[Comparatif] Quelle est la meilleure platine vinyle ?

Le vinyle est de retour. En 2016, il s’est vendu en France 1,7 million de disques, soit 72% de plus qu’en 2015, d’après le Syndicat national de l’édition phonographique. Et aux États-Unis, il s’en est écoulé plus de 13 millions l’an passé, un chiffre en hausse pour la 11e année consécutive.

Alors que la musique dématérialisée explose, portée par les offres de streaming toujours plus accessibles, un nombre croissant d’utilisateurs semblent de nouveau en quête d’un support physique qu’ils puissent manipuler à leur guise. D’abord un peu déboussolés par ce comportement pour le moins étrange, les ayants droit n’ont pas tardé à reprendre leurs esprits. Dire qu’ils s’en pourlèchent aujourd’hui les babines est un doux euphémisme. Et pour cause, vendre un disque de plastique contenant 10 chansons, et qui se dégrade à chaque utilisation, deux ou trois fois plus cher qu’un abonnement mensuel à Spotify donnant accès à des millions de titres… on imagine qu’ils aimeraient bien que le rêve dure le plus longtemps possible !

Quant aux industriels, toujours à la recherche du prochain relai de croissance, ils ont réagi avec la même gourmandise. Les deux derniers CES de Las Vegas ont ainsi été marqués par l’apparition de nombreuses platines au design novateur. Mais les acteurs historiques ne sont pas en reste, à l’instar de Technics, qui présentait en 2016 une réédition de sa célèbre platine pour DJ SL-1200, renommée Platine Vinyle Technics SL-1200GEG-S. Et cette année, le fabricant en a dévoilé une nouvelle déclinaison, la SL-1200GR. Prix respectifs : 3600 et 2000 euros. Quand on aime…


Nos platines vinyles préférées

Bref, après avoir quasiment disparu à la fin des années 80, supplanté par le CD, le vinyle effectue un étonnant retour. Il est trop tôt pour dire s’il s’agit d’une mode passagère ou d’une tendance de fond, mais ce qui est sûr, c’est que les fabricants n’ont pas tardé à s’intéresser au phénomène. C’est simple, on trouve aujourd’hui au moins autant de platines vinyles qu’aux très riches heures du disque noir. Quant aux prix, ils font le grand écart : les modèles bas de gamme coûtent quelques dizaines d’euros, tandis que certaines platines dites « audiophiles » dépassent allègrement les 2000 euros. Pour l’utilisateur novice, difficile de s’y retrouver, d’autant que les appareils emploient des technologies diverses : certains modèles sont manuels, d’autres automatiques ; l’entraînement du plateau s’effectue directement, ou via une courroie ; et la cellule, qui comprend la pointe de lecture (en général un diamant ou un saphir), peut être fixe ou interchangeable… Et il en existe des dizaines de modèles.

Pourquoi acheter une platine vinyle aujourd’hui ?

Vous avez une belle collection de disques vinyles et vous souhaitez de nouveau en profiter ? Notre guide va vous aider à faire le choix. Cela dit, il nous semble important de préciser certains points. D’abord, n’allez pas croire que vous obtiendrez un meilleur son avec une platine vinyle qu’avec une platine CD ou un fichier numérique FLAC. En revanche, vous le trouverez peut-être davantage à votre goût. Gardez ensuite à l’esprit qu’un 33 tours, c’est contraignant. Déjà, chaque face ne contient que 4 ou 5 pistes, ce qui vous oblige à vous déplacer régulièrement pour retourner le disque. En outre, choisir un morceau particulier sur la face demande un minimum de précision, mais là, les choses pourraient bientôt changer. Des ingénieurs hollandais ont développé une platine minimaliste nommée Wheel, qui permet de passer d’une piste à l’autre d’une simple pichenette sur un bouton. Le projet, encore en développement, est financé par une campagne Kickstarter.

Malgré tout, on est encore loin du confort qu’offre la musique dématérialisée, qui permet de créer des playlists de plusieurs heures ou d’écouter en boucle une même piste. Enfin, un disque vinyle s’use avec le temps, ce qui entraîne une dégradation de la qualité sonore. Mais il y a des contreparties. Un disque vinyle, sa pochette (certaines sont de vraies œuvres d’art) et les explications qui y sont incluses, c’est quand même sacrément plus séduisant qu’un fichier numérique, voire qu’un CD. Et puis, avouons-le, il y a un petit côté nostalgique à manipuler cet objet un brin désuet à l’heure du tout dématérialisé. En résumé, si vous appréciez d’écouter un disque comme on regarde un film ou qu’on lit un livre, c’est-à-dire en y consacrant toute votre attention, alors le vinyle va vous séduire. En revanche, si vous aimez diffuser la musique en fond sonore, au cours d’une soirée entre amis ou lorsque vous travaillez, mieux vaut privilégier le numérique.

Platine manuelle, semi-automatique ou automatique : quelles différences ?

Plus c’est cher, moins c’est sophistiqué. Voilà ce qu’on pourrait croire en découvrant le fonctionnement des platines vinyles. En effet, les modèles haut de gamme fonctionnent presque exclusivement en manuel. Ici, pas une once d’automatisme. À vous de déplacer le bras, de le positionner au-dessus du disque, et de pousser le levier pour faire descendre délicatement le diamant sur les microsillons. Pas de moteur, donc pas de risque de panne.

