Le Parquet de Paris cible X dans une vaste opération judiciaire

Une opération judiciaire d’envergure a été lancée ce mardi en France, marquant une nouvelle étape dans l’affaire qui vise le réseau social X, anciennement connu sous le nom de Twitter.

Elon Musk Twitter X likes
© Elon Musk, X
X dans la tourmente : enquête, perquisition et départ du Parquet

Les bureaux français du groupe X ont été visés, ce mardi 3 février 2026, par une perquisition, menée dans le cadre d’une enquête initiée en janvier 2025. Cette action intervient alors que le Parquet de Paris intensifie ses investigations sur la responsabilité du réseau social dans la diffusion de contenus illicites.

L’opération a été conduite par la section de lutte contre la cybercriminalité du Parquet de Paris, en collaboration avec l’unité nationale Cyber de la Gendarmerie et Europol. Les autorités recherchaient des éléments matériels et numériques susceptibles d’éclairer les allégations portées contre X, notamment en matière de modération des contenus publiés par les utilisateurs.

Les griefs reprochés à la plateforme sont nombreux

Selon la plainte, X ferait preuve d’un manque de modération, qui contribuerait à la circulation ou à la disponibilité de contenus répréhensibles. Parmi les chefs d’accusation figurent notamment la complicité dans la détention et la diffusion d’images à caractère pédopornographique, la mise à disposition de tels contenus en bande organisée, ainsi que des infractions liées aux deepfakes à caractère sexuel, à la négation de crimes contre l’humanité et encore des actes de falsification et d’extraction frauduleuse de données. La plateforme est également poursuivie pour l’administration d’une plateforme en ligne illicite en bande organisée.

Sur le plan européen, les autorités estiment que X enfreint certaines dispositions du Digital Services Act (DSA), le cadre réglementaire qui impose aux grandes plateformes des obligations strictes en matière de modération et de transparence. Cette action française s’inscrit donc dans un contexte plus large de régulation des géants du numérique, qui doivent aujourd’hui répondre à des normes européennes renforcées.

Dans le communiqué publié sur la plateforme, le Parquet de Paris a également annoncé la convocation d’Elon Musk, fondateur et figure emblématique de l’entreprise, ainsi que Linda Yacarino, anciennement à la tête de X. Leur audition s’inscrit dans le cadre de l’enquête en cours, sans que les détails de ces convocations n’aient été rendus publics pour l’heure.

Le Parquet de Paris quitte X

Parallèlement à cette annonce judiciaire, le Parquet a déclaré se désengager de X, invitant ses abonnés à suivre ses communications sur d’autres réseaux sociaux, notamment Instagram et LinkedIn. Cette décision intervient malgré l’absence du macaron officiel sur le compte utilisé pour diffuser l’information, une anomalie qui n’a pas empêché les vérifications d’authenticité via les autres plateformes officielles de l’institution.

Ce retrait du Parquet de la plateforme illustre une tendance plus large au sein des institutions françaises et politiques à réduire leur présence sur X. L’année précédente, Roland Lescure, alors ministre de l’Économie, avait déjà quitté le réseau pour s’inscrire sur Bluesky, évoquant des motifs similaires liés à la gouvernance et à la modération des contenus.