[Test] Ninebot ES2 : que vaut la nouvelle trottinette de Segway ?

3,5/10
On aime
  • Design sobre
  • Le confort grâce aux amortisseurs
  • Le double frein
  • Des Leds de partout
On n’aime pas
  • Pas d'avertisseur sonore
  • Deux fois moins d'autonomie qu'annoncé
  • Un moteur trop peu puissant
  • Dangereuse sous la pluie et en forte descente
  • Pas du tout aisée à transporter
Verdict :

L’ES2 est loin d’être la meilleure des trottinettes électriques. Elle se défend sur son design qui est sobre et agréable à l’oeil. Son affichage numérique, ses amortisseurs, sa profusion de Leds et son double frein forment le creuset de ses qualités. Mais son pendant négatif est plus important avec une autonomie trop insuffisante, un moteur poussif et des comportements dangereux. Pour son prix, on préfère se tourner vers le modèle de Xiaomi, la M365. Plus rustique et moins bien finie, elle est aussi plus sécurisante et dynamique.

plus

NDLR > Nous avons rarement l’habitude de mettre une note aussi négative, mais l’ES2 se montre dangereuse. On peut passer sur son comportement plus que moyen sur route humide, mais qu’elle se coupe automatiquement en descente lorsque l’on freine à plus de 30 km/h est difficilement pardonnable.

L’ES2 est la seconde trottinette du constructeur chinois Ninebot. Longtemps spécialisée dans les gyropodes et gyroroues, cette start-up lourdement financée par Xiaomi, a racheté en 2015 Segway, donnant naissance à la marque Ninebot by Segway.

Si ce nom ne vous dit rien, nombre de citadins croisent tous les jours ses produits puisque c’est Ninebot by Segway qui fournit Lime, l’une des deux sociétés de trottinettes en libre-service qui inondent les rues de plusieurs grandes villes.

Les trottinettes Lime-S sont basées sur des ES1, une première génération qui constitue l’entrée de gamme de Ninebot « pour le papa en quête d’aventure quotidienne », de la bouche même du constructeur. L’ES2, c’est tout autre chose nous vend-on, puisqu’elle est considérée par son constructeur comme « la Rolls des trottinettes électriques ». Après avoir testé un bon paquet de modèles, on avait hâte de faire quelques tours de roue avec celle-ci.

>>> Comment bien choisir une trottinette électrique ?

Oui et non – Design, mais encombrante

Ninebot a créé une trottinette visuellement très sobre. Ses lignes sont douces et épurées. Aucun câble apparent ici, si ce n’est un petit morceau entre la roue et la colonne de direction, tout le reste est bien camouflé dans la tubulure métallique du guidon. Un effort qui rassure, l’électronique étant ainsi bien protégée.

Si elle est agréable à regarder, l’ES2 est loin d’être pratique à transporter. En l’absence de poignée de transport, on est obligé de la saisir par sa colonne de direction pour la porter en position pliée. Celle-ci est tellement large que les 12,5 kg de la machine deviennent rapidement insupportables pour les bras. On en vient alors à la déplacer en mode trolley, en la tirant sur une seule roue par le guidon. Une méthode plus embêtante et pas toujours évidente dans les transports en commun. De plus, la hauteur de son guidon est fixe, tout comme ses poignées qu’il est impossible de rabattre.

A part cela, ses finitions sont bonnes, avec notamment un système de fermeture rapide au pied.

Sur les trois semaines de test, nous n’avons pas eu à déplorer de jeu dans les axes. En mouvement, on est juste intrigué par un bruit de claquement venant de l’arrière lorsque l’on passe une bosse ou une imperfection de la route. Un bruit de plastique peu qualitatif, mais qui n’entame en rien la bonne conduite de la trottinette.

Dernier point pratique, Ninebot a eu la bonne idée d’installer un système de déverrouillage au pied, ce qui permet de plier la trottinette en un rien de temps, et ça c’est bien pratique.

Oui – Un festival lumineux !

De nuit, c’est certainement l’une des trottinettes les plus voyantes du marché. Et c’est tant mieux puisque l’utilisateur y gagne en sécurité. Sa lampe avant est intégrée à la colonne de direction et indique bien la position, mais manque un peu de puissance pour éclairer correctement la chaussée. Deux leds de part et d’autre de la roue arrière marquent les feux de position et les feux-stops.

Enfin, le petit plus de Ninebot, c’est une bande lumineuse qui coure sur toute la longueur de la partie inférieure de la planche. Programmable via l’application Ninebot-Segway, elle peut s’illuminer en continu, par intermittence, en fonction de la vitesse, etc., et ce dans de multiples couleurs. Certes, ça fait un peu tuning, mais cet élément lumineux est un élément de sécurité supplémentaire selon nous. Un bon point.

