IPTV pirate : deux Français lourdement condamnés, la LFP leur réclame 100 000 €

La justice serre la vis face au trafic d’IPTV illégales. À Arras, deux hommes ont été condamnés pour avoir revendu des codes permettant d’accéder illégalement à des contenus protégés. Ils ont été démasqués par un détective privé missionné par la Ligue de football professionnel.

iptv pirates justice revendeurs

Le parquet d’Arras ne laisse pas de répit aux IPTV pirates. Après la condamnation de 19 utilisateurs d’un service illicite à des amendes, deux revendeurs ont dû répondre de leurs actes devant la justice arrageoise pour leur implication dans un trafic. Pour rappel, les IPTV pirates permettent d’accéder à moindre coût à du contenu protégé en toute illégalité. Sur ces plateformes prohibées (accessibles via un boîtier ou une application), on trouve notamment des matchs de foot, du MMA mais aussi des films récents et l’intégralité des catalogues de Netflix et consorts.

Une pratique que les ayants droit combattent désormais farouchement. C’est d’ailleurs un détective mandaté par la Ligue de football professionnel (LFP) qui a réussi à piéger les deux revendeurs, rapporte La Voix du Nord. Les deux hommes au casier vierge avaient décidé d’arrondir leurs fins de mois en se lançant dans ce trafic. Ils achetaient des codes d’accès à 50 euros qu’ils revendaient jusqu’à 100 euros à leurs clients.

Les deux revendeurs d’IPTV condamnés à de la prison avec sursis

De quoi leur permettre de dégager 34 000 euros de chiffre d’affaires en 2024. Ils ont été condamnés mardi à un an de prison avec sursis et à 15 000 euros d’amende dont 10 000 avec sursis. Pour le préjudice, la LFP réclame en outre la somme de 100 000 euros. Une demande qui sera examinée le 27 novembre prochain.

“La lutte contre le piratage constitue une priorité absolue pour le groupe LFP. De nombreuses actions pénales ciblant les revendeurs d’abonnements IPTV sont ainsi engagées, et leurs clients peuvent, à ce titre, être entendus et poursuivis”, déclarait dernièrement la Ligue de football professionnel dans un communiqué. Un moyen de rappeler aux utilisateurs qu’ils risquent aussi des poursuites judiciaires.

Après des années de dérives, les IPTV illégales se heurtent à une répression protéiforme. En plus des revendeurs et des clients finaux, les ayants droit s’en prennent aussi aux intermédiaires techniques qui permettent au piratage de prospérer. Canal+ a notamment obtenu gain de cause devant le Tribunal judicaire de Paris : plusieurs VPN comme Surfshark et NordVPN sont désormais contraints de bloquer des IPTV illégales.

De leur côté, des fournisseurs de résolveurs DNS alternatifs comme Google, Cloudflare et Cisco doivent également bloquer des centaines de domaines pirates, la Cour d’appel de Paris ayant rejeté tous leurs recours. L’Arcom prépare quant à elle un dispositif de blocage en temps réel qui devrait être opérationnel lors de la prochaine Coupe du Monde.