[Test] iPad Pro (2018) : tablette géniale, ordinateur frustrant

8/10

iPad Pro 11″ 64 Go (2018)

899,99€ > Darty
On aime
  • Design très réussi
  • Stylet amélioré
  • Performances au top
  • Très bon écran
On n’aime pas
  • Limité par iOS
  • Les accessoires indispensables sont trop chers
Verdict :

Sans forcer son talent, l’iPad Pro peut prétendre au titre de meilleure tablette du moment. Bien finie, rapide, ultra puissante et dotée d’une autonomie hors normes la tablette d’Apple est tout simplement sans rival. En revanche lorsqu’il s’agit de remplacer un PC portable, aussi douée soit-il, l’iPad Pro se retrouve contraint par les limitations d’iOS. C’est tout le paradoxe de ce produit : en configuration « travail », c’est à dire avec ses accessoires, son prix avoisine celui des Macbook, qu’il ne peut contester. En définitive, si l’on souhaite une tablette, on se tournera vers un iPad (2018) bien moins cher. Et si l’on recherche davantage un outil de travail, à prix équivalent, il y a le Macbook Air.

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Que vaut le nouvel iPad Pro ? Peut-il remplacer efficacement un PC portable ?

Annoncé en même temps que le tout nouveau Macbook Air, l’iPad Pro a de sérieuses ambitions. Celles de contester les ordinateurs portables tout en restant la tablette la plus aboutie du marché. Si la deuxième mission est remplie sans encombres, l’iPad Pro n’est pas près de mettre notre Macbook en retraite anticipée. Explications. 

Oui – Parce que son nouveau design est très réussi

L’iPad Pro 2018 inaugure un nouveau design pour la tablette haut de gamme d’Apple. Celui-ci est oublie les angles arrondis des précédentes générations pour aller vers des bords plus anguleux qui rappèleront à certains le design de l’iPhone 4. Bien évidemment, Apple ne se contente pas de remettre au goût du jour l’esthétique de 2010. Il y a aussi une bonne dose d’iPhone XS dans cet iPad, à commencer par un écran bord à bord qui fait disparaître le bouton home au profit de Face ID. 

>>> Lire : notre test de l’iPhone XS (2018)

Le résultat est très agréable et fait de l’iPad Pro une tablette très agréable à utiliser. D’autant plus que tout a été bien pensé, et notamment le Face ID en mode paysage qui fonctionne parfaitement. Dommage cependant qu’Apple n’ait pas jugé bon d’adopter l’OLED sur sa tablette haut de gamme. L’impression « bord à bord » aurait été accrue et les vilaines bordures noires (également présentes sur l’iPhone XR) auraient été plus discrètes.

Oui – pour un stylet amélioré et une cover mieux maitrisés

Le premier iPad Pro embarquait également la première génération de stylet Apple, le « Pencil ». Si les critiques le concernant était globalement bonnes, un reproche revenait systématiquement : il n’y avait nulle part où le ranger. Avec le Pencil de deuxième génération, le souci est en partie réglé. Ce-dernier est aimanté et vient se coller sur la tranche de la tablette. C’est également de cette façon que ce fait l’appairage Bluetooth et la recharge du stylet. L’aimant est suffisamment puissant pour que le stylet reste collé à la tablette, mais il est tout de même risqué de le placer à cet endroit lors de ses déplacements. En revanche, en position « travail », la place du Pencil apparaît comme naturelle. 

L’autre avantage du nouveau stylet c’est sa fonction « double tap ». Il s’agit de tapoter légèrement le dessus du Pencil avec son doigt pour ouvrir un raccourci prédéfini auparavant. Celui-ci peut varier d’une application à l’autre pour peu qu’il soit pris en compte par les développeurs. Il pourrait également cacher bien plus de fonctionnalités comme l’a démontré iFixit lors du démontage de l’accessoire. Enfin, l’intégration est toujours aussi bien maîtrisée chez Apple. Ainsi, lorsque l’iPad Pro est éteint et que l’on touche l’écran avec le stylet, c’est l’application « Notes » qui s’ouvre directement. 

