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Comparatif de trottinettes électriques : quelle est la meilleure ?

Les trottinettes électriques pour adultes ont beau paraître ludiques au premier coup d’œil, elles sont d’abord conçues pour faciliter les déplacements urbains. Et notamment les trajets domicile-travail, effectués d’une traite, ou ponctués de passages par les transports en commun. Leur succès grandissant (il pourrait s’en vendre 100 000 en 2017 !) tient à trois raisons essentielles. D’abord, la prise en main est immédiate et la conduite sécurisante, ensuite l’encombrement est minuscule comparé au vélo, ce qui autorise leur utilisation sur les trottoirs. Enfin, il est possible de les transporter dans le bus ou le métro et de les ranger dans un coin du bureau ou de l’appartement. 

L’offre est aujourd’hui immense, et il ne se passe guère un mois sans qu’un nouvel acteur, le plus souvent chinois, apparaisse sur ce marché. Un coup d’œil aux sites de vente en ligne généralistes permet de découvrir plusieurs dizaines de modèles, vendus de 200 à plus de 2000 euros. Certaines marques commencent à se distinguer par la qualité de leurs produits (Adrya, Citybug, Egret, E-Twow, Razor…), et sont commercialisées par des boutiques physiques, qui disposent le plus souvent d’un atelier de dépannage et d’entretien.  D’autres, nettement moins connues, ne se vendent que sur Internet, et leur origine se révèle parfois obscure. Vous êtes décidé à investir dans une trottinette électrique ? Alors assurez-vous que le modèle qui vous tente réponde aux critères de sécurité et de performance requis pour votre usage.

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Nos modèles préférés

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La puissance

Il s’agit d’une des principales informations mises en avant par les constructeurs. On trouve ainsi des trottinettes calibrées à 250, 350, 500 watts. Voire beaucoup plus sur certains modèles capables d’atteindre des vitesses de 70 km par heure ou davantage ! (Ces engins extrêmes sont bridés à 25 km/h pour être vendus en France, mais il est aisé de passer outre cette limitation). Bref, plus la puissance sera élevée, plus le véhicule aura de couple et de vitesse à offrir. Attention, un moteur plus puissant consommera davantage d’énergie. Il faudra donc que la batterie soit adaptée, pour que l’engin conserve une autonomie correcte, d’au moins 20 km. Ce qui, évidemment, fait grimper la facture.

La Booster sur une côte d'environ 15%, le poids influe sur ses performances en montée

Cela dit, c’est en premier lieu le poids de l’utilisateur qui doit déterminer quelle puissance de moteur choisir. En théorie, toutes les trottinettes peuvent transporter une charge maximale de 100 kg, mais dans les faits, un moteur faiblard aura le plus grand mal à tracter un grand gabarit. À l’inverse, il est inutile de vous offrir une trottinette surpuissante si vous êtes un poids plume. Ainsi, un modèle offrant une puissance de 350W véhiculera sans problème une personne de moins de 70 km. En revanche, au-delà de ce poids, mieux vaut opter pour une puissance de 500 watts. Sur terrain plat, la différence est peu perceptible. En revanche, comme le montre notre vidéo ci-dessous, la puissance du moteur peut avoir une influence notable sur la capacité de votre engin à gravir les côtes plus ou moins raides.

L’autonomie

L’autonomie d’une trottinette est essentielle lorsque vous prévoyez d’effectuer un long trajet. En effet, même si la très grande majorité des modèles permettent une utilisation moteur éteint (on freine alors en écrasant le garde-boue arrière sur la roue, comme avec une trottinette classique), le poids devient rapidement pénible surtout dans les montées. L’autonomie des appareils que nous avons testés se situe autour de 20 kilomètres en moyenne, mais certains modèles peuvent dépasser les 30 kilomètres.

C’est le cas par exemple des trottinettes L-Trott et E-TWOW, qui disposent d’un système de récupération de l’énergie, grâce au frein moteur de la trottinette. Celui-ci récupère l’énergie cinétique produite par le mouvement, et permet ainsi d’économiser la batterie à chaque coup de frein. Le constructeur indique que ce système permet d’étendre l’autonomie de près de 10%. Mais étonnamment, d’après nos tests, le gain semble plus important, notamment parce que les déplacements urbains imposent de freiner fréquemment aux intersections. Enfin, notez que les performances de ces appareils varient beaucoup en fonction du poids de l’utilisateur et de la route à prendre : un chemin vous obligeant à monter beaucoup de côtes sollicitera largement plus la batterie qu’une balade sur terrain plat. De même qu’un utilisateur plus lourd obligera l’appareil à consommer plus d’énergie pour assurer le déplacement.

D’autres facteurs influent sur l’autonomie, comme les accélérations fréquentes, ou encore le temps passé à la vitesse maximale. Pour toutes ces raisons, l’autonomie réelle correspond rarement à celle annoncée, sauf à circuler à vitesse modérée sur un terrain essentiellement plat. Si le parcours que vous comptez effectuer quotidiennement est accidenté, alors optez pour une batterie de forte capacité (forcément plus onéreuse). Ou alors, emportez le chargeur avec vous, afin de recharger la batterie entre deux déplacements, par exemple sur votre lieu de travail.
  

La vitesse

La vitesse est évidemment un élément à retenir lors de l’achat d’une trottinette électrique, d’autant que là encore, des disparités existent. La vitesse moyenne, critère le plus important dans le cadre d’une utilisation urbaine, est d’environ 20 km/h, d’après nos tests. Cela dit, la plupart des modèles que nous avons testés offrent une vitesse de pointe allant de 20 et 30 km/h : de quoi s’offrir de bonnes sensations dans les espaces dégagés. C’est le cas par exemple de la L-Trott 85, dont la vitesse maximale atteint 25 km/h sur terrain plat (nettement moins en montée), mais qui peut frôler les 30 km/h dans certaines conditions, notamment en descente ou sur une route plate au revêtement particulièrement lisse. D’autres proposent une vitesse de pointe plus élevée encore, comme l’Egret One S, qui peut atteindre les 35 km/h. Cette dernière fait d’ailleurs partie des modèles dont il est possible de régler la vitesse maximale. Elle permet par exemple de plafonner sa vitesse à 35, 20, 12 ou 6 km/h. Ce dernier réglage vous assure de circuler sur les trottoirs sans enfreindre la loi. D’autres, comme la CityBug 2, proposent également un bouton permettant de ne pas dépasser les 6 km/h, même en poussant l’accélérateur à fond.

Notons cependant que certaines des trottinettes que nous avons testées font l’objet d’un bridage de la part du constructeur. C’est par exemple le cas de l’E-Micro One, de la CityBug 2 ou encore de l’E-Twow S2 Booster Plus. Même en descente et avec le vent dans le dos, impossible d’atteindre des vitesses folles sur ces trottinettes, qui tempèreront vos ardeurs avec le frein moteur. Une disposition qui va sans doute se généraliser. 

Et pour cause, la législation actuelle interdit aux engins dits « non réceptionnés », quads, mini-motos, skates électriques, mais aussi trottinettes ou gyroroues dont la vitesse maximale dépasse 25 km par heure, de circuler sur l’espace public. En cas d’infraction, les contrevenants s’exposent à une amende de 1500 euros (contravention de 5ème classe). Aujourd’hui, la tolérance reste de mise pour les trottinettes. Mais dès 2018, l’encadrement de ces nouveaux moyens de transports va devenir plus strict, sur le modèle de la législation qui régit l’utilisation des vélos électriques. Les futures trottinettes devront être bridées de manière à ne pas dépasser les 25 km par heure. On ignore encore si cette mesure sera rétroactive. Ce bridage vous agace ? Sachez qu’il est plus ou moins aisé de le supprimer, mais attention, la manipulation peut causer la perte de la garantie. En outre, gardez à l’esprit que plus la puissance est élevée, plus l’autonomie baisse. Et enfin, sachez que cette opération est illégale, sauf si vous comptez n’utiliser l’engin que sur circuit ou voie privée.

Le poids

Au cours des déplacements, il est fréquent de devoir plier la trottinette pour effectuer une certaine distance à pieds, notamment au moment d’emprunter un escalier, ou de monter dans les transports en commun. Or une trottinette électrique pèse lourd. Entre 10 et 12 kilos en moyenne, mais certains modèles comme la Citybug 2 ou l’Egret One S atteignent les 15 kilos, et s’avèrent donc très fatigantes à porter à bout de bras. Pensez-y, si vos déplacements vous contraignent à de telles manipulations de façon répétées.

La taille des roues

S’il est un critère trop souvent négligé, au moment de choisir sa trottinette, c’est bien le type de roues. Et pourtant, il s’agit d’un élément essentiel, dont dépend pour une large part le confort d’utilisation en ville. Autant que possible, privilégiez la gomme qui procure une bien meilleure adhérence que le plastique, surtout sur sol humide. Certains, constructeurs, comme E-TWOW ou Adrya vont plus loin, en proposant, de série ou en option suivant les modèles, des roues équipées de chambres à air. Celles-ci se révèlent très efficaces pour limiter les vibrations lors de la conduite sur des sols irréguliers, et notamment sur les pavés. Sachez enfin qu’en raison de la garde au sol très réduite, les trottinettes intègrent des roues de petite taille, qui interdisent le franchissement des trottoirs, sauf à adopter une conduite sportive. On vous le déconseille : à de très rares exceptions près, elles ne sont pas du tout conçues pour cet usage.

L’équipement et les accessoires

En l’absence de législation claire, les trottinettes ne sont pas tenues d’intégrer les équipements de sécurité de base, obligatoires sur les vélos. De fait, l’éclairage, pourtant indispensable en cas de conduite de nuit en ville, fait souvent défaut. Heureusement, il est aisé d’en fixer un sur le guidon, mais c’est nettement moins évident à l’arrière. Au fait, vous comptez utiliser votre trottinette quotidiennement ? Alors assurez-vous que les caractéristiques mentionnent un indice de protection IP54, comme c’est le cas des E-Twow S2 Booster Plus, Atrya L-Trott GT Air ou Xiaomi M365. Cela signifie qu’elles sont conçues pour un usage sous une pluie fine et sur sol mouillé. Parce que l’eau et l’électronique ne font vraiment pas bon ménage. Evitez dans tous les cas de rouler sous une pluie battante et de traverser les flaques d’eau, vous risqueriez d’endommager la batterie. Autre équipement bien pratique, la béquille est pourtant absente sur de nombreux modèles. Incompréhensible !

Sachez que la plupart des constructeurs proposent des accessoires, mais il s’agit bien souvent de pièces détachées destinées à l’entretien du véhicule : roues ou pneus de rechange, nouvelles poignées ou encore chargeur d’appoint par exemple. Certains modèles disposent cependant d’équipements optionnels. Aucun n’est vraiment indispensable, mais ils ne sont pas inutiles pour autant. Les E-TWOW et L-Trott, par exemple, peuvent être équipées d’une poignée de transport, de manchons pour protéger ses mains du froid, ou encore d’une roue arrière équipée d’une chambre à air.

Peut-on débrider une trottinette électrique ?

Oui, et c’est devenu très simple. Il y a trois ans, des hackers se sont aperçus qu’il était assez aisé de bidouiller les trottinettes d’Egret, par défaut bridées à 20 km par heure environ, afin de repousser la limite de vitesse à 35 km par heure. La manip s’est vite répandue à d’autres marques. Avec l’Egret One V4, même plus besoin de bidouiller : le débridage s’effectue via le tableau de bord, et permet d’atteindre une vitesse proche des 35 km/h, le moteur étant ainsi utilisé à pleine puissance.

Cela dit, ce genre de manipulation n'est pas sans conséquences. Pour commencer, l’autonomie de la batterie baisse considérablement lorsqu’on approche ces vitesses élevées.  Mais l’autre problème, bien plus grave, concerne la sécurité. Les pièces de certaines trottinettes ne sont pas conçues pour supporter un tel régime : à l’usage, des pannes peuvent survenir, qui risquent de provoquer le blocage de la roue motrice. C’est la chute assurée, et à 35 km par heure, cela peut faire très mal. En outre, si certains vendeurs autorisent le débridage du moteur, notamment lorsque l’option est prévue par le constructeur, d’autres le refusent systématiquement. Passer outre entraîne l’annulation de la garantie.

Quid de la trottinette à assistance électrique ?

Disons-le tout net, le concept nous a laissé dubitatif. La trottinette à assistance électrique fonctionne « presque » comme un modèle classique. Ici, pas d’accélérateur, il faut en effet patiner pour la faire avancer. La subtilité, c’est que lorsque le mouvement est détecté, le moteur se met en route et provoque l’accélération de l’engin, jusqu’à une vitesse pouvant atteindre les 25 km par heure, comme sur la E-Micro One. Mais pour cela, il ne faut pas cesser de patiner. 


C'est le même principe de fonctionnement que le vélo électrique, dont le moteur ne s'active que si l'on pédale. Avantage de ce mode de propulsion, la légèreté. Le moteur et la batterie étant moins puissants que sur une trottinette électrique, et en l’absence de tableau de bord, les modèles à assistance pèsent moins de 10 kg (7.5 kg pour la E-Micro One). En revanche, le prix n’a rien d’anecdotique : ces engins coûtent presque autant qu’un modèle électrique, soit environ 10 fois plus cher qu’une bonne vieille trottinette manuelle. C'est cher, pour un système dont le seul avantage, outre la légèreté dont nous avons déjà parlé, consiste à faciliter le franchissement de côtes un peu rudes.

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