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Pornhub, xhamster, etc. : le CSA veut bloquer l’accès à 5 sites pornos majeurs

Plusieurs sites ont été mis en demeure par le CSA sous peine de blocage national. En cause, le manque de vérification de l’âge de l’utilisateur.

« Avez-vous plus de 18 ans ? », cette question simple à laquelle n’importe quel adolescent peut répondre par l’affirmative a été pendant longtemps la seule restriction au contenu réservé aux adultes. Contrairement aux lieux physiques où il est possible de vérifier l’identité directement, l’anonymat d’internet est source de problèmes.

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Capture d’écran de la « sécurité » mise en place par le site. Crédit : Pornhub

Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel a ainsi mis en demeure Pornhub, Tukif, Xhamster, Xvideo et Xnxx de mettre en place un moyen efficace de contrôler l’âge de l’utilisateur dans les 15 jours qui suivent sous peine de blocage, en accord avec le décret publié le 7 octobre 2021.

La vérification de l’âge, mission difficile

Le gendarme de l’audiovisuel reproche donc aux sites incriminés de n’afficher qu’un simple message d’avertissement, se remettant à la bonne foi de l’utilisateur. Le problème c’est qu’il est extrêmement compliqué de mettre en place un système fiable de contrôle de l’âge.

Que ce soit l’envoi d’une pièce d’identité couplée à un selfie, l’obligation de s’identifier avec FranceConnect, la réalisation d’un micro paiement par carte bancaire ou par SMS, tous ces moyens peuvent être contournés et posent la question du respect de l’anonymat de l’utilisateur.

Le décret pousse les sites à agir rapidement pour protéger les mineurs, mais sans offrir de solutions techniques fiables. À voir si la menace de l’état sur ses sites basés à l’étranger suffit à les faire agir.

Bloquer l’accès, mission impossible

Avec une décision de justice, le CSA pourrait parfaitement bloquer l’accès des sites aux français. Mais comment ? Lorsque vous tapez une adresse dans la barre de votre navigateur, comme www.google.fr, l’adresse en lettre est convertie en adresse IP, ici « 142.250.189.131 » (vous pouvez tester par vous même et rentrer cette adresse directement dans votre navigateur). Cette suite de chiffres est l’adresse réelle du site, mais la retenir ne serait pas naturel.

Pour faire la conversion, il existe l’équivalent des « Pages Jaunes » du web, les serveurs DNS. Ils se chargent à chaque requête de transformer les mots en adresse. Le CSA peut donc demander aux fournisseurs d’accès de « mentir » dans leur DNS et de renvoyer une erreur.

Le problème, c’est qu’il suffirait de rendre publique l’adresse IP du site pour pouvoir se passer des DNS, ou plus simplement changer (à l’aide d’un logiciel ou directement dans la box) le serveur DNS par défaut pour ne plus pointer vers celui du fournisseur d’accès, mais vers un serveur indépendant. Cette opération est parfaitement légale, mais se fait à vos risques et périls (bien qu’il existe des serveurs DNS tiers fiables).

Une solution simple et connue, le VPN

L’autre solution consiste à passer par un VPN. Le logiciel crée un tunnel sécurisé entre vous et un serveur à l’étranger pour faire croire au site qui reçoit la requête que vous venez d’un autre pays. Utile pour accéder au contenu américain de Netflix par exemple, son usage contourne complètement une censure française puisque les fournisseurs n’ont pas la main pour modifier les DNS à l’étranger.

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En bref, aucune solution technique de blocage ou de vérification n’est vraiment fiable et il serait étonnant que le CSA parvienne à un quelconque résultat de cette façon. Il y a quelques années, ces mesures auraient suffi à rebuter une partie des mineurs, mais avec les réseaux sociaux et les tutoriels vidéos, les contre-mesures seront diffusées à grande échelle et disponibles en quelques clics depuis un moteur de recherche.

Source : BFMTV