tenter de dresser un arbre généalogique, la ROG Ally, d’Asus, serait descendante de la Switch Lite, pour la conception, avec les manettes et l’écran formant un tout inséparable. Tandis que pour sa Legion Go, Lenovo se serait inspiré de la Switch et de ses Joy-Con détachables.
En effet, bien que très solidement fixés, les TrueStrike, c’est leur nom, peuvent être séparés du boîtier qui contient l’écran et rattachées – moins facilement que sur la Switch, malgré tout. On déplie alors, à l’arrière de l’écran, la béquille dont nous vous parlions plus haut, et peut ensuite jouer manettes en mains, seul ou à deux. Le support est fin mais solide, et comme il court sur toute la largeur de la console, il assure une stabilité très appréciable tant qu’il repose sur une surface à peu près plane. Il conserve bien les angles et inclinaisons qu’on lui impose.

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Les gâchettes de la manette de gauche, placées au niveau de l’annulaire et de l’auriculaire.

Qu’on joue en mode « table » ou en mode console portable, les « Joy-cons » de Lenovo sont bien plus gros et confortables à tenir en main que ceux de Nintendo, leur ergonomie est mieux pensée pour des mains adultes, et c’est une bonne chose car elles sont toutes les deux bardées de sticks, croix directionnelle, molette, boutons et gâchettes. A croire que Lenovo a voulu condenser dans ses manettes amovibles tous les cas d’usage possibles.

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Ce petit socle en plastique circulaire maintient le stick droit vertical et en fait une souris presque convaincante…
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Si on arrive à jouer avec ce TrueStrike transformé en souris, l’ergonomie n’est pas parfaite, le stick gênant un peu la prise en main.

🕹️ Ergonomie : une marée de boutons

La preuve en est que le TrueStrike droit peut se transformer en « souris » en cas de besoin. On le pose sur un cercle de plastique qui le maintient verticalement. Alors un capteur infra rouge à sa base permet de précisément déplacer le curseur à l’écran. Bien entendu, il faut activer ce mode « FPS ». Il n’est pas aussi agréable à utiliser qu’une vraie souris Bluetooth – ce qui est recommandé, vu qu’il n’y a pas de port USB-A pour brancher une souris filaire, mais fera l’affaire pour dépanner et jouer un peu. On regrettera toutefois que le stick, qui saille dans la paume, nuise alors un peu au confort de prise en main.

Car, chacune des manettes amovibles a droit à un stick à effet Hall, qui sont généralement moins enclins à souffrir du fameux drift, dont sont victimes nombres de Joy-cons. Et c’est une bonne chose, parce qu’une manette devient inutilisable quand le drift frappe.

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Les sticks à effet Hall sont réactifs et très agréables à utiliser.

Sur le TrueStrike droit, on trouve aussi les traditionnels bouton XYAB, un minuscule pavé tactile sous le stick, grâce auquel on ne lancera pas à jouer à Civilization, mais pourra déplacer le curseur dans un menu, par exemple, ou sur le bureau de Windows. Sur sa partie supérieure, le bouton de tranche, la gâchette, deux gâchettes placées au niveau de l’annulaire et une molette au dos, ainsi que deux autres boutons ou gâchettes sur le côté. Enfin, en haut de la manette, on trouve un bouton très important, celui qui mène à un menu de raccourcis de réglages. Ce sont en tout 15 interfaces d’interactions réparties sur ce seul TrueStrike. Impressionnant, voire un peu trop. Au cours de notre utilisation assez intensive, nous n’avons réussi à tous les utiliser. En revanche, il est ainsi difficile de ne pas appuyer sur un bouton par inadvertance que ce soit en jeu ou simplement en saisissant le Legion Go.

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Le TrueStrike droit regorge de boutons, gâchettes et autre pavé tactile…

Côté gauche, la croix directionnelle remplace les boutons en façade, sous le stick, on trouve deux palettes au niveau de l’annulaire et de l’auriculaire, tandis qu’un bouton en haut donne accès à l’interface de Legion Space.

 Vous l’aurez compris, on ne manque pas de boutons. C’est une bonne chose car cela vous permet de jouer à une grande variété de jeux sans problème, des classiques TPS aux jeux de voiture en passant par des jeux un peu plus exigeants, comme les jeux de baston – même si les puristes renâcleront. Il faudra toutefois prendre le temps de mapper les boutons et touches. Ce qui n’est pas toujours une mince affaire.

L'interface de Legion Space met en avant des titres à acheter, ce qui n'est pas forcément le premier service qu'on attendrait d'elle.
Le petit pavé tactile peut dépanner mais ne remplacera pas une souris.

