Drone de course : faut-il craquer pour le Mambo FPV de Parrot ?

Le constructeur français Parrot commercialise des petits drones destinés aux vols en intérieur pour des pilotes novices. Sorti en 2016, le Mambo, fleuron de sa gamme, permet d’accueillir des accessoires sur son dos avec l’aide de plots type Lego. La nouveauté de la rentrée 2017 chez Parrot, c’est le Mambo FPV, un pack qui comprend le Mambo original, sans différence autre qu’une batterie un peu plus costaude, un nouveau masque d’immersion pour smartphones et surtout l’accessoire caméra à clipser.

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Le constructeur assure que ce pack permet de « devenir un véritable pilote de course FPV ». Il y a tout de même un monde entre le Mambo destiné aux débutants et les drones de FPV racing, des monstres de puissance optimisés pour la vitesse. Qu’en est-il vraiment ? On craque ou pas pour le nouveau drone de Parrot ?

1 - Oui pour son pilotage assisté

Si vous n’avez jamais piloté de drone, les vols en immersion constituent une expérience déstabilisante. On perd ses repères puisque le principe est de voler en se fiant uniquement au retour vidéo en temps réel, celui filmé par la caméra à bord. Quand tout va mal avec le Mambo FPV, il suffit de lâcher les commandes. Le contrôleur de vol à bord stabilise l’engin, le maintient en place avec l’aide de la caméra verticale et en hauteur avec un sonar. Des outils qui permettent de piloter sans stress, sans aller cogner contre un mur ou coller l’appareil au plafond. L’inconvénient de cette assistance de tous les instants, c’est qu’elle ne permet pas un pilotage vif, malgré la possibilité de rendre les commandes plus nerveuses et de profiter de deux modes qui désactivent le maintien en place et en hauteur.

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2 - Oui pour sa caméra à bord

La caméra accessoire est à clipser sur le dos du Mambo, dont les plots conducteurs d’électricité permettent d’alimenter l’électronique. Le principe est simple et novateur, même si à vrai dire il avait déjà été réalisé par un accessoiriste (Eye Mambo). La caméra permet le retour vidéo en temps réel, mais elle sait aussi enregistrer la vidéo à bord, stockée sur une carte mémoire microSD. Le résultat, c’est un film dans une définition de 1280 x 720 pixels à 30 images par seconde. Les images sont assez réussies, avec des couleurs proches de la réalité. Mais en l’absence de stabilisation de la caméra, l’image bouge beaucoup. C’est acceptable en intérieur, mais les vibrations sont très fortes en extérieur. Conclusion : les images sont sympas pour garder un souvenir des cavalcades en intérieur, mais elles ne vous permettront pas de réaliser le prochain Apocalypse Now.Retour video split pour masque.Retour video split pour masque.

3 - Oui pour son retour vidéo...

La caméra encode le signal vidéo et le transmet en wifi vers un smartphone. L’application Freeflight Mini l’affiche en fond d’écran. Cela vous permet de piloter en immersion : vous ne regardez pas le Mambo FPV voler, vous pilotez comme si vous étiez installé à bord. La sensation est amusante quand on regarde l’écran du smartphone. Il faut s’accommoder d’une latence qui produit un effet de flottement, puisque la vidéo s’affiche avec un peu de retard. Avec l’aide du masque Cockpitglasses 2 livré dans le pack, dans lequel vous glissez votre smartphone, l’effet d’immersion est encore plus saisissant. Tant que vous volez doucement, sans accélérations ni rotations rapides, l’image est détaillée et le pilotage sympa. Capture d'écran d'une séquence en 720p tournée en intérieur.Capture d'écran d'une séquence en 720p tournée en intérieur.Capture d'écran d'une séquence en 720p tournée en extérieur.Capture d'écran d'une séquence en 720p tournée en extérieur.

4 - ... Et non pour son retour vidéo !

Autant les vols en immersion « pépères » sont très agréables, autant la caméra peine lorsque le Mambo FPV prend de la vitesse. Les images rapides souffrent d’une forte compression qui pixelise l’image. Plus ou moins fortement, selon les mouvements de la caméra. Un exemple ? En vol stationnaire, l’image est superbe. Faites une rotation rapide de l’appareil sur lui-même : les détails disparaissent, l’image est dégradée, introduisant des paquets de pixels disgracieux. Ce que cela signifie ? Si vous volez un peu vite – et c’est tout de même le principe des courses de drones -, le retour vidéo n’est pas agréable. On regrette alors ce choix du wifi par Parrot. Celui d’un émetteur vidéo dit « analogique » en 5,8 GHz aurait été plus pertinent pour la compétition. C’est d’ailleurs ainsi que fonctionnent la plupart des racers grand format engagés dans les championnats. La technologie numérique Connex ProSight, proche de celle de Parrot mais imaginée par Amimon, ne rencontre pas beaucoup de succès auprès des pilotes de FPV racing.

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5 - Oui pour la solidité

La structure du Mambo FPV est faite de montants en plastique qui amortissent les chocs. Les moteurs sont des modèles brushed, qui tournent à vitesse réduite, à tel point qu’il est possible de mettre le doigt sans risque quand les hélices tournent. Parrot livre des protections d’hélices amovibles. Elles permettent de protéger l’environnement (les personnes, les animaux, les objets) des hélices du Mambo FPV. Elles permettent aussi d’éviter de plier ou casser les hélices en cas de crash. La caméra wifi se décroche en cas de gros choc. Certes la vidéo est interrompue, mais cela permet de limiter la casse – il suffit de la clipser à nouveau. Malgré des chocs à répétition lors de nos tests, le Mambo FPV s’en est sorti sans une égratignure, sans même perdre une hélice ! Évidemment, il n’est pas indestructible, mais c’est rassurant quand on débute et surtout quand on commence à s’enhardir... Enfin, notez que l’autonomie du Mambo FPV est de 6 à 7 minutes. C’est peu, mais c’est dans la moyenne des petits multirotors en immersion.

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