Robots tondeuses : faut-il vraiment attendre les modèles de 2027 ?

Les robots tondeuses ont occupé une place de choix à l’IFA, avec de nombreuses innovations, notamment pour mieux gérer les bordures. Mais cette nouvelle génération marque-t-elle une véritable rupture technologique ou plutôt l’arrivée à maturité du marché ?

Image 1 : Robots tondeuses : faut-il vraiment attendre les modèles de 2027 ?
© Mova

Il y a des périodes où certains produits passent des caps technologiques importants. Ces deux dernières années, les robots tondeuses ont clairement fait partie de cette catégorie. L’abandon progressif des fils périmétriques, puis le développement de systèmes de navigation capables de se passer d’antennes RTK sur mât, ont considérablement simplifié leur installation et leur utilisation. Des progrès qui ont contribué à rendre ces appareils plus accessibles et à convaincre davantage de foyers de s’équiper.

Mais les robots tondeuses semblent désormais atteindre un palier. L’IFA, le grand rendez-vous de l’électronique grand public qui se tient à Berlin chaque année au début du mois de septembre, en a fourni une bonne illustration. Nous y avons découvert des gammes mieux structurées et des technologies de plus en plus abouties, sur un marché où une concurrence féroce pousse les fabricants à surenchérir en matière d’innovation pour tenter de se démarquer.

Les bordures, éternel problème des robots tondeuses

Cette année, les nouveautés concernaient pour une large part la tonte des bordures. En effet, les pelouses délimitées par des murs ou des clôtures restent problématiques : la conception même des robots empêche généralement leurs lames de venir couper l’herbe au ras d’un obstacle. Quelques centimètres peuvent alors rester intacts, obligeant l’utilisateur à effectuer les finitions manuellement. Les fabricants ont donc imaginé plusieurs solutions pour y remédier.

On peut répartir les solutions proposées en deux grandes catégories : soit le disque de coupe principal se déporte latéralement, soit un second système de coupe prend le relais.

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Le robot tondeuse Eufy Robot S2 Max avec un bras de coupe extensible destiné à traiter le problème des bordures. ©Tom’s Guide

Bras robotisé contre plateau de coupe déporté

Le haut de gamme (il faudra compter au moins 2000€ pour pouvoir se les offrir) va être majoritairement occupé par les modèles équipés d’un bras robotisé extensible. Comme c’est le cas par exemple du Segway-Navimow H5 Pro avec son système EdgeMaestro, un bras flottant capable de se déployer de 7,7 centimètres vers l’extérieur et de suivre les variations du sol. Un module rateau assurant de ramener l’herbe vers le disque de coupe. Il combine également quatre roues motrices et une navigation associant LiDAR, NRTK et vision. Sa commercialisation est prévue début 2027 à un tarif encore inconnu.

>> Lire aussi notre test du Segway Navimow i208 LiDAR

Image 3 : Robots tondeuses : faut-il vraiment attendre les modèles de 2027 ?
© Segway Navimow

Autre exemple, chez Mammotion qui a proposé la version 4 de son robot tondeuse tout terrain, le Luba AWD (dont nous avons testé la version 3). Là encore, le fabricant mise sur un système extérieur au châssis : une tête de coupe à fil, à la manière d’un rotofil, vient travailler au plus près des murs, clôtures et massifs.

Ce modèle met également l’accent sur ses roues avant directrices indépendantes, chacune animée par son propre moteur. Arrivé en bout de ligne, il ne fait plus demi-tour : il repart en marche arrière, décalé d’une largeur de coupe, ses caméras arrière.

Mais l’essentiel des ventes devrait se concentrer sur des modèles un peu moins haut de gamme, comme le robot tondeuse MOVA LiDAX Ultra Gen 2. Celui-ci intègre un second plateau de coupe dédié aux bordures, équipé de lames en plastique et reposant sur la technologie UltraTrim 3.0. Il devrait être lancé au prix estimatif de 999€.

Un positionnement cohérent avec les besoins du marché français, comme nous le confirme Jérôme Ringler, responsable du réseau de distribution France chez MOVA : « En France, la surface engazonnée moyenne se situe entre 400 et 500 m². »

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Le dessous du Mova LiDAX Ultra Gen 2 avec un plateau de coupe avec lames en plastique à gauche et le Mova LiDAX Ultra AWD avec plateau qui se déporte à droite. ©Tom’s Guide

MOVA n’a donc pas tranché entre les deux solutions. Jérôme Ringler nous précise que la marque entend pour l’instant continuer à faire cohabiter ces technologies. Le choix est en revanche plus marqué chez Dreame, qui appartient au même groupe que Mova et s’oriente davantage vers des solutions haut de gamme reposant sur des bras robotisés plutôt que sur de simples plateaux déportés.

Silence et autonomie contre précision

Les partisans du plateau déporté mettent en avant un fonctionnement nettement plus silencieux que les systèmes type rotofil, et une plus grande légèreté susceptible de limiter l’impact sur l’autonomie. En revanche, cela pourrait se montrer moins précis qu’un système spécifiquement dédié aux bordures. Les mécanismes capables d’adapter activement leur position à la forme des obstacles devraient donc plutôt équiper les modèles haut de gamme.

Il faudra attendre les premiers tests pour déterminer quelle solution se montre réellement la plus efficace. Il est toutefois probable que le meilleur choix dépende bien sûr du budget que l’on est prêt à investir mais aussi de la configuration de son jardin.

Mais finissons par un exemple un peu plus futuriste. L’AstraX de Mova, encore au stade de prototype, pousse le concept bien au-delà de la simple gestion des bordures. Son bras robotisé à 360 degrés, doté d’un véritable sens du toucher, serait capable d’adapter précisément la pression exercée pour manipuler des objets. Il pourrait ainsi écarter des obstacles, cueillir des fruits ou encore arroser localement certaines zones du jardin nécessitant une intervention particulière.