Ookla, nPerf, Google : à quel test de connexion peut-on se fier ?

Quand on change de FAI ou que l’on déménage, et une fois la box installée, on a souvent ce même réflexe : tester sa connexion à l’aide d’un service en ligne. Des services mesurant le débit et le ping, il en existe plusieurs sur le Web et ils répondent au nom d’Ookla, de nPerf ou de Fast (derrière lequel se cache Netflix). Même Google s’y est mis et propose désormais un outil mesurant les performances d’une connexion au Web. Mais tous ne sont pas logés à la même enseigne et livrent parfois des résultats complètement différents. Alors, à qui faire confiance et pourquoi ?

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Des écarts importants de la part de Google

Vous ne l’avez peut-être pas remarqué, mais depuis quelque temps, Google propose son propre outil de mesure de débit. Pour y accéder, il suffit d’entrer dans le moteur de recherche le terme « speedtest » (ou « Test de vitesse Internet », si vous préférez les termes francophones, ça fonctionne aussi). Le test est réalisé en collaboration avec Measurement Lab (M-Lab). Le premier résultat affiché par Google vous propose de lancer un test de vitesse. Si vous l’exécutez à 2 ou 3 reprises, vous constaterez probablement de très grosses différences sur les débits montant et descendant, mais également au niveau du ping de votre connexion. Et ces différences ne s’arrêtent pas à l’outil de Google : chez les autres services, des résultats complètement différents peuvent également être constatés en fonction du système d’exploitation ou du navigateur. Ne rejetez pas la faute sur votre FAI, il n’y est pour rien.Un test effectué à l’aide de l’outil de Google, sur la même configuration, mais à deux minutes d’intervalle.

Faisons le test

Afin de trouver l’origine de la faille, nous avons opéré de la manière la plus simple qui soit : nous avons lancé à 10 reprises un test de rapidité sur un PC équipé de Windows 10 et sur une connexion fibrée en 1 Gb/s. Nous avons pris en considération Ookla, nPerf et Google, et avons délibérément écarté Fast, qui ne livre pas assez d’informations face à ses concurrents (seul le débit descendant est pris en compte sur le service de Netflix). Et nous avons obtenu les résultats suivants :

  • L’outil de Google se plante dans 40% des cas et affiche un débit descendant situé aux alentours des 450 Mb/s (au lieu de 1 Gb/s). Il retourne un débit montant de 8 Mb/s (au lieu de 256 Mb/s), et un ping de 24 ms (au lieu de 1 ou 2 ms).
  • Le service de nPerf est nettement plus proche de la réalité et affiche en moyenne un débit descendant de 985 Mb/s (nous avons même obtenu un résultat de 1 Gb/s, mais une fois seulement). Le débit montant se situe aux alentours des 248 Mb/s, quand le Ping est de 2.2 ms.
  • Enfin, Ookla (Speedtest.net) est lui aussi raccord avec le débit annoncé par le FAI. Il mesure un débit descendant de 945 Mb/s en moyenne, un débit montant de 245 Mb/s, et un ping de 2 ms. Là encore, on est assez proche de la réalité.

    nperf nous a permis d’atteindre le Gb/s en download.

Une histoire de multithread, de serveur et de système d’exploitation

Nous avons contacté nPerf pour en savoir un peu plus sur les méthodes de test du service, et afin de déterminer pourquoi un tel écart pouvait se produire avec l’outil de Google. Selon Renaud Keradec, fondateur de nperf, la différence peut se situer dans la méthode d’analyse elle-même. Son outil, tout comme celui d’Ookla d’ailleurs, utilise une méthode de multithread, qui consiste à établir plusieurs connexions en simultanée. L’objectif de cette technique est ainsi de saturer la bande passante, tout en évitant les goulots d’étranglement et en augmentant dès le démarrage la requête de débit. Google et M-Labs reconnaissent d’ailleurs n’utiliser qu’une seule connexion pour tester la bande passante d’une connexion. L’absence de cette méthode d’analyse chez Google explique donc les écarts importants entre son outil et ses concurrents, voire les différences constatées entre Google et lui-même (dans 60% des cas, l’outil de Mountain View affiche un débit davantage en adéquation avec la connexion de test).

Une autre piste pourrait également expliquer quant à elle la différence de ping : la localisation du serveur avec lequel le test de connexion est effectué. Dans le cas de nPerf et d’Ookla, les tests sont effectués sur un serveur situé en France. Il est même possible de changer manuellement de serveur chez ces deux services. En revanche, les serveurs de Google sont situés un peu partout dans le monde, et il semble très probable que Google n’utilise pas systématiquement le serveur le plus proche de l’utilisateur.
Ookla, tout comme nperf, affiche un résultat en adéquation avec la connexion annoncée par le FAI.

Enfin, Renaud Keradec nous a révélé avoir constaté de son côté de très nettes différences entre les systèmes d’exploitation et les navigateurs. Chrome sous Linux ou Windows est celui qui affiche les meilleurs résultats, talonné par Firefox. En revanche, les choses se gâtent sous mac OS. À l’aide de Safari par exemple, il semble difficile de dépasser les 500 Mb/s, même sur une connexion à 1 Gb/s. L’équipe de nPerf a également constaté une grosse anomalie sous Firefox (toujours sur mac OS), qui limite sans raison les flux https, une technologie justement adoptée par nperf, et qui ne permet pas à la connexion de dépasser les 300 Mb/s.

Alors au final, quel service utiliser ?

Si vous souhaitez mesurer votre débit, ne faites pas confiance pour l’instant à Google. L’outil a besoin de revoir ses méthodes de test, et surtout d’apporter une meilleure solution aux utilisateurs situés en France. Si vous utilisez un PC sous Linux ou Windows, nPerf ou Ookla devraient vous apporter une solution idéale. Sur Mac, tournez-vous du côté d’Ookla, mais sans grande garantie de résultats. Et si vous bénéficier d’une connexion connexion FTTH, il est recommandé d’utiliser Chrome plutôt que le navigateur Apple.
Dans tous les cas de figure, n’hésitez pas à lancer deux ou trois fois le test de débit et d’établir une moyenne des trois résultats. Enfin, gardez en tête que tous ces chiffres sont finalement très théoriques et ne vous assurent jamais de télécharger à la vitesse maximale : tout dépend du serveur que vous avez en face, du nombre de connexions ouvertes à la maison et de votre configuration matérielle et logicielle.

Note de la rédaction : depuis quelques mois, Tom’s Guide a intégré sur son site un test de débit. Il s’agit d’un outil développé par nPerf pour les lecteurs du site. Au regard de cet article, il nous semblait indispensable d’apporter cette précision à notre lectorat. Néanmoins, les résultats constatés nous confortent donc dans le choix de notre partenaire pour ce service.