IPTV illégale : Warner Bros. fait bloquer près de 2 000 sites pirates

Victoire en demi-teinte dans la lutte contre l’IPTV illégale au Chili. À la suite d’une action en justice de Warner Bros., les FAI locaux ont été sommés de bloquer 1 954 URL associées à des services pirates. Mais certains restent accessibles via d’autres adresses.

IPTV pirate streaming
© ChatGPT / Tom’s Guide

Les autorités livrent une bataille permanente contre les IPTV pirates. Ces dernières permettent aux internautes, moyennant un abonnement peu coûteux, d’accéder illégalement à des contenus protégés – comme les compétitions sportives et les catalogues des services de SVOD. Le manque à gagner est ainsi colossal pour les ayants droit qui multiplient les actions en justice pour mettre ces plateformes clandestines hors d’état de nuire.

La chasse aux IPTV pirates s’intensifie au Chili

Au Chili, Warner Bros. avait notamment saisi le 19e tribunal civil de Santiago afin d’obtenir le blocage de plusieurs services IPTV et sites de streaming. Le studio les accusait de diffuser sans autorisation des contenus issus de son catalogue, en violation de la loi chilienne sur la propriété intellectuelle. Le tribunal a finalement ordonné le blocage de plusieurs plateformes, ainsi que de leurs variantes et sites miroirs.

Le 29 janvier 2026, la Subsecretaría de Telecomunicaciones (Subtel) a adressé une notification officielle aux FAI afin qu’ils mettent en œuvre les restrictions d’accès sur leurs réseaux. La décision prévoit également que le Play Store, l’App Store et les autres plateformes de distribution retirent les applications mises en causes et suspendent les comptes de leurs développeurs.

La parade des sites miroirs pour contrer les blocages

D’après le bilan dévoilé par Subtel le 27 octobre, 1 954 adresses URL associées à des services d’IPTV et de streaming pirate ont été bloquées entre juin et octobre 2026. “Parmi les plateformes et services associés aux domaines identifiés figurent MagisTV, FlujoTV, XuperTV, Cuevana, Oleada TV, Stella TV, TeleLatino, PelisPlus, Cinecalidad et Fútbol Libre, ainsi que leurs différentes versions et sites miroirs”, détaille l’administration chilienne chargée des télécommunications.

Malgré les mesures de blocage, le média chilien BioBioChile affirme avoir retrouvé plusieurs services toujours accessibles en ligne via d’autres adresses. “Lorsqu’un domaine ou un lien est bloqué, des répliques, des sites miroirs ou de nouvelles adresses apparaissent rapidement pour contourner les mesures prises”, explique Rodrigo Ramírez, président de l’Alliance chilienne contre le piratage numérique.

Piratage sportif : une loi française pour bloquer les flux illégaux en direct

Cette problématique s’étend bien au-delà du Chili. En France aussi, les ayants droit multiplient les procédures judiciaires pour faire bloquer les plateformes qui diffusent illégalement leurs contenus. Un mécanisme de blocage dynamique leur permet notamment d’étendre une décision de justice aux nouvelles adresses et sites miroirs identifiés après son prononcé.

La loi du 3 août 2026 va plus loin en ciblant spécifiquement les retransmissions illégales de contenus sportifs. Elle instaure un dispositif de blocage en temps réel permettant aux titulaires de droits de faire bloquer l’accès aux services pirates pendant la diffusion. Un moyen de contrer les plateformes visées qui multiplient les changements d’adresse pour échapper aux autorités.

Le dispositif reste placé sous le contrôle de l’Arcom. Alors que sa mise en œuvre effective est encore attendue, le tribunal judiciaire de Paris a accordé récemment à beIN Sports une première autorisation pour y recourir, afin de protéger ses droits de diffusion de la Bundesliga.