Il était une fois, le téléphone portable

L’arrivée des premiers GSM

Le premier GSM d'AlcatelC’est au début des années 90 que la première génération de téléphone mobile va évoluer. C’est en 1982 qu’est créé le Groupe Spécial Mobile (GSM), qui a été établi pour créer une norme pour les téléphones mobiles. Elle va imposer certains choix technologiques en 1987, comme le chiffrement des informations ou encore l’utilisation de plusieurs canaux radio. C’est en 1991 que la première communication expérimentale sur la norme GSM (alors devenu Global System for Mobile Communications) sera effectuée. À ce moment-là, les spécifications techniques imposent une bande de fréquence à 900 Mhz, qui pourra être doublée à 1800 Mhz pour l’améliorer. Cette norme est toujours utilisée pour les communications téléphoniques en Europe, tandis que les États-Unis et le Canada utilisent des bandes de 850 Mhz et 1900 Mhz.

Les premiers GSM en France

En France, c’est Alcatel qui fabrique le tout premier téléphone portable compatible avec la norme GSM. Ce mobile au design quelque peu archaïque va être commercialisé à partir de 1991. Cet appareil va apporter un certain nombre d’innovations toujours d’actualités aujourd’hui. Pour commencer, il fonctionne sur un système de carte personnelle et interchangeable, la carte SIM (Suscriber Identity Module). Cette carte contient plusieurs informations relatives à l’utilisateur ou au réseau. En outre, elle permet au mobile, s’il est en zone de couverture, d’être joint à tout moment. Il ne peut donc pas fonctionner sans elle.

Bi-Bop : la riposte de France Télécom

Le Bi-Bop de France TelecomDe son côté, France Télécom ne compte pas rater son virage numérique, et lance le Bi-Bop en 1993. Il s’agit d’un téléphone portable qui prend à contrepied la tendance du moment, puisqu’il ne se base pas sur la norme GSM. Ainsi, pour utiliser son téléphone Bi-Bop, il faut se trouver à proximité d’une borne de faible portée, de l’ordre de la centaine de mètres. Ce système s’avère alors bien moins pratique que son concurrent le GSM, mais France Télécom met tout en œuvre pour que ses clients en ville puissent en profiter : de nombreuses bornes Bi-Bop sont installées à Paris, Strasbourg et Lille. Du reste, France Télécom comptait sur un argument de taille pour vendre son téléphone : son prix. En effet, l’appareil est vendu 1890 francs lors de son lancement en avril 1993, ce qui est trois à quatre fois moins cher que les mobiles de l’époque.

Malgré cela, le Bi-Bop ne parvient pas à s’imposer, notamment à cause de ses contraintes techniques : il est impossible de passer ou de recevoir des appels à n’importe quel moment et les zones de couverture sont très réduites (il est par exemple impossible de téléphoner en voiture). Ces défauts ont raison de l’appareil de France Télécom, qui cesse la production en 1996 pour fermer définitivement son réseau en 1997. C’est à ce moment-là que le GSM parvient finalement à s’imposer comme la référence de la téléphonie mobile. France Télécom rebondit sur l’occasion pour lancer des offres pour GSM via sa marque Itineris.