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Cette nouvelle caméra de 3,2 gigapixels fait saliver les astronomes

L’Observatoire Vera-C.-Rubin (anciennement Large Synoptic Survey Telescope) est un télescope optique américain de grande taille, en cours de construction à une centaine de kilomètres de La Serena, au nord du Chili. Sa caméra, qui affiche une taille et une résolution exceptionnelle, vient d’être finalisée.

Image 1 : Cette nouvelle caméra de 3,2 gigapixels fait saliver les astronomes
La caméra de l’observatoire Vera-C.-Rubin © JACQUELINE RAMSEYER ORRELL, SLAC

La plus grande caméra numérique au monde a enfin été mise au point. L’appareil, doté d’une résolution de 3 200 mégapixels — sachant que l’appareil photo d’un iPhone 14 Pro Max, à titre de comparaison, fait 48 mégapixels — servira au télescope de l’observatoire Vera C. Rubin, qui est en préparation depuis environ deux décennies.

Fin septembre, des scientifiques et des techniciens travaillant dans une immense salle blanche du SLAC National Accelerator Laboratory à Menlo Park, en Californie, ont terminé l’assemblage des composants mécaniques de cette caméra très sensible.

Un objectif prêt à imager des milliards d’étoiles, installé dans le prochain observatoire Vera-C.-Rubin

Située à l’extrémité de l’optique, cette caméra est conçue pour fournir en une seule prise une image d’une portion du ciel d’un diamètre de 3,5°, soit 40 fois la taille de la Lune, avec une résolution spatiale de 0,2 seconde d’arc. Le capteur numérique d’un diamètre de 64 centimètres est constitué de 3,2 milliards de pixels de 10 microns de côté obtenus en juxtaposant 189 capteurs CCD au silicium de 16 mégapixels chacun, comme le détaille sa fiche technique.

Le capteur, sensible à une plage de longueurs d’onde qui va du proche ultraviolet au proche infrarouge en passant par le visible (0,1 à 1 micron), est refroidi par de l’azote maintenu à une température de -100 °C. La caméra a une masse de 2,8 tonnes, un diamètre de 1,69 mètre et est longue de 3 mètres.

Les ingénieurs testeront la caméra dans approximativement deux mois. En mai, l’équipe l’embarquera vers les montagnes désertiques du nord du Chili. Les scientifiques effectueront les premiers tests d’imagerie du télescope au cours du second semestre 2023.

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Le télescope commencera ensuite à collecter 20 téraoctets de données chaque nuit pendant 10 ans. Avec lui, les scientifiques construiront une vaste carte du ciel vue de l’hémisphère sud, comprenant 20 milliards de galaxies et 17 milliards d’étoiles dans la Voie lactée. Ils amasseront également des images de 6 millions d’astéroïdes et d’autres objets de notre système solaire. Une base de données cosmique aussi gigantesque aurait été impensable jusqu’à très récemment.

Le télescope, massif, financé par la National Science Foundation et le Department of Energy des États-Unis, porte le nom de l’astronome Vera Rubin, active dans les années 1960 et experte en matière noire, décédée en 2016.

Source : LSST