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Accident ISS : le module russe Nauka pousse la station spatiale hors de son orbite

Un incident peu commun et heureusement sous contrôle s’est produit suite à l’arrivée du module russe. Les moteurs de celui-ci se sont allumés, ce qui a eu pour effet de perturber la station spatiale internationale.

Le 21 juillet de cette année, le nouveau module scientifique russe nommé Nauka (qui veut dire “science” en russe) a décollé en direction de l’ISS. Après un voyage de huit jours dans l’espace, il s’est arrimé avec succès, à la station à 16h29, heure française.

Image 1 : Accident ISS : le module russe Nauka pousse la station spatiale hors de son orbite
Crédit : Roscosmos

Trois heures plus tard, un incident a eu lieu. Les moteurs du module se sont remis en route, faisant perdre provisoirement le contrôle de la station. Une situation qui aurait pu provoquer un vent de panique chez la NASA, mais ce ne fut pas le cas.

Un incident sous contrôle

L’arrimage d’un module est toujours une opération à risque et la moindre erreur peut s’avérer fatale aussi loin du plancher des vaches. Heureusement, les ingénieurs ont anticipé de nombreux incidents possibles et des procédures existent pour les gérer dans le plus grand des calmes.

“Tant que vous n’avez pas épuisé tous vos plans d’urgence, il n’y a pas de raison de paniquer. […] Et ce n’est pas arrivé aujourd’hui”, déclare Joel Montalbano, responsable du planning des missions spatiales de la NASA. En effet, une fois les moteurs du module arrêtés, ceux de la station ont été mis en marche pour rectifier la position de l’ISS qui avait pivoté de 45 degrés sur son axe. Un ensemble d’opérations qui aura pris un peu moins d’une heure au total.

La perte d’axe n’est pas un énorme problème pour la station, si celle-ci ne dure pas. La position de la station est optimisée pour garder un contact permanent avec le sol à l’aide de satellites géostationnaires et afin que les panneaux solaires soit orientés pour maximiser leur efficacité.

Enfin, certains instruments à bord sont prévus et étudiés pour ne fonctionner qu’en l’absence de gravité. Un allumage de ce genre crée une gravité artificielle faible, mais suffisante pour endommager certaines pièces. Nul doute que ces instruments devront subir une série de diagnostics afin de vérifier s’il y a des dégâts.

Le module Nauka attendu

Attendu depuis 15 ans et reporté à de nombreuses reprises, le module Nauka offre un volume de 70 m3, ce qui en fait l’un des plus grands de la station. Il remplace donc le module Pirs qui a été éjecté ce lundi avant de brûler lors de son entrée dans l’atmosphère terrestre.

Ce module, dont la fonction principale est celle de laboratoire, offrira également un espace supplémentaire de stockage et accueillera des équipements de survie tels que la régénération de l’eau et de l’oxygène. Il sert également de point d’ancrage au bras robotisé de l’Agence spatiale européenne qui pourra assister les spationautes lors de leurs missions extérieures.

Une journée chargée et stressante pour les équipes, mais qui s’est avérée être parfaitement maîtrisée même dans l’imprévu.

Source ; arstechnica