🎉 Ergonomie : Windows, Legion Space et les ratés habituels

Peu importe qu’il ait des airs de console, de Switch sous stéroïde, le Legion Go est un PC. La seule présence de Windows 11 en est la preuve. Avec l’OS de Microsoft vient tout le catalogue des jeux développés pour les PC x86 – Steam est donc de la partie, tout comme le Microsoft Store, GoG, l’Epic Games Store, et les autres. Si vous êtes un amoureux des vieux jeux, la porte de l’émulation est également toute grande ouverte. Si vous avez le vice vidéoludique chevillé au corps vous pourrez même tenter d’installer les jeux Android depuis l’Amazon Store. Pour cela, il est possible de passer par les voies habituelles de Windows 11, ou de recourir à Legion Space. C’est la tentative du géant chinois de faire oublier que son Legion Go est un PC.

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L’interface de Legion Space met en avant des titres à acheter, ce qui n’est pas forcément le premier service qu’on attendrait d’elle.

On salue l’effort de Lenovo, son interface sans être particulièrement bien pensée est facile à utiliser, et on apprécie notamment l’accès aux réglages rapides depuis le TrueStrike droit. Car ils permettent de facilement gérer les modes de performances du Legion Go, ou de désactiver le pavé tactile s’il vous gêne. Mais tout n’est pas parfait. Nous avons rencontré quelques petits soucis d’affichage parfois, un retour indésirable à Windows, ou alors tout simplement les limites de l’intégration. Car, chaque fois que vous souhaitez accéder aux titres non installés de vos catalogues Steam, Epic Games ou encore Ubisoft Connect, c’est vers le client de chacune de ces plates-formes sous Windows que vous serez renvoyé. Autrement dit, même si on comprend que cela pourrait aider ceux qui ont plus l’habitude des consoles que des PC, le gain ergonomique et fonctionnel est réduit. Et pourquoi imposer une interface d’achat de titres, qui renvoie vers différents kiosques quand on aurait besoin d’une hub central léger et adapté ?
C’est d’ailleurs la même chose pour certains réglages. Beaucoup d’entre eux peuvent être fixés depuis l’interface de Legion Space, mais d’autres vous renverront vers Windows 11, c’est le cas de tout ce qui touche au stockage, qu’il s’agisse de la gestion de l’espace disque disponible ou de celle des captures d’écran.

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L’interface d’accès rapide aux réglages est vraiment très utile…

Or, il est évident que l’écran et le petit pavé tactile ne se prêtent pas vraiment à l’utilisation de l’interface de Windows 11. En définitive, et en toute franchise, la meilleure expérience « console » que nous ayons obtenue était en activant le mode Big Picture de Steam… Lenovo a encore du boulot, et le Steam Deck de l’avance.

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Jouer à Red Dead Redemption, tranquillement sous la couette, a vraiment quelque chose d’un rêve de gamer.

🚀 Performances : quand il y a APU, il y en a encore

Comme nous l’avons dit plus haut, Lenovo, comme Asus et Valve a opté pour un APU, d’AMD. En l’occurrence il s’agit du Ryzen Z1 Extreme. Ses huit cœurs multithreadés et ses 12 cœurs dédiés à la partie graphique (RDNA3) promettent de belles performances.

Le statut hybride de PC aux formes de console du Legio Go le place dans une position particulière. Il est difficile de le comparer à d’autres PC ou d’autres plates-formes techniques. Ainsi, le passer au crible de Geekbench 6, nous indique qu’il obtient un score de 2 301 en single core, et de 8 972 en multicore, tandis que le score Compute, associé au GPU, atteint 26 693.
Ces performances sont celles de processeurs de bureau hyperperformant d’il y a quelques années. Ainsi, un Core i9 11900KF à 8 cœurs cadencés à 3,5 GHz (TDP 125 W), lancé début 2021, obtenait 2307 en Single core. Tandis que le score multicore était celui d’un Core i9, toujours, mais de septième génération, lancé en 2017.

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Les jeux “pixel art” sont clairement les meilleurs amis du Legion Go.

Pour situer un peu plus précisément le Legion Go dans le paysage des machines de jeu, un autre outil comme PCMark 10 est intéressant. Quand on l’exécute, en laissant libre court à la consommation électrique du Ryzen Z1 Extreme, on relève alors que le Legion Go marche non seulement main dans la main avec la ROG Ally (en léger retrait, pour être honnête – la faute à la définition d’écran plus élevée, notamment), mais qu’il se glisse tranquillement entre la masse des PC portables de joueur et les PC portables classiques. Pas mal pour une machine si compacte.

