Le fabricant de solutions de stockage de l’électricité a convié la presse à découvrir son usine flambant neuve. Il entend ainsi tourner la page des difficultés rencontrées en matière d’approvisionnement l’an dernier.

En Europe, le marché de la production d’énergie résidentielle est incontestablement en croissance et les foyers voulant s’équiper de solutions permettant d’alléger leur facture d’électricité sont de plus en plus nombreux. Les entreprises chinoises ultras dominantes sur ce secteur le savent et ambitionnent d’accroitre leurs parts de marché.
Dans cet objectif, Zendure qui fabrique des stations de stockage d’électricité plug & play (batteries + onduleurs), organisait début février une visite de ses bureaux et de sa toute nouvelle usine chinoise basée à Shenzhen pour les médias et ses principaux partenaires commerciaux. Avec cette démonstration de sa capacité industrielle, le fabricant entendait montrer qu’il maitrise à présent l’ensemble de sa production. En effet, après une année très difficile avec un fournisseur qui ne parvenait pas à honorer ses commandes, Zendure a tout changé et s’est associé à un nouveau partenaire industriel et financier, Han’s Laser Technology.

Aujourd’hui, l’entreprise annonce être capable de produire jusqu’à 1 million par an d’unités de sa nouvelle station de stockage le SolarFlow 2400 AC+. Un modèle conçu pour ceux qui disposent déjà de panneaux solaires, mais qui souhaitent étendre leur capacité de stockage. Mais à terme, comme l’espère Zendure, cela pourrait être plusieurs millions de batteries (y compris pour les voitures, les mobiles…) qui sortiront de l’usine. La fabrication des panneaux solaires reste sous-traitée.
Même si les photos n’étaient pas autorisées pendant la visite de sa nouvelle chaine de production, le fabricant a tenu à montrer que les points de contrôle étaient nombreux et les stations vérifiées plusieurs fois. Son objectif : prouver que l’industrie chinoise, et Zendure en particulier, est capable de fabriquer des produits de qualité.
Une offre exclusivement destinée à l’Europe
Et l’entreprise doit se montrer convaincante, car l’Europe est dans l’immédiat son seul marché. En effet, Zendure est totalement absent du marché chinois. Le prix de l’électricité y est très bas, le pouvoir d’achat limité et les pavillons peu nombreux, autant de raisons qui expliquent le manque de débouchés en Chine.
Le fabricant a donc jeté son dévolu sur la France, l’Allemagne et les Pays-Bas. Des marchés qui à défaut d’être les plus ensoleillés d’Europe possèdent un certain pouvoir d’achat et affichent un intérêt croissant pour des solutions de stockage d’énergie.
Un attrait qui s’explique en partie par un coût du stockage en baisse alors que les prix de l’électricité augmentent depuis 15 ans passant de 0,12 € / kWh en 2010 à 0,19€ / kWh environ (soit près de 60% de hausse). Sans oublier les hausses particulièrement fortes en 2023 et 2024 avec un pic en novembre 2024 où le prix du kWh a atteint 0,25€. Une tendance qui inquiète et incite à s’organiser pour éviter de voir sa facture doubler quasiment du jour au lendemain.

Source : Statistique publique de l’énergie, des transports, du logement et de l’environnement.
Ajoutons à cela l’arrêt du rachat d’électricité à prix intéressant par EDF (passé de 0,04€/kWh vs 0,13€/kWh environ), l’autoconsommation a le vent en poupe et pour que cela soit vraiment efficace il faut pouvoir stocker pour réutiliser son énergie au meilleur moment.
Zendure mise donc en grande partie sur son système de gestion énergétique domestique (ou HEMS pour Home Energy Management System), un outil capable de piloter autant la production que la consommation d’électricité notamment à l’aide de l’IA.
Mais comme souvent ce sont les problématiques matérielles qui vont faire remonter les prix. En effet, Zendure craint que les tarifs n’augmentent prochainement en raison notamment d’une hausse des prix de l’aluminium.