À l’opposé, les modèles automatiques effectuent seuls ces actions. Une pression sur la touche Start, et vous pouvez aller vous asseoir. En fin de lecture, le bras revient se repositionner sur son support et le plateau s’arrête. Solution intermédiaire, le mode semi-automatique : ici, le bras revient automatiquement en fin du disque, mais c’est vous qui le positionnez pour la lecture. D’après nos tests, le mode de fonctionnement n’influe en rien sur la qualité audio : pas de bruits parasites, par exemple.

L’entraînement par courroie ou l’entraînement direct en question

La plupart des platines, y compris très haut de gamme, fonctionnent grâce à une courroie (le plus souvent en caoutchouc), reliée d’un côté au plateau, et de l’autre à un système d’entraînement qui peut même être situé à l’extérieur, comme sur certains modèles de Pro-Ject. Là encore, on privilégie la simplicité et la fiabilité.

Dans les platines à entraînement direct, au contraire, la rotation est assurée par un moteur placé sous le centre du plateau. Plus complexe, ce système est très utilisé pour les platines de DJ. D’abord parce que le plateau redémarre instantanément si l’utilisateur le bloque puis le lâche. Ensuite parce qu’il permet de faire varier le sens de lecture d’avant en arrière (scratch) sans dommage… du moins pour la platine. Le système est néanmoins réputé offrir une longévité moindre que l’entraînement par courroie. Lors de nos tests, nous avons constaté que la platine à courroie Thorens TD-170-1 tournait un peu trop vite. Ainsi, elle lisait une des pistes de référence en 2 minutes 50 au lieu de 2 minutes 55. Heureusement, deux vis micrométriques situées sous le plateau (33 et 45 tours) permettent de corriger ce problème. Pour réaliser le réglage avec précision, il faut néanmoins utiliser un disque stroboscopique (à poser sur le plateau), qui coûte une dizaine d’euros… et s’armer de patience.

Un préampli phono interne ou externe ?

Votre chaîne Hi-fi ou votre ampli home-cinema a moins de 15 ans ? Eh bien il est fort probable que vous n’y trouviez pas d’entrée phono. Ce connecteur étant principalement dédié au branchement d’une platine vinyle, il a disparu en même temps qu’elles. Pour pallier cette absence, deux solutions. La première consiste à acheter une platine dotée d’un préampli phono. C’est le cas de tous les modèles d’entrée de gamme, mais aussi d’un nombre croissant de platines de moyenne gamme. Parmi les modèles que nous avons testés, seule la Pro-Ject, n’en dispose pas. Dans ce cas, vous devrez acheter un préampli externe que vous connecterez grâce à un câble RCA, à l’entrée Aux de votre ampli. Comptez une centaine d’euros pour un modèle offrant un bon rapport qualité/prix. Notez enfin que le préampli intégré à certaines platines peut être désactivé et remplacé par un préampli externe.

Un connecteur USB

Vous souhaitez écouter vos vinyles en voiture ou durant un footing ? Pas de problème, il vous suffit de les numériser. Attention quand même, en faisant cela, vous perdez le son  « analogique » propre au vinyle. Cela dit, il restera toujours les craquements, sauf si vous vous attachez à les supprimer. Les platines USB sont livrées avec un CD contenant le logiciel Audacity. Comme il est gratuit et libre de droit, vous pouvez bien sûr le télécharger si votre ordinateur ne dispose pas de lecteur optique.

Les deux modèles que nous avons testés (Audio-Technica) ont été immédiatement reconnus (Windows 7) et il faut admettre que la qualité de numérisation s’est révélée remarquable. Mais ce n’est pas toujours le cas. On trouve sur le marché de nombreux tourne-disques conçus spécifiquement pour la numérisation, vendus en général moins de 100 euros. Nous en avons testé un, le Clip Sonic TES130. Proposé à 70 euros, il se présente sous la forme d’une valise en tweed de 40X30 cm qui renferme un pick-up fonctionnant sur batterie rechargeable et doté de deux mini-enceintes intégrées. Mais que vaut cet engin nomade au sympathique design vintage, comparé aux platines de salon USB de notre sélection ? Eh bien pas grand-chose. Les enceintes crachent un son rétro (mais attention : rétro façon gramophone de voyage !) et les fichiers numérisés se révèlent fortement dégradés. En fait, cet appareil aurait pu être vraiment intéressant s’il était capable de numériser les 78 tours afin d’en sauvegarder le contenu, certains enregistrements étant désormais introuvables.

Et l’occasion ?

Acheter une platine vinyle d’occasion, pourquoi pas ? Mais avant de craquer pour la première annonce dénichée sur Le Bon Coin, quelques précautions s’imposent. La plupart des vendeurs ont conscience de l’engouement croissant que suscite le vinyle. Si les pick-up ont longtemps été bradés, ça n’est plus le cas désormais. Des modèles  « à restaurer » ou « à réviser » de marque Thorens coûtent souvent plus de 150 euros. Bien sûr, on peut faire encore de bonnes affaires, comme avec cette platine Dual 1219 (de 1972 !) trouvée à 90 euros sur le site de petites annonces. Mais méfiez-vous quand même des offres les plus alléchantes.

Sachez  également qu’une cellule a une durée de vie d’environ 500 à 600 heures. Si la platine convoitée à plus de 10 ans, il est probable que vous deviez en changer, de même que la courroie. Sur les platines d’entrée de gamme, ce n’est pas toujours possible. Enfin, demandez à voir et essayer le modèle chez le vendeur, et si possible avec des vinyles que vous connaissez bien. L’idéal consiste à la tester avec un disque stroboscope afin de vous assurer de la régularité du moteur.

Tableau comparatif des meilleures platines vinyles :