Oui – Des amortisseurs au top

Pas de pneus gonflables pour Ninebot. Le constructeur chinois mise ses sur des modèles pleins qui ne craignent pas le clou. Le risque est de perdre en confort, mais les ingénieurs ont palier ce problème avec des amortisseurs avant et arrière. Une première ou presque dans cette gamme de prix. La conduite est alors très lisse et agréable, surtout lors des passages de trottoirs.

On regrette juste de les entendre claquer lorsque l’on passe sur un terrain abîmé. À noter également que les poignées sont de bonne facture. Quant au grip, en caoutchouc, il est fonctionnel, mais peut mal accrocher s’il est humide, en fonction du type de semelles qui sont en contact avec lui. Jusqu’alors, nous n’avons pas trouvé mieux que le grip en caoutchouc épais utilisé par Micro Mobility.

Non – Une véritable savonnette sur route humide

Nous avons pu tester l’ES2 sous la pluie. Certifiée IP54, elle est résistante aux éclaboussures d’eau, une bonne chose. Néanmoins, disons-le tout de suite, notre balade n’a pas été très agréable. La trottinette patine au démarrage avant d’accrocher le bitume, ce qui n’est pas de bon augure.

Mais c’est dans les virages que nous nous sommes fait quelques bonnes frayeurs. L’ES2 chasse littéralement lorsqu’elle est inclinée sur route humide. Impossible de ne pas décélérer fortement si l’on ne veut pas tomber. De plus, il est fortement conseillé de prendre un virage large pour ne pas perdre l’adhérence.

Un tel comportement n’est imputable qu’à la structure des pneus. Pleins, ils ne favorisent pas l’accroche. Idem pour leur rainurage qui ne semble pas optimal pour assurer une conduite en toute sécurité sur route humide.

Non – Moitié moins d’autonomie qu’escompté

Comme à notre habitude, nous avons éprouvé l’autonomie de l’ES2 sur notre trajet de test type. Pour ce test, nous avons activé le mode le plus puissant de la trottinette, soit le mode Sport (S) dans le cas de l’ES2. La récupération d’énergie, réglable, était quant à elle fixée à « moyenne ».

Notre parcours relie Suresnes (92) à Versailles (78). Longue de 12,2 km, cette route est composée de belles montées et de quelques pentes douces. Elle mêle aussi de manière intéressante chaussée, trottoirs, travaux et chemins de terre. L’ES2 est donnée pour 25 km sur terrain plat avec un utilisateur de 70 kg. Notre tracé n’est pas identique, mais pour le poids, on est dans les cordes avec 73 kg sur la balance.

Le résultat n’est pas élogieux puisque l’ES2 n’a même pas achevé notre parcours avant de s’éteindre, à bout de souffle, et ce, à deux reprises, sur deux exemplaires différents. 11,4 km, c’est tout ce qu’elle a pu parcourir au maximum, et encore, il a fallu l’aider dans les côtes en donnant de larges impulsions du pied, sans quoi sa vitesse aurait chuté rapidement. Un problème de moteur pas assez puissant avec ses 300 Watts et qui ne donne pas vraiment de coup de pied aux fesses au démarrage.

On est donc loin des 25 km promis, et s’il faut pondérer ce résultat avec les conditions réunies par Ninebot pour leur propre test, on était tout de même en droit d’en attendre plus. Pour référence, les E-Twow ont toutes passé cette étape haut la main. De son côté, la Xiaomi M365, concurrente directe de l’ES2, passe notre ligne d’arrivée avec un reste de 20 % d’autonomie.

Oui et non – Un assez bon freinage, mais qui peut éteindre la trottinette…

Sobre, l’ES2 opte pour un freinage magnétique. Disponible sur la partie gauche du guidon, il est progressif, mais ne freine pas complètement la machine. Pour le compléter, on a accès à un frein à pied situé dans le garde-boue arrière, comme sur une trottinette mécanique. La combinaison des deux est performante, excepté sur route humide où la distance de freinage est bien agrandie.

Mais nous nous sommes aperçus que le freinage était aussi le talon d’Achille de l’ES2. Dans une pente à forte inclinaison où nous étions lancés en roue libre à un peu plus de 30 km/h, nous avons voulu ralentir en pressant le frein magnétique. Au bout de quelques secondes, le moteur s’est mis en sécurité et la trottinette s’est éteinte alors que nous filions encore à vive allure. Heureusement que le frein arrière est mécanique. C’est lui qui nous a sauvés de l’accident. Nous avons constaté ce problème à deux reprises sur deux exemplaires différents de l’ES2. Sur ce point, elle est dangereuse.

Dernier grief concernant la sécurité, l’ES2 est livrée sans aucun avertisseur sonore. Il faut donc s’en procurer un à part. En l’état, c’est assez compliqué de se signaler auprès des autres usagers.