Vous trouvez ChatGPT trop lèche-bottes ? OpenAI vient de le recadrer

Vous avez déjà eu l’impression que ChatGPT trouvait toutes vos idées géniales ? OpenAI vient de resserrer la vis. Depuis jeudi, des millions de comptes reçoivent des réponses plus courtes et beaucoup moins mielleuses. Les abonnés payants, eux, gardent une version plus bavarde du chatbot. Ce virage arrive alors qu’une étude accablante circule, qu’un procès est en cours aux États-Unis et qu’OpenAI réécrit les règles de conduite de ses modèles.

Depuis le 29 octobre, ChatGPT répond de façon plus concise et moins flatteuse aux comptes gratuits, Go et non connectés.
Depuis le 29 octobre, ChatGPT répond de façon plus concise et moins flatteuse aux comptes gratuits, Go et non connectés.

OpenAI a mis à jour GPT-6 dans ChatGPT le 29 octobre. Dans ses notes de version, l’entreprise dit vouloir obtenir “des réponses plus concises” et réduire le “langage excessivement flatteur”. Concrètement, le chatbot doit couper les compliments superflus et les formules d’encouragement qui précédaient souvent l’information utile. Fini, en principe, le “Excellente question !” placé en tête de presque chaque réponse.

ChatGPT gratuit, Go ou sans compte : qui profite du nouveau ton ?

La mise à jour concerne les formules Free et Go, ainsi que les personnes qui utilisent ChatGPT sans se connecter. Ces offres tournent sur GPT-6 Luna depuis le 8 octobre, le modèle déployé en même temps que l’interface interactive Intelligent UI.

Côté Plus et Pro, le changement reste marginal. Seul le modèle de repli est touché, celui qui prend le relais une fois le quota de messages GPT-6 épuisé. Le modèle principal des abonnés payants ne bouge pas. Si les envolées enthousiastes vous agacent, vous pouvez toujours le préciser dans les instructions personnalisées de ChatGPT, ou glisser une consigne bien choisie dans vos prompts.

Pourquoi OpenAI s’attaque à la flatterie de son IA

Le sujet empoisonne OpenAI depuis longtemps. Au printemps 2025, l’entreprise avait déjà dû retirer une mise à jour de GPT-4o jugée beaucoup trop complaisante.

Les chercheurs ont depuis mesuré l’ampleur du phénomène. En mars, une étude de Stanford publiée dans Science a analysé 11 modèles, dont ChatGPT, Claude et Gemini. Face à des dilemmes personnels, ces IA donnent raison à leur interlocuteur 49 % plus souvent qu’un humain. Les 2 400 participants préféraient pourtant les réponses flatteuses, et en ressortaient plus convaincus d’avoir raison.

Le dossier a aussi pris une tournure judiciaire. Le 14 octobre, la procureure générale de l’Arizona, Kris Mayes, a porté plainte contre OpenAI. Elle accuse l’entreprise d’avoir dissimulé des fonctions qui rendent ChatGPT “extraordinairement complaisant” et “particulièrement flagorneur”, pour garder les internautes, mineurs compris, le plus longtemps possible sur la plateforme.

Une nouvelle charte de conduite pour les modèles GPT

Le même jour, OpenAI a publié une nouvelle version de sa Model Spec, le document public qui décrit le comportement attendu de ses IA. Le texte s’organise désormais autour de cinq valeurs : la fidélité à l’intention humaine, la limitation des préjudices, l’honnêteté et la transparence, l’autonomie humaine et l’attention portée à la situation de chacun.

OpenAI supprime au passage la plupart de ses consignes de style détaillées : le ton doit maintenant s’adapter aux préférences de chaque personne. Dernier détail révélateur, la charte ne parle plus de “l’assistant”. Elle désigne le modèle sous le nom de “GPT”, pour refléter l’éventail de plus en plus large de ses usages.

Source : OpenAI