Lancer une batterie de test GPU synthétiques, comme 3Dmark Speed Way, Solar Bay Time Spy ou Fire Strike Extreme, confirme systématiquement ce positionnement. On est loin de ce que peuvent proposer des cartes graphiques dédiées, même de générations précédentes comme une RTX 3050, par exemple. Et ce n’est pas étonnant. Ce n’est pas la promesse. Rappelons qu’on a là à faire à une machine qui n’a pas de carte graphique dédiée. Ce que montrent ces benchs est en fait que le Legion Go est capable de coller à la meute des PC portables de gaming, même s’il ne trône pas au sommet, et comment lui en vouloir, puisque toute cette puissance est assurée par une puce qui va consommer au maximum 30 W.

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Format nouveau, puce presque taillée sur mesure, le Lenovo Legion Go affiche de belles performances pour un PC de la taille d’une console portable.

🦄 Puissance ou batterie, un choix à faire…

Ces tests mettent également un autre point en avant. Pour une même définition, on note une véritable différence de résultats selon qu’on aura choisi le mode qui ménage la batterie (Silence et Basse consommation) ou le mode performance (qui est au plus haut quand la console est branchée au secteur). Il peut donc y avoir un intérêt à s’infliger la ventilation soutenue du Legion Go. Même si le système de haut-parleur couvre toujours le souffle du Legion Go – et mieux vaudra utiliser un casque Bluetooth, ou filaire, si vous voulez éviter de maintenir tout le monde éveillé.

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Les jeux peuvent être très beaux et fluides sur le Legion Go… sans forcément atteindre le nombre d’images par seconde que pourrait afficher l’écran.

Par ailleurs, et c’est un problème qu’on rencontre dans toutes les machines qui embarquent une dalle avec une haute vitesse de rafraîchissement et une configuration qui ne permet pas toujours d’atteindre le nombre d’images par seconde désiré, il faudra pour les jeux les plus exigeants, penser à débrayer les 140 Hz et revenir à 60 Hz. Nous avons constaté les effets salutaires de ce changement dans des jeux comme Horizon Zero Dawn, notamment.

Car, en définitive, comme toujours, ce sont les jeux qui parlent le mieux des capacités d’une machine de gaming.

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Les FPS peuvent être appréciés avec la souris d’appoint, mais si la partie doit durer, autant brancher un clavier et une souris Bluetooth.

🖥️ Trois définitions, pour s’adapter aux titres lancés

Nous l’avons dit tout à l’heure, le Legion Go offre trois définitions d’écran. La première, la plus élevée (2560×1600 pixels) sera toutefois à réserver aux jeux et activités les moins gourmandes. Il est ainsi possible de jouer à des titres « 16-bit », comme Dead Cells sans encombre en mode économie d’énergie dans cette définition – le silence est alors total, quel plaisir ! Il est aussi possible de jouer à des FPS, anciens, mais toujours aussi efficaces comme Left 4 Dead 2, en poussant un peu plus les performances. En revanche, des titres vraiment lourds (et beaux) comme Red Dead Redemption 2, Assassin’s Creed Valhalla ou encore Cyberpunk 2077 seront injouables en 2560×1600 pixels.

Les deux premiers le deviendront en passant en Full HD+ (1920×1200). On passe alors le cap des 40 images par seconde. Tandis que Cyberpunk 2077 aura besoin que vous activiez le mode Steam Deck, en 1920×1200 pixels, dans les réglages du jeu pour s’approcher des 40 fps, sans les franchir. En passant en 1280×800 pixels, il dépassera alors les 59 images par seconde.

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Le Legion Go est discret, seules les LED autour des sticks et sur le bouton Marche/Arrêt cèdent à l’appel du RGB.

Autrement dit, Lenovo vous propose trois définitions, comme trois rapports ou points d’équilibre entre l’exigence des jeux et ce que son Legion Go peut offrir. Amoureux du pixel art, des vieux titres, le 2560×1600 pixels à 144 Hz vous flattera les yeux. Les titres qui ont mis à genoux nos configurations il y a quelques années pourront tourner très honorablement en 1920×1200 pixels, même s’il faudra parfois sacrifier quelques effets. Enfin, les titres récents devront se contenter du 1280×800 pixels, et encore quand tout se passe bien. Mais, une fois encore, difficile de se plaindre, quel plaisir de jouer à GTA V (environ 64 images par seconde, les réglages flirtant entre moyen et haut)) ou à Dirt 5 (environ 46 images par seconde en mode Moyen) dans son lit ou sur son canapé, tranquillement.

🔋 Autonomie : portable, mais pas trop loin d’une prise

Le Legion Go est suffisamment vaste pour embarquer une batterie d’une belle taille. Les 49,2 Wh ne lui permettent toutefois pas d’être très endurant. Pour avoir une idée un peu plus claire de ce que peut le Legion Go nous l’avons confronté à notre test de lecture d’une vidéo 4K en continu. Le PC-Console de Lenovo a alors tenu 3h27 minutes avant de rendre les armes (avec la luminosité de l’écran réglée à 200 cd/m2).

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Le Lenovo Legion Go se recharge assez vite grâce à son chargeur de 65 W.

Une autonomie qui n’est pas exceptionnelle et incitera à jouer le plus souvent en laissant le Legion Go branché au secteur. Il semblerait que Lenovo ait conscience de cette nécessité, car il a placé deux ports USB-C capables de recharger l’appareil (en USB 3.0). On peut ainsi maintenir en charge le Legion Go soit par le haut, si on l’appuie sur un bureau ou son ventre, soit par le bas. Avec le chargeur 65 W d’origine, l’appareil s’est rechargé complètement en 85 minutes, tout en atteignant les 50% en un peu plus de trente minutes.

Les 3h27 d’autonomie de notre test peuvent paraître décorrélées de la réalité du joueur. Toutefois, deux remarques. La première, il rappelle que le Legion Go est un PC portable d’une nouvelle forme, qui est donc capable de facilement accéder à Netflix et consorts, ou de lire les fichiers que vous avez téléchargés sur son disque dur. La seconde, nous avons constaté, et cette fois-en jouant, manettes en main, que ce chiffre correspond au meilleur de ce que fournit le Legion Go.

Lenovo Legion Go
Vous pourrez recharger votre Legion Go aussi bien par le haut que par le bas, selon ce qui vous arrange le plus à l’instant.

Avec des jeux peu gourmands, comme Dead Cells, qui peut tourner avec les réglages de consommation électrique les plus faibles, nous avons ainsi tenu 3h22 loin d’une prise de courant. Il est évident que des jeux plus exigeants, qui demandent à accéder au mode performance pour être fluides, peuvent vider la batterie jusqu’à deux fois plus vite… C’est notamment le cas de Cyberpunk 2077.

Bien entendu, le Ryzen Z1 Extreme n’est pas le seul élément à jouer sur l’autonomie que vous obtiendrez. La luminosité de la dalle de 8,8 pouces compte pour beaucoup également, son taux de rafraîchissement (144 ou 60 Hz) peut jouer également.

Une chose est certaine, mieux vaut ne pas être loin d’une source d’énergie… Et cette autonomie limitée est en soit une réponse suffisante à ceux qui souhaiteraient voir un module 5G ajouté au Legion Go… Mieux vaut jouer hors ligne une heure ou deux qu’en ligne mais vraiment pas longtemps.

⚖️ Notre verdict du test du Lenovo Legion Go

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8/10

Lenovo Legion Go

Le PC-console de jeu sous Windows aux airs de Nintendo Switch sous stéroïde

  • Console rétrogaming Lenovo LEGION GO
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On aime
  • L’écran géant
  • Les « joy-cons » PC et le pied pliant
  • La ludothèque virtuellement illimitée
  • La charge par le haut ou le bas
  • Le silence pour beaucoup de jeux
On n’aime pas
  • L’autonomie très limitée
  • Le poids et l'encombrement
  • La définition maximale un peu trop élevée pour la puce
  • La ventilation pour quelques FPS de plus
  • La dalle pas OLED
Verdict :

Difficile de ne pas être séduit par le Legion Go, qui met entre nos mains de joueurs toute l’intelligence ergonomique d’une Switch musclée – et alourdie – pour les besoins du jeu sur PC. Toutefois, comme tous ces PC-consoles, sous Windows, quelques petits soucis logiciels compliquent les choses, sans même parler du fastidieux besoin de configurer les manettes pour pouvoir jouer à certains titres. Néanmoins, Lenovo s’essaie à apporter des solutions intéressantes, à défaut d’être parfaites. La puissance offerte est suffisante pour la plupart des titres, et impliquent parfois quelques sacrifices pour les jeux les plus lourds, mais tel est le prix à payer pour jouer à des titres PC en situation de mobilité… mais pas trop éloigné d’une prise de courant. Le Steam Deck a encore de l’avance en matière d’intégration, mais Lenovo réussit un très beau premier essai, extrêmement convaincant.

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