Les SUV électriques échappent à une nouvelle taxe

Alors qu’on s’attendait à un durcissement de la fiscalité automobile, le gouvernement a finalement fait marche arrière sur une mesure qui visait les voitures électriques les plus lourdes.

ID.4, le SUV 100% électrique de Volkswagen
ID.4, le SUV 100% électrique de Volkswagen
Le malus sur les voitures électriques lourdes enterré avant même d’exister

Le malus écologique au poids, pourtant adopté dans le budget 2025, ne verra pas le jour. Son entrée en vigueur était prévue pour juillet 2026 et devait concerner les modèles dépassant 2,1 tonnes, ou plus précisément 1,5 tonne avec un abattement de 600 kilos.

À l’origine, le dispositif prévoyait toutefois une exception. Les véhicules bénéficiant d’un bon éco-score auraient échappé à cette taxe. Cet indicateur prend en compte l’empreinte carbone sur l’ensemble du cycle de production (fabrication de la batterie, origine des matériaux, lieux d’assemblage, logistique et poids total du véhicule). Il sert déjà de référence pour attribuer des aides à l’achat aux particuliers et des avantages fiscaux aux flottes d’entreprises.

Cette mesure a été supprimée du projet de loi de finances 2026

Pour l’exécutif, taxer les voitures électriques, même les plus lourdes, aurait brouillé le message envoyé aux consommateurs. L’objectif reste d’accélérer l’électrification du parc automobile français, et non de donner l’impression de freiner cette transition. En coulisses, le gouvernement n’avait d’ailleurs jamais été pleinement convaincu par ce malus.

Les constructeurs concernés, notamment les marques premium européennes, dénonçaient une règle difficilement lisible. Certains de leurs modèles, exclus de l’éco-score, se seraient retrouvés à la fois privés d’aides et frappés par une taxe supplémentaire. Plusieurs industriels expliquaient aussi avoir dû modifier à la marge certains véhicules uniquement pour entrer dans les cases fiscales, au détriment parfois de la cohérence technique.

Tous ne partagent pas ce point de vue. Des spécialistes de la transition énergétique estiment qu’un malus au poids aurait eu du sens pour encourager la production de voitures électriques plus légères. Selon eux, les modèles très lourds nécessitent davantage de matériaux et de batteries plus grosses, ce qui alourdit leur empreinte carbone à la fabrication et réduit une partie du bénéfice environnemental attendu de l’électrification.

Reste la question de la concurrence internationale

Le gouvernement assure que les constructeurs chinois sont surtout positionnés sur les modèles abordables, pas sur les gros véhicules électriques haut de gamme. Il souligne aussi que ces voitures lourdes font travailler de nombreux équipementiers en France et en Europe, notamment dans des bassins industriels spécialisés.

L’exécutif promet désormais une remise à plat plus large de la fiscalité automobile. L’intention déclarée est de simplifier le système, d’accroître sa cohérence et de se concentrer davantage sur la décarbonation, avec des directives attendues dans le budget 2027.

Source : TF1 INFO