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Tchernobyl : les combustibles se réchauffent, la menace nucléaire resurgit

L’ancien site à l’origine de l’accident nucléaire de 1986 est privé d’électricité. Certains experts craignent une autre catastrophe nucléaire à Tchernobyl.

Les forces russes ont attaqué l’ancienne installation nucléaire de Tchernobyl le tout premier jour de l’invasion (24 février). Ils s’en sont emparés après de violents combats et ont pris en otage les 210 employés de la centrale. Les otages seraient dans de « très mauvaises conditions psychologiques », selon Petro Kotin, directeur de la société ukrainienne d’énergie atomique Energoatom. Ainsi, les techniciens nucléaires seraient obligés de travailler sous la menace d’une arme.

La centrale nucléaire de Tchernobyl - Crédits : Wikimedia
La centrale nucléaire de Tchernobyl – Crédits : Wikimedia

Depuis plusieurs jours, la centrale n’a plus accès a l’électricité. Sans que cela ne puisse être confirmé, la Russie a accusé les forces ukrainiennes d’avoir attaqué des lignes électriques et une sous-station alimentant la centrale électrique.

20 000 unités de combustible nucléaire privées de refroidissement actif

Maintenant, que la centrale a été déconnectée du réseau électrique, les quelque 20 000 unités de combustible nucléaire usées et conservées dans les réservoirs de refroidissement de la centrale ne bénéficieront plus d’un refroidissement actif. Les responsables ukrainiens ont averti que cela pourrait augmenter la probabilité d’évaporation et de rejet de matières nucléaires et exposer le personnel de la centrale a une dose dangereuse de matières radioactives.

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« J’appelle la communauté internationale à demander de toute urgence à la Russie de cesser le feu et d’autoriser les unités de réparation à rétablir l’alimentation électrique », a tweeté le ministre ukrainien des Affaires étrangères Dmitro Kule. Il a précisé que les générateurs diesels de réserve ne pouvaient alimenter la centrale que pendant 48 heures.

Mais l’organisme de surveillance nucléaire de l’ONU, a déclaré mercredi : qu’il « ne voit aucun impact critique sur la sécurité ». Il ajoute que la centrale dispose d’un volume d’eau de refroidissement suffisant pour contrôler les températures sans électricité.

« Les barres de combustibles usées ont au moins 22 ans. Elles ont très peu de chaleur à dissiper », a déclaré Mark Nelson, directeur général du Radiant Energy Fund.

Ce 10 mars, le président biélorusse Alexandre Loukachenko a néanmoins chargé des spécialistes biélorusses d’assurer l’alimentation électrique de la centrale.

L’électricité aurait été rétablie d’après les autorités russes

En fin de journée, le vice-ministre russe de l’Énergie a déclaré que les lignes électriques du site de la centrale nucléaire de Tchernobyl avaient été réparées. Cependant, l’Agence internationale de l’énergie atomique n’a pas encore pu vérifier la véracité de ces propos.

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Alors qu’une vague de froid menaçant d’empirer la situation s’abat sur le pays, le gouvernement ukrainien semble utiliser cette menace de catastrophe comme levier diplomatique. Cependant, les prises répétées de centrales nucléaires comme cibles par les Russes représentent un danger bien réel.

Source : Wired