L’autre accessoire indispensable, c’est le « smart keyboard folio ». Il sert à la fois de clavier et de protection pour l’iPad. Aimanté, lui aussi, il se fixe très bien et n’alourdit pas trop l’ensemble. Surtout, une fois connecté à la tablette, il change légèrement son fonctionnement en ajoutant, par exemple, des raccourcis à l’écran sur certaines applications de traitement de texte. Si les accessoires de l’iPad Pro sont très bien maitrisés ils disposent d’un défaut majeur : leur prix. 199€ (version 11 pouces) pour le clavier, 135€ pour le Pencil, c’est-à-dire 334€ qu’il faut ajouter à un prix minimum de 899€ pour faire de votre iPad Pro un peu plus qu’un simple iPad.

Non – Parce qu’il ne peut pas remplacer un ordinateur portable

L’iPad Pro est une bête de course. Que ce soit pour la version 10,9 ou 12,9 pouces, Apple a utilisé la plus puissante de ses puces, l’A12 Bionic. Celle-là même qui équipe les iPhone de 2018… et qui écrase les benchmarks. Concrètement, la tablette d’Apple est ultra véloce, ce qui permet à ses représentants de dire qu’elle est plus puissante que 90% des PC portables vendus dans le monde. Si la comparaison n’a que peu de sens, elle mérite tout de même qu’on se pose la question : à quoi peut bien servir ce concentré de puissance de calcul ?

Car dans les faits, lorsqu’on essaie de travailler avec l’iPad Pro, dès lors qu’il s’agit d’autre chose que de traitement de texte ou d’édition de photos/vidéos, on se retrouve très vite limités. Les contraintes ne viennent évidemment pas de la tablette mais bien de son OS. Car si l’iPad sait à peu près tout faire il ne le peut pas. iOS 12 lui interdit bon nombre d’actions comme le fait par exemple de pouvoir raccorder une souris à l’iPad ou d’y installer des logiciels. En ce sens dans sa mission de remplacement d’un ordinateur portable, l’iPad Pro aurait mieux fait d’embarquer MacOS. Et c’est là que le bât blesse, car lorsqu’on passe un iPad en configuration travail (tablette + smart cover + stylet) son coût, 1233€ dans la configuration la plus basse, atteint quasiment celui d’un Macbook Air (1349€) mieux doté. Or si ce dernier n’a pas de stylet, il n’est pas beaucoup plus encombrant et surtout il n’est pas limité par un OS de smartphones.

Enfin, côté autonomie, l’iPad Pro rend une copie très correcte. Plus de 15h en lecture vidéo et jusqu’à 2 jours et demi sans recharge pour un utilisation assez équilibrée. 

Oui – Parce que l’iPad Pro fait des choix techniques judicieux

Sortie en 2015, la première version de l’iPad Pro semblait reprendre machinalement les traits de l’iPad en se contentant d’y ajouter le stylet et une cover dédiée. La version 2018 va nettement plus loin. Tout d’abord, elle va piocher dans les bonnes idées de l’iPhone en faisant disparaitre le bouton « Home » au profit d’un plus grand écran. De fait, c’est Face ID qui permet de déverrouiller sa tablette désormais ou d’effectuer certains paiements. Mieux encore, l’iPad Pro abandonne son cher port « Lightning » au profit de l’USB-C qui équipe la plupart des gadgets high-tech récents. L’idée est à saluer, son application beaucoup moins. Car s’il est possible, par exemple, de brancher un iPad à un moniteur, il va falloir oublier la possibilité d’y brancher une souris ou un disque dur externe. C’est tout simplement impossible. 

Enfin, Apple a tenu à garder un écran IPS sur son iPad. Si on a déjà pu regretter ce choix et l’absence d’OLED, il ne faudrait pas non plus passer à côté de l’essentiel : l’écran de l’iPad Pro est très réussi. Excellente reproduction des couleurs, très peu de reflets, et 120 Hz… les arguments ne manquent pas pour saluer les très bonnes performances de la dalle d’Apple. 

Un iPad pour prendre des photos… vraiment ?

La décence et le bon goût voudrait qu’on empêche les utilisateurs de se servir de leur tablette pour prendre des photos. Il n’empêche, certains hérétiques continuent à prendre leur tablette pour un appareil photo. Loin de les blâmer, Apple leur offre sur l’iPad Pro un capteur de très bonne facture. Pas de double capteur comme sur les iPhone XS et XS Max, mais un dispositif très proche, y compris dans ses résultats, de l’iPhone XR. Une très bonne qualité d’image donc, et même un mode portrait (limité aux personnes). Seul point faible, les photos en basse lumière.