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L’eau des astéroïdes pourrait servir de carburant pour l’exploration spatiale

Il est plus facile d’apporter du carburant vers une orbite géosynchrone à partir d’un astéroïde proche de notre planète qu’à partir de la Terre elle-même. Et si la prochaine étape de l’exploration spatiale passait justement par l’exploitation de l’eau des astéroïdes ?

Image 1 : L'eau des astéroïdes pourrait servir de carburant pour l'exploration spatiale

A en croire le laboratoire de recherche en physique appliquée de l’Université Johns Hopkins, dans le Maryland, la majorité des matériaux hydratés présents dans la banlieue proche de la Terre se trouve dans les plus gros astéroïdes. Selon les estimations les plus vraisemblables, sur le millier d’astéroïdes riches en eau qui se trouvent à une distance proche de notre planète, entre 26 et 80 dépassent le kilomètre de large. La quantité d’eau « cachée » dans ces objet représenterait l’équivalent de 320 000 piscines olympiques, soit bien plus que l’eau présente aux deux pôles de la Lune !

A terme, cette eau pourrait servir de carburant aux satellites et autres vaisseaux spatiaux : plutôt que de les réapprovisionner depuis la Terre, il sera plus facile de directement les réapprovisionner grâce à des stations spatiales qui pourraient convertir l’eau en oxygène et hydrogène grâce à l’énergie solaire.

Transformer l’eau des astéroïdes en oxygène et hydrogène

Il est difficile de rechercher l’eau dans l’espace depuis la surface de la Terre. L’atmosphère de notre planète bloque en effet la longueur d’onde propre à cette molécule. Au lieu de cela, les chercheurs se sont tournés vers des astéroïdes en partie composés de fer oxydé. La présence de ce composé chimique permet de manière indirecte de savoir que l’astéroïde possède des minéraux riches en eau.

Selon une étude antérieure basé sur des chutes de météorites, les astéroïdes de ce type (baptisés Ch) pourraient représenter près de 10% des objets proches de notre planète (NEO, near-Earth object). A l’heure actuelle, trois NEOs rentrant dans la catégorie des astéroïdes Ch ont été découverts. On est donc encore loin des 26 à 80 estimés.

Le dilemme pour les futures entreprises de forage

L’étude montre également que plus d’un millier d’objets plus petits, d’une centaine de mètres, pourraient se montrer intéressant à miner en raison de leur gravité plus faible. En contrepartie, la quantité d’eau extraite serait également inférieure.

Pour les futures entreprises de forage, le dilemme est donc bel et bien présent : faut-il viser un seul astéroïde de taille importante, au risque que celui-ci s’avère « sec », ou au contraire se diriger vers un objet de taille plus raisonnable, avec des réserves en eau moins importante mais avec un coût d’exploitation plus faible ? Dans tous les cas, l’exploitation de ces astéroïdes reste plus simple et moins coûteuse que de récupérer l’eau présente aux pôles lunaires.