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Un cœur parfaitement préservé et vieux de 380 millions d’années découvert

C’est une découverte incroyable pour la science : un cœur de poisson de la famille des arthrodires, vieux de 380 millions d’années, a été retrouvé en excellente condition. Ce poisson cuirassé de l’ère primaire, aux pectorales réduites, est une sous-classe probablement à l’origine des requins actuels.

Le fossile © Yasmine Phillips, Université Curtin
Le fossile © Yasmine Phillips, Université Curtin

Un cœur de poisson vieux de 380 millions d’années retrouvé incrusté dans un morceau de sédiment australien fait battre le pouls des scientifiques. Non seulement cet organe est dans un état remarquable, mais il pourrait aussi nous fournir de nouveaux indices sur l’évolution des vertébrés à mâchoires. L’étude a été publiée mercredi dans la revue Science.

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Un cœur parfaitement préservé, vieux de 380 millions d’années

Le cœur appartenait à une classe éteinte de poissons arthrodires, qui prospéraient au cours de la période dévonienne, il y a entre 419,2 millions et 358,9 millions d’années. Mais malgré l’archaïsme de ce poisson, le positionnement de son cœur en forme de S à deux chambres a conduit les chercheurs à observer des similitudes anatomiques surprenantes entre l’ancien nageur et les requins modernes.

« L’évolution est souvent considérée comme une série de petites étapes, mais ces anciens fossiles suggèrent qu’il y a eu un saut plus important entre les vertébrés sans mâchoires et à mâchoires », a déclaré le professeur Kate Trinajstic, paléontologue des vertébrés à l’Université australienne de Curtin et co-auteur d’une étude sur la découverte. « Ces poissons ont littéralement leur cœur dans la bouche et sous les branchies, tout comme les requins aujourd’hui » a déclaré Trinajstic.

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« J’ai été totalement époustouflé par le fait que nous pouvions voir les tissus mous préservés dans un poisson aussi ancien », a déclaré John Long, professeur de paléontologie à l’Université Flinders en Australie et co-auteur de l’étude.

Les paléontologues ont trouvé le fossile lors d’une expédition en 2008 à la formation de Gogo, un dépôt sédimentaire dans la région de Kimberley, en Australie-Occidentale. Une zone qui contient de nombreux récifs datant de la période dévonienne de l’ère paléozoïque : notamment des nerfs ou des embryons avec leurs cordons ombilicaux.

